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Eau Biodiversité Paysage
 

4.Labellisations

Les labellisations sont des outils de territoire mis en œuvre à leur demande pour une mise en valeur spécifique. Les labels sont attribués par des instances officielles (MTES – UNESCO) pour une durée de 6 ans renouvelables suite à un dossier de renouvellement pour les Grands Sites de France et suite à un rapport d’étape réalisé tous 6 ans
Il existe deux types de labellisations : Grand Site de France et UNESCO.

GRAND SITE DE FRANCE :

Un Grand Site de France est un territoire remarquable pour ses qualités paysagères, naturelles et culturelles, dont la dimension nationale est reconnue par un classement d’une partie significative du territoire (cœur de territoire) au titre de la protection des monuments naturels et des sites, qui accueille un large public et est engagé dans une démarche partenariale de gestion durable et concertée pour en conserver la valeur, l’attrait et la cohérence paysagère.

Le Ballon d’Alsace
Pour le Grand Est une seule démarche de projet Opération Grand Site, le Ballon d’Alsace. Ce territoire s’était déjà lancé dans une démarche d’OGS, il y a une dizaine d’années mais qui n’avait pas abouti.
Une relance a été faite en 2013 et un accord a été délivré en 2016, lançant officiellement la démarche (23 février 2016).

L’animation de cette opération a été confiée au Parc Naturel Régional du Ballon des Vosges.
De nombreux travaux ont été menés pour fédérer les élus, les acteurs socio-économiques et les habitants. