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Transport Mobilité

Insertion dans l’environnement

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publié le 1er octobre 2018 (modifié le 30 juillet 2019)

Enjeux écologiques

L’aire d’étude ne se situe pas dans un contexte répertorié pour la qualité de ses milieux naturels. Elle est occupée en majorité par des cultures annuelles. Les quelques autres formations végétales présentes occupent des surfaces extrêmement réduites. Le site possède un intérêt globalement faible à moyen pour les mammifères (Hamster commun exclu car absent à ce jour). Il accueille une petite et grande faune ordinaire des milieux de plaine.

L’intérêt pour les mammifères est néanmoins fortement rehaussé par la présence de la Zone de Protection Statique pour le Grand Hamster (zone de potentialités). Toutefois, aucun terrier n’a été trouvé dans le secteur depuis 2012. Par ailleurs, les bassins de la RD451 et deux sites industriels des environs proches accueillent le Crapaud vert et le Crapaud calamite. La RN4 coupe les zones de dispersion de ces deux espèces pour lesquels le maintien de corridors est déterminant.

Impacts bruts

La destruction d’habitats et des individus associés constitue l’impact le plus évident pour un projet routier. Les autres impacts directs liés au chantier concernent la fragmentation des habitats ainsi que les éventuels dérangements pendant la phase travaux. Par la suite, lors de l’exploitation, d’autres types de perturbations sont susceptibles d’avoir un effet négatif : collisions, pollutions chimiques et lumineuses, bruit, … La perte en matière de biodiversité tient aux formations écologiques détruites, à leur valeur initiale et leur usage par la faune. Les habitats suivants sont touchés dans le cadre du projet : cultures, prés, chemins, arbres isolés.

Mesures d’évitement, de réduction et de compensation (ERC)

Étudié dans le cadre du dossier de DUP, le projet ne laissait plus beaucoup de marges de manœuvre pour les mesures d’évitement. De ce fait, dans le cadre du présent dossier de demande de dérogation, l’évitement géographique ne peut se cantonner qu’à des espaces marginaux. Des mesures d’évitement géographique et de protection de bosquet et arbres ont ainsi été retenues : soit pour la préservation d’espèces protégées de la flore (Gagée des prés) ou de la faune (Bergeronnette printanière, Grand Hamster), soit pour réduire la consommation d’habitats.

Des mesures de réduction des impacts sont par contre proposées en cohérence avec l’évaluation environnementale. Elles se rapportent à la fois aux bonnes pratiques à mettre en œuvre lors du déroulement des travaux (recours à un Assistant à Maîtrise d’Ouvrage spécialisé dans l’environnement) et à l’installation d’équipements destinés soit à préserver les continuités écologiques (mise en place de passage faune par exemple) soit à empêcher les collisions entre les espèces de la faune et les véhicules (mise en place de clôture faune temporaire pendant les travaux et clôture perenne pendant l’exploitation future). Une attention a aussi été portée à l’aménagement des espaces pour la petite faune (bassins par exemple).

Dans l’ensemble, les impacts résiduels sur les espèces protégés sont faibles mis à part pour le Grand Hamster au vu de la désignation d’une partie des espaces en Zone de Protection Statique. Par souci de cohérence avec le projet de Contournement Ouest de Strasbourg (A355), la même méthode de calcul de l’équivalence écologique a été utilisée (méthode du bureau d’études ECOMED). Deux principales mesures de compensation ont été identifiées :

Compensation en faveur du Hamster
Les mesures de compensation en faveur du Hamster commun seront mises en œuvre sur 30 ans avec la profession agricole (Association Agriculteurs et Faune Sauvage Alsace – AFSAL - et Chambre d’agriculture d’Alsace). Il existe deux types de mesures compensatoires pour le Grand Hamster :

  • Des mesures dites extensives (= zones extensives) qui s’apparentent aux mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) avec 61,1 ha contractualisés pour disposer de 15,87 ha d’habitats favorables au Grand Hamster ;
  • Des mesures dites intensives (= zones intensives) qui sont plus exigeantes et porteront sur 26,02 ha d’habitats. A l’issue des opérations de relâchers programmés, la DREAL s’engage à maintenir une densité minimale de 2 terriers par ha lors des recensements de printemps sur au moins un noyau de mesures intensives collectives. Dans le cas où cette densité ne serait pas atteinte, le pétitionnaire s’engage à réaliser des opérations de relâcher complémentaire pour atteindre cet objectif.

Compensation en faveur des espèces protégées communes
Les mesures concernent les espèces protégées de mammifères, d’oiseaux et de reptiles, des espèces toutes communes qui utilisent les infrastructures écologiques agricoles : haies, arbres épars, bosquets, friches prairiales. Ces habitats détruits par le projet jouent un rôle dans les continuités écologiques et hébergent plus ou moins régulièrement ces différentes espèces sur une partie de leur cycle de vie. Il est prévu :

  • La création d’un milieu arbustif et arboré (oiseaux, chiroptère) dans le délaissé Nord-Ouest de l’échangeur de Bellevue
  • La création le long de l’infrastructure de bandes enherbées
  • La création d’ hibernacula pour les amphibiens et reptiles à proximité des passages faune

En complément, des mesures d’accompagnement ont été proposées, comme la création d’une mare favorable au crapaud vert, le financement du Plan National d’Action Hamster ou encore le financement d’une étude sur l’habitat terrestre du crapaud vert.