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Connaissance et développement durable

Production et consommation d’énergie

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publié le 24 juin 2016 (modifié le 13 août 2021)

1. Ressources énergétiques

Énergie et industrie sont indissociables du paysage lorrain. Historiquement, la région a été dominée par la production et l’utilisation du charbon dans les centrales de production d’électricité. La production de charbon s’est arrêtée en Lorraine en 2004. Qui dit présence de charbon, dit également possibilité de valorisation du grisou. Le grisou est un gaz naturel qui se dégage des couches de charbon. Il est composé à plus de 90% de méthane et peut donc être valorisé énergétiquement. La consommation finale d'énergie en grand format (nouvelle fenêtre)Au cours de l’année 2008, la commercialisation de gaz de mine dans le bassin houiller par l’État, à la suite de la dissolution et de la mise en liquidation de Charbonnages de France, a conduit à l’émission de titres de recettes à hauteur d’environ 6M&#8364. Cette mise en marché a par ailleurs contribué à la maîtrise de tout risque de remontée en surface, ainsi qu’à l’évitement d’une émission directe à l’atmosphère de plus de 100 000 m3 de gaz, dont le pouvoir contributif à l’effet de serre est plus de 20 fois supérieur à celui du gaz carbonique. Dans ce contexte particulier post-Charbonnages de France, l’exploitation du grisou s’achèvera lorsque la faisabilité technique de captage de gaz ne sera plus vérifiée, à savoir lorsque les divers compartiments miniers seront totalement ennoyés. Cette condition se réalise par paliers depuis l’arrêt des exhaures minières et l’exploitation devrait totalement se terminer à l’horizon 2011-2012. Mais d’autres exploitations de cette ressource peuvent éventuellement se concevoir à l’avenir, comme l’indiquent les marques d’intérêt qu’ont manifesté, ces dernières années, quelques opérateurs miniers ayant sollicité des permis de recherche en vue d’en apprécier la faisabilité technique et économique localement. De manière générale à l’échelle industrielle, le grisou peut être utilisé dans les chaufferies urbaines alimentant les réseaux de chaleur, ou encore en cogénération pour la production conjointe d’énergies thermique et électrique.
La Lorraine est également une région productrice d’électricité d’origine nucléaire avec la centrale de Cattenom composée de 4 tranches mises en service entre 1986 et 1991. En 2007, la centrale a produit 37 TWh d’électricité, soit 8% de la production d’électricité nucléaire en France (440 TWh produits en 2007).

Le potentiel géothermique de la région fait par ailleurs l’objet d’une attention particulière, laquelle présente de fortes résonances avec les objectifs européens et du Grenelle de l’environnement en matière d’énergie renouvelable. La publication d’un atlas relatif au potentiel géothermique du sous-sol lorrain, dont la réalisation a été confiée au BRGM, ainsi que diverses études engagées récemment afin de préciser les possibilités éventuelles d’exploitation de la ressource géothermique à partir d’anciens compartiments miniers ennoyés, tant dans le bassin houiller que le bassin ferrifère, participent directement de cette attention.
Enfin, la Lorraine est une région stratégique pour le transport de gaz naturel. Point unique d’entrée du gaz russe, région de transit du gaz norvégien, la Lorraine est une plaque tournante du gaz naturel pour tout l’est de la France. De même, le réseau de transport d’électricité est interconnecté avec l’Allemagne et la Belgique.

2. La consommation d’énergie

Evolution des consommations par secteur en grand format (nouvelle fenêtre)
En 2007, la région a consommé 8389 ktep d’énergie finale et produit 9761 ktep d’énergie primaire, hors renouvelable thermique (source SOeS). Le renouvelable thermique comprend le bois-énergie (bois et sous-produits du bois), le solaire thermique, la géothermie, les pompes à chaleur, les déchets urbains renouvelables, le biogaz, les agro carburants… Rapporté à l’énergie primaire, la Lorraine consomme environ 85% de ce qu’elle produit. Par comparaison au niveau national cela représente 5,5% de la consommation d’énergie finale nationale et 7,2% de la production d’énergie primaire nationale (162 MTep ont été consommés en France en 2007 et 136 Mtep d’énergie primaire y ont été produits). La typologie de consommation d’énergie en Lorraine est caractéristique du tissu industriel présent (représentation forte des industries dite lourdes et consommatrices d’énergie) et de l’histoire de la région (proximité des ressources en charbon expliquant la demande sur ce type de produit).
La consommation d’énergie finale a diminué de 7% entre 2005 et 2007 en Lorraine de façon générale et de 5% entre 2002 et 2007. Cependant, l’évolution des consommations est différente suivant les périodes et suivant le secteur d’activité. Le poids de l’industrie dans le bilan énergétique lorrain a diminué entre 2002 et 2007, bien qu’il reste fortement consommateur d’énergie. Par ailleurs, la baisse des consommations dans l’industrie est en partie compensée par la hausse importante dans le secteur résidentiel-tertiaire.

3. La production d’énergie

Production d'énergie en grand format (nouvelle fenêtre)
En 2007, 9761 ktep d’énergie primaire ont été produites en Lorraine, dont 9705 ktep d’énergie primaire électrique (nucléaire et thermique) et 56 ktep de grisou et gaz naturel. La production de charbon en Lorraine s’est terminée en 2004 et celle de gaz naturel et grisou est passée de 105 ktep en 2004 à 56 ktep en 2007. Par comparaison, la Lorraine produit 7% de l’énergie primaire produite en France (116 Mtep d’énergie primaire ont été produites en France en 2007, dont 109 Mtep d’énergie nucléaire). En 2007, la Lorraine a donc produit 9% de l’électricité d’origine thermique française et 1% de l’électricité produite via des sources d’énergies renouvelables.

4. Les énergies renouvelables

a) Biomasse (dont bois) : de fortes potentialités régionales
Après la région Aquitaine, la Lorraine possède le plus fort potentiel de développement de l’énergie « bois », au regard de l’importance de la ressource disponible. Ainsi, l’ADEME estime qu’une utilisation des résidus dans la production de bois pourrait générer jusqu’à 840 ktep par an. Le bois énergie est déjà utilisé par les ménages, comme chauffage d’appoint ou comme solution principale. Mais il semble que son utilisation a fortement diminué au début des années 2000, avec une consommation finale divisée par deux en 10 ans. Le développement des chauffages collectifs à bois devrait permettre une relance de cette énergie renouvelable.
Au-delà du bois, l’utilisation de la biomasse représente en Lorraine une ressource énergétique renouvelable à fort potentiel de développement. Sur les 32 projets de centrales de cogénération biomasse sélectionnés par le ministre de l’Ecologie, 5 se réaliseront en Lorraine dès 2010. L’importance du gisement de biomasse (bois, paille, déchets d’élevage, mais aussi déchets verts des collectivités et biodéchets des ménages) permet d’espérer un développement important en région, en particulier dans le contexte actuel de raréfaction et de hausse du coût des énergies fossiles. De manière générale, il existe un besoin important de structuration, d’approche prospective et de mise en cohérence des filières en vue d’un développement fort des énergies liées à la biomasse au cours des prochaines années. Par ailleurs, une certaine vigilance relative aux émissions atmosphériques générées par ces formes d’énergie est à avoir. En effet, les connaissances actuelles en la matière sont partielles et donc à améliorer afin de bien évaluer l’impact sur la qualité de l’air d’un développement probablement important de l’utilisation de la biomasse au cours des années à venir.
indicateur 2 - Consommations d'énergie par secteur en grand format (nouvelle fenêtre)

b) Une explosion de l’éolien ; un développement plus progressif des autres formes d’énergies renouvelables (solaire, géothermie…)
Concernant l’énergie éolienne, un véritable essor est constaté depuis 2005. La puissance installée s’élève en décembre 2009 à 493 MW, dont plus de la moitié en Meuse. La progression est forte (+28% en un an).
La Lorraine apparaît comme la seconde région de France disposant de la plus forte capacité de production d’électricité d’origine éolienne, derrière la Picardie. Cela correspondait en 2008 à un peu plus de 200 éoliennes, essentiellement implantées en Meuse (146) et en Moselle (50). Les premières éoliennes vosgiennes ont été installées début 2009. En 2007, sur une production électrique française totale de 548 TWh, l’éolien ne représente que 4 TWh (moins de 1%), et l’ensemble des énergies renouvelables 71 TWh (13%). En Lorraine, la production électrique totale en 2007 est de 48TWh, dont 0,4TWh d’éolien (moins de 1%), et l’ensemble des énergies renouvelables 0,8 TWh (1,7 %). Les données plus récentes devraient afficher une part du renouvelable, et notamment de l’éolien, en croissance importante. L’estimation de la production des éoliennes lorraines en 2009 est de 670 GWh. La Meuse, avec 450 GWh apparaît comme le seul département de France dont la production d’électricité d’origine éolienne dépasse la consommation domestique.
Eolien et solaire photovoltaique en grand format (nouvelle fenêtre)
D’autres sources d’énergies renouvelables sont émergentes. S’il n’existe pas de réel potentiel en région pour le développement de la géothermie profonde (dans les roches chaudes fracturées à grande profondeur) ou haute énergie (dans les zones volcaniques ou tectoniquement actives), la géothermie basse température avec pompe à chaleur connaît un fort développement depuis quelques années, notamment chez les particuliers. Les installations relatives au solaire photovoltaïque sont très peu nombreuses mais en développement très rapide ; le recours au solaire thermique est également en progression.

5. Les économies d’énergie

Les menaces géopolitiques sur la sécurité des approvisionnements énergétiques, les prix du pétrole et du gaz et la lutte contre le changement climatique concourent à rendre les économies d’énergie absolument indispensables. La loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique du 13 juillet 2005 est allée en ce sens en retenant la maîtrise de la demande énergétique comme premier axe de la politique énergétique. Parmi les mesures pratiques, on peut citer notamment l’instauration d’un crédit d’impôt pouvant atteindre jusqu’à 50% du coût d’acquisition d’équipements de maîtrise de l’énergie, la mise en place d’un dispositif de Certificats d’Économie d’Énergie (CEE). Le principe des CEE repose sur une obligation de réalisation d’économies d’énergie imposée par les pouvoirs publics sur une période donnée aux fournisseurs d’énergie (électricité, gaz, chaleur, froid et fioul domestique…). Chaque fournisseur d’énergie a l’obligation de réaliser ou de faire réaliser par ses clients des actions d’économies d’énergie, qui lui permettront d’obtenir des CEE. Il peut également acheter ces certificats auprès d’autres personnes ayant réalisé de telles actions. A l’issue de la période, chaque obligé doit produire des CEE correspondant à l’objectif qui lui a été assigné. A défaut, il sera tenu de verser une pénalité. L’unité de valeur des certificats est le kilowattheure cumulé et actualisé (KWh cumac). L’effet d’une action ne va pas être compté par le nombre de kWh économisé chaque année, mais par le total des économies réalisées sur la durée de vie de l’opération (cumul), corrigé d’un coefficient d’actualisation. Un objectif réaliste de 54 TWh cumac pour l’ensemble des obligés pour la période allant du 1er juillet 2006 au 30 juin 2009 sur l’ensemble du territoire français a été fixé. Les objectifs pour la seconde période seront déterminés à l’issue du vote de la Loi Grenelle 2.

Encadré : les mesures mises en place
Encadré : les mesures mises en place
La volonté de développer les sources d’énergies renouvelables, est une composante pleine et entière de la politique énergétique française, confirmée dans le cadre des lois Grenelle. Les énergies renouvelables contribuent tout particulièrement au développement énergétique durable : elles émettent moins de gaz à effet de serre et ont un contenu emploi plus fort que les autres énergies (par exemple un chauffage collectif au bois crée trois fois plus d’emplois en France qu’une installation équivalente utilisant de l’énergie fossile importée.)
Parmi les mesures pratiques visant à satisfaire les différents objectifs de développement des énergies renouvelables sur le territoire, on peut citer notamment :
- la mise en place de l’obligation d’achat de l’électricité produite avec des tarifs spécifiques pour chacune des filières (éolien, photovoltaïque, hydroélectrique etc.), et le lancement d’appels d’offres, pour l’éolien sur terre et en mer, la biomasse, le biogaz ou encore les biocarburants ;
- la mise en oeuvre d’une régulation pour assurer un développement maîtrisé de l’énergie éolienne en créant des Zones de Développement de l’Éolien (ZDE) qui sont définies sur proposition des collectivités territoriales concernées en tenant compte des caractéristiques locales (régime du vent, réseaux électriques, protection des sites et paysages) ;
- Des aides financières peuvent exister également :crédit d’impôt, livret de développement durable, aides européennes, aides dans le cadre du Contrat de Projet État-Région, aides de l’ADEME, du Conseil Régional, des collectivités…
Eolienne en Meuse