DataGrandEst : journée thématique sur les risques

Le 4 juin 2026, une nouvelle journée thématique a été organisée par DataGrandEst au siège du Conseil régional à Strasbourg : « Quelles données pour la prévention et la gestion des risques en Grand Est ? ». Différents intervenants et experts issus des services et opérateurs de l’État, des collectivités ou organismes de recherche ont partagé leurs expériences et présenté des outils opérationnels.

L’objectif ? Mieux comprendre comment les données peuvent contribuer à prévenir les risques et à améliorer la gestion des crises.

Le mot des organisateurs et intervenants

Eric Tschudy (DREAL) et Guillaume Ryckelynck (Région Grand Est)

Eric Tschudy, adjoint au chef du pôle SIG de la DREAL Grand Est et Guillaume Ryckelynck, chef de projet données à la Région Grand Est, représentant chacun l’État et la Région dans DataGrandEst nous en disent plus sur le choix de la thématique.

  • Éric (E) : On a choisi de travailler sur les risques naturels et anthropiques et le lien avec les données. On a vu dans cette journée que les données font vraiment partie du dispositif de prévention des risques, parce que c’est la connaissance et sa diffusion qui vont permettre de connaître, de prévenir et de protéger.
     
    Guillaume (G) : Ce thème a été choisi de façon collective : on en a discuté en Comité Technique DataGrandEst, qui réunit un grand nombre d’acteurs et de partenaires du territoire. En échangeant avec les personnes présentes aujourd’hui, on se rend compte que c’est un sujet important qui concerne la majorité des acteurs du territoire, soit pour produire de la donnée, soit pour traiter de la donnée, soit pour mettre en œuvre des aspects réglementaires ou prendre des mesures sur leur territoire.
     
    C’est un sujet d’actualité avec le changement climatique : on voit que la notion de risque évolue sur le territoire. Des risques qui n’étaient pas présents il y a quelques années deviennent présents. Il y a une augmentation de l’impact du risque sur certains territoires, et c’est le cas dans le Grand Est.

  • E : L’objectif est de se focaliser sur les données et les risques et de favoriser les échanges entre les acteurs des données et les acteurs des risques. Nous apportons ainsi des éléments pour améliorer leur travail par des présentations orientées données, et des présentations plus générales sur les risques.

    C’est une thématique où, on l’a vu ce matin, il y a un enjeu très fort, avec le besoin de capitalisation, d’échange, de mise à jour de données. Le partage des données et leur utilisation par tout le monde est un des objectifs de DataGrandEst

    G : Ce qui est important, comme le dit Éric, c’est que les experts métiers et les experts data se rencontrent, que les experts data aient des notions sur les risques et prennent conscience de l’importance de ce sujet et ceux métiers comprennent quelles sont les données qui sont à leur disposition et comment ils peuvent s’appuyer sur les experts data pour mieux faire leur travail et exploiter la connaissance qui est aujourd’hui disponible.

  • G : La donnée est stratégique aux différentes phases : avant, pendant et l’après la crise

    • avant : on a besoin de connaissances pour se préparer, pour éviter si possible qu’il y ait une crise,
    • pendant : Pour gérer la crise, on a besoin d’avoir les informations les plus précises, si possible en temps réel, ce qui n’est pas toujours possible.
    • après : c’est tout le travail de capitalisation. Les données sur la crise et sa gestion permettent de préparer la crise suivante, en espérant, bien sûr qu’on va mettre en place des systèmes qui évitent là réalisation de la future crise, ou du moins qu’on la retarde ou qu’on diminue son impact.
       
      C’est vraiment ça l’objet, je pense, de disposer de la connaissance et des données.

Nicolas Ponchon et Laurent Julliard (DREAL Grand Est)

Nicolas Ponchon, chef du service prévention des risques naturels et hydrauliques à la DREAL et Laurent Julliard, adjoint au chef du pôle risques accidents du service prévention des risques anthropiques de la DREAL ont tout deux participé à la construction de la journée.

  • Laurent (L) : J’ai participé à l’organisation de la journée en représentant les risques anthropiques. C’est Nicolas Ponchon qui a présenté notre service aujourd’hui.
     
    Nicolas (N) : L’objet était de présenter les grandes lignes de notre politique de prévention des risques naturels, et comment on pouvait faire le lien avec les données qui sont mises à disposition des acteurs.

  • N :Les données valorisées sous formes de cartes ou de graphiques vont pouvoir mettre en évidence des phénomènes, dont l’importance n’était pas encore identifiée. On a pu voir par exemple la sinistralité sur le retrait-gonflement des argiles, qui a évolué notablement ces dernières années et on a infléchi la politique de prévention de ce risque.
     
