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Connaissance et développement durable

Protections et préservation de la biodiversité

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publié le 24 juin 2016 (modifié le 12 août 2021)

9. Une protection active mais localisée

Pour préserver le patrimoine naturel, plusieurs outils sont utilisés : l’acquisition foncière, la mise en oeuvre de réglementations nationales ou régionales (réserves naturelles, espèces protégées, arrêtés de biotopes…), la désignation et la gestion contractuelle des sites Natura 2000, et enfin la prise en compte de la biodiversité dans les planifications, notamment les documents d’urbanisme.

L’acquisition foncière par des organismes publics est le moyen le plus sûr pour garantir une protection définitive des espaces naturels soumis à forte pression. De longue date en Lorraine, l’ensemble des financeurs publics s’est mobilisé notamment pour la protection des zones humides.
Protections du patrimoine écologique

L’agence de l’eau, la région et les conseils généraux mènent conjointement des politiques ambitieuses de préservation des zones les plus emblématiques. Le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres (CELRL) intervient autour du lac de Madine, avec l’acquisition des étangs de Pannes (23 ha). Le Conservatoire des sites lorrains mène une action de préservation et d’étude sur plus de 200 sites (environ 3 500 ha, dont près de 1 000 ha en propriété). Les conseils généraux, en plus de leur politique d’aide à la gestion et à la préservation d’espaces, sont propriétaires de plusieurs centaines d’hectares, notamment grâce à la taxe départementale pour les espaces naturels sensibles. Cette taxe a été instaurée dans trois départements, et a permis l’acquisition de 200 ha. Les zones humides ont fait l’objet de programmes de maîtrise foncière : la Moselle sauvage, par exemple, les étangs de la Woëvre, les grands étangs mosellans, les marais alcalins, les tourbières acides.

En ce qui concerne les protections réglementaires, il existe en Lorraine sept réserves naturelles dont le massif du Ventron (1 648 ha) et les rochers et tourbières du pays de Bitche (355 ha), 33 arrêtés de biotope concernant par exemple des milieux forestiers à grand tétras ou des grottes à chauve-souris, 23 réserves biologiques domaniales (dont 650 ha de réserve intégrale), une forêt de protection (forêt de Saint-Avold et de la Houve), une réserve mondiale de biosphère transfrontalière située sur le massif des Vosges du nord. Deux zones relevant de la convention de Ramsar, illustrant le rôle international de la Lorraine pour la conservation des zones humides sont présentes en Lorraine (étangs de Lindre et de Lachaussée).
Les protections fortes en Lorraine

Depuis juin 2006, la région Lorraine a classé 4 espaces en Réserves Naturelles Régionales : l’étang d’Amel dans la Meuse, la Vallée de la Moselle en Meurthe-et-Moselle et dans les Vosges, la Côte de Delme en Moselle, la tourbière des Charmes dans les Vosges.

Les plans nationaux de restauration de la faune sauvage, qui ont pour objectif la conservation des espèces, ont été relancés à l’occasion du Grenelle de l’environnement. Dénommés désormais plans nationaux d’action, ils concernent actuellement 44 espèces animales. La DREAL Lorraine est coordonnatrice pour quatre d’entre eux. Les plans concernant le pélobate brun, le crapaud vert, le sonneur à ventre jaune et quatre espèces de pies-grièches, et participent activement au plan chiroptères (chauves-souris).

Natura 2000 dans la Grande région
Natura 2000 dans la Grande région
La carte des zones Natura 2000 dans la Grande Région (Wallonie, Luxembourg, Rhénanie-Palatinat, Sarre, Lorraine) fait apparaître des discontinuités frontalières qu’il conviendra de résorber.
La délimitation des périmètres a été plus restrictive en Lorraine.

Il s’agit d’organiser un suivi cohérent des populations, de mettre en œuvre des actions favorables à leur restauration, d’informer les acteurs concernés et le public et de faciliter l’intégration de la protection des espèces dans les activités humaines.

La protection réglementaire forte de zones d’intérêt particulier reste faible par les surfaces concernées (environ 0,2% du territoire) et regroupée dans des ensembles bien identifiés d’habitats et d’écosystèmes. Ces mesures ne suffisent pas pour répondre à l’enjeu de préservation de la biodiversité. Une véritable politique de gestion en réseau, incluant les corridors de biodiversité ordinaire, et la mobilisation de tous les acteurs, au sein d’actions concertées, sont indispensables. Les pratiques contractuelles de tous niveaux sont appelées à se développer.
Pelobate brun

10. Le réseau européen Natura 2000

Le réseau Natura 2000 est issu de deux directives européennes sur les oiseaux et les habitats d’espèces. Son objectif est le maintien ou la restauration de la biodiversité dans un état de conservation favorable. Mis en place avec force concertation depuis la fin des années quatre-vingt dix, il représente aujourd’hui 7% de la superficie régionale et comprend 72 sites lorrains d’intérêt communautaire (directive habitats) et 17 zones de protection spéciale (directive oiseaux). Sa mise en place en cours permettra à terme une contractualisation fondée sur un équilibre entre l’usage économique et l’intérêt écologique et bénéficiera, entre autres, de financements européens. Les documents d’objectifs (DOCOB) décrivent les actions concertées mises en place. Plus de la moitié des sites (58%) disposent en 2009 d’un DOCOB validé.

Engagements internationaux

11. Les politiques de contractualisation et de planification

Au-delà de la préservation réglementaire, qui reste à conforter, et de la concertation au sein de Natura 2000, les efforts se portent désormais sur le développement des démarches de contractualisation, sur l’animation et la planification locale. Les professions agricoles et sylvicoles sont inévitablement impliquées au regard de l’enjeu de protection du patrimoine naturel, puisque leurs activités ont des impacts environnementaux forts, particulièrement en Lorraine pour l’importance de sa superficie boisée et le développement des grandes cultures. Des pratiques plus durables sont peu à peu mises en place via l’évolution de la réglementation, les différents dispositifs de contractualisation (voir thème VIII), et l’évolution des mentalités.
Le monde de la chasse joue un rôle désormais reconnu dans la gestion de la faune sauvage et de ses habitats. En participant à la régulation de certaines espèces, en restaurant ou en entretenant certains milieux, les chasseurs participent à une gestion équilibrée des écosystèmes. Les orientations régionales de gestion de la faune sauvage et de l’amélioration de la qualité de ses habitats (ORGFH), validées en 2005, constituent le cadre d’actions pour atteindre le nécessaire équilibre entre activités agricoles, sylvicoles et cynégétiques et préservation du patrimoine naturel. Le monde de la pêche participe quant à lui à une gestion équilibrée des cours et plans d’eau. En effet, les associations, outre la pratique de la pêche, ont une mission de protection des milieux aquatiques et développent des actions en ce sens.

Par ailleurs, les modes d’urbanisation et d’aménagement doivent aussi contribuer à la préservation de la qualité et de la fonctionnalité des milieux naturels. D’une part en limitant l’artificialisation des sols, l’étalement urbain, la densification des réseaux de transports terrestres, et d’autre part en protégeant les milieux les plus remarquables, en préservant les corridors écologiques et en favorisant le maintien des espaces agricoles. Les documents de planification et d’urbanisme (SCOT, PLU) sont des outils au service des collectivités pour une meilleure intégration de l’enjeu de protection du patrimoine naturel et de la biodiversité (voir thème V).