    L : C’est un bon exemple de la façon dont les données permettent d’agir en amont sur les risques. Du côté risques anthropiques, elles jouent également un rôle essentiel, à la fois pour informer le public et pour gérer les situations de crise.
     
    Des données sont communiquées au grand public pour qu’il soit informé, notamment sur les risques qui sont provoqués par les installations classées et les entreprises. Dès qu’il peut y avoir un risque en dehors du site de l’entreprise et que la population ou l’environnement risque d’être touché, il faut qu’on informe le grand public. C’est par exemple intégré dans les plans locaux d’urbanisme des communes.
     
    Les données sur les risques accidentels vont être beaucoup utilisées dans la partie gestion de crise. Si un accident se produit à un endroit, on va récupérer toutes les données que l’on a accumulées pour anticiper au maximum les risques qui peuvent survenir. Par exemple, en cas d’incendie, on utilise les données collectées sur un accident pour modéliser et estimer les zones potentiellement impactées sur un futur incendie.

  • N : Quel que soit le risque naturel, la première chose dont on a besoin, c’est la connaissance de l’aléa : quelle est la nature de l’événement et son importance ? Quels seront les territoires touchés ? Quels sont les enjeux, à savoir quelles sont les populations présentes, les biens présents, leur vulnérabilité pour pouvoir savoir où agir ?.

  • N : Les collectivités sont un acteur majeur de la prévention du risque. Nous partageons avec elles la connaissances d’aléas que nous produisons et elles nous partagent celle qu’elles-mêmes modélisent.
     
    Avec d’autres établissements publics, nous sommes un financeur important des études et des actions de prévention. Des établissements publics peuvent se voir confier des missions de connaissance de l’aléa, de cartographie et donc sont aussi au cœur de la prévention des risques naturels.

110 participants réunis autour des risques et la donnée

Découvrez les témoignages de quelques participants !

  • Présentez-vous
    Je suis Véronique Mendel, je travaille au bureau central sismologique français – réseau national de surveillance sismique (BCSF-RéNaSS) à l’Université de Strasbourg. Je travaille surtout sur le risque sismique et sur les données macro sismiques.
     
    Connaissiez-vous Data Grand Est ?
    Oui, j’en avais déjà entendu parler, j’étais déjà venue à des révénements.
     
    Pourquoi être venue à cet événement ?
    Pour avoir une idée un peu générale des données, des sites disponibles, des logiciels. J’ai vu qu’il y avait aussi une partie catastrophe naturelle en fin de journée qui m’intéresse particulièrement puisque le BCSF-RéNaSS est l’organisme référencé par le ministère pour les Cat-nat risques sismiques suite à séisme.
     
    Quel est votre lien avec les risques ou la gestion de crise?
    On fait partie d’un groupe d’intervention macrosismique, qui est chargé, suite à un séisme où il y a des dommages, de définir les intensités macrosismiques au niveau des communes. Ce sont des informations qui sont remontées au ministère. Selon l’intensité, la commune peut être classée en catastrophe naturelle ou pas.
     
    Utilisez-vous les données dans vos missions ?
    On utilise des données caractéristiques des séismes pour connaître le lieu, les caractéristiques physiques du séisme, la magnitude, la profondeur… Après, on va récolter des données macrosismiques, c’est-à-dire des témoignages :

    • soit individuels : des personnes viennent signaler sur notre site qu’ils ont ressenti le séisme, quels sont leurs effets ressentis, si la magnitude dépasse une certaine un certain seuil ;
    • soit collectif : ce sont les préfectures qui renvoient au niveau des communes et les communes nous font remonter leurs informations : si elles ont eu des dégâts, comment les particuliers ont ressenti le séisme…
       
      Qu’avez-vous pensé des interventions, des échanges ?
      J’ai trouvé la première présentation qui était un peu plus généraliste très intéressante : comme c’était un peu plus tourné sur les risques inondations, ça ne nous concerne pas, mais c’est toujours bien d’avoir des informations sur de sites web et les applications existantes
  • Présentez-vous
    Je suis chargée de mission Trames vertes et bleues pour le pôle d’équilibre territorial et rural Pays de la Déodatie.
     
    Connaissiez-vous DataGrandEst ? Pourquoi être venue à cet événement ?
    Ça fait longtemps que je suis DataGrandEst parce que pour le diagnostic, on avait besoin de données, notamment d’occupation de sols. J’ai suivi de loin, sans participer, mais j’ai utilisé les données très tôt.
     
    L’objectif est de fournir un porter-à-connaissance à nos élus du territoire sur le contenu de la journée donc de faire ruisseler la connaissance jusqu’à l’échelon de la commune.
     
    Quel est votre lien avec les risques ou la gestion de crise?
    On est en émergence de schéma de cohérence territoriale (ScoT) et on se pose des questions. On souhaite intégrer ce côté risque pour être en appui des plans locaux d’urbanisme (PLU) qui sont aussi en émergence sur certaines parties de notre territoire. Comment l’intégrer dans notre SCOT pour qu’ensuite ce soit décliné localement ?
     
    Qu’avez-vous pensé des interventions, des échanges ?
    On n’est pas technicien SIGiste, donc c’est vrai qu’il y a des fois où c’est technique, mais cela permet de voir des cas d’usages, notamment dans le PLU sur les coulées de boues, qui n’est pas forcément un risque côté vosgien, mais qui nous permet de voir comment on peut définir des règles. Ca nous permet aussi d’avoir des noms de logiciels que l’on ne connaissait pas, des outils qu’on pourra tester chez nous pour savoir s’ils nous sont utile et si on doit diffuser à nos acteurs du territoire.

  • Présentez-vous
    Je travaille à la Collectivité européenne d’Alsace au sein de la direction des routes et je m’occupe actuellement d’un projet qui vise à faire un diagnostic de vulnérabilité des infrastructures au changement climatique. L’idée est vraiment d’intégrer la gestion de ces risques dans la gestion patrimoniale de nos routes.
     
    Connaissiez-vous Data Grand Est ?
    Il y a trois ans, j’avais participé à une journée en présentant un sujet, qui était lié à de la gestion de places disponibles sur des parkings de covoiturage.
     
    Pourquoi être venu à cet événement ?
    Le sujet des données, leur fiabilité, la manière de pouvoir les partager m’intéressent beaucoup. Je suis venu à cet événement parce que la notion de risque est au cœur de ma problématique. Nous sommes un territoire pionnier avec le Cerema sur le sujet, qu’il y a encore de nombreuses données qui ne sont pas à jour par rapport au PNACC-3, et que ça va venir s’enrichir au fur et à mesure et donc on en aura besoin pour actualiser nos propres études.
     
    L’idée était de voir ce qui se passait dans le Grand Est et d’être sûr d’avoir une vision assez large de ce qui existe, des partenaires, de ce qu’ils font, de leurs projets, pour pouvoir éventuellement prendre des contacts avec eux pour avancer conjointement sur ces sujets.
     
    Utilisez-vous la donnée dans vos missions ?
    Oui ! On est en train de démarrer, de mettre en place la méthodologie de projet pour le diagnostic de vulnérabilité avec notre bureau d’études. On est en pleine capitalisation des sources de données et de vérification de leur fiabilité.
     
    Qu’avez-vous pensé des interventions, des échanges ?
    Très enrichissant ! Ça permet d’identifier quelques personnes avec qui il peut être intéressant d’avoir des contacts assez rapidement. On est là pour ça. Et c’est exactement ça qui a été rappelé d’ailleurs à un moment donné dans la matinée, c’est de pouvoir prendre des contacts et de faire une mise en relation avec les acteurs avec qui on a des intérêts à travailler en commun.

  • Présentez-vous
    Je suis actuellement adjoint de la nouvelle équipe municipale de Lesseux, qui est une petite commune de montagne dans les Vosges, à 600 mètres d’altitude.
     
    Pourquoi être venu à cet événement ?
    L’équipe municipale a pris ses nouvelles fonctions il y a deux mois et demi, donc j’ai beaucoup de choses à apprendre. Dans la mesure du possible, je m’inscris à des formations, congrès ou autre pour en apprendre, pour mettre différentes choses en œuvre au niveau du village.
    On s’est également vus approcher par un certain nombre d’organismes, qui se proposent d’aider les mairies et dont je ne connaissais strictement rien, vu que je n’avais pas de précédent en termes politiques.
     
    Je suis intéressé par l’aspect risque parce qu’avec le réchauffement climatique et la situation spécifique du village avec des forêts tout autour, il y a des risques évidents qui le touchent, y compris le réchauffement climatique, les risques d’eau, inondations, etc. C’est aussi une des raisons pour lesquelles je suis venu.
     
    Qu’attendiez-vous de cette journée ?
    Lorsque je vais à ce genre de forum, je me constitue mon carnet d’adresses : cela me permet demain ou après-demain, lorsque je serai confronté à une situation, de pouvoir m’adresser à ces gens
     
    Qu’avez-vous pensé des interventions, des échanges ?
    Aujourd’hui, vous l’avez certainement vu ce matin, il y a des intervenants de très haut vol qui interviennent sur les données, sur des outils, sur des aspects réglementaires, juridiques et autres. Pour ma part, au niveau de mon village de 140 habitants, ces problématiques dépassent largement mon quotidien. Je vais m’empresser voir comment tirer profit de Géorisque dès que je serai de retour dans mon village.
     
    J’attends encore un peu les interventions de l’après-midi, mais je suis sûr de rentrer chez MOI contrat rempli. Je suis vraiment hyper satisfait de ce que j’ai vécu ici.

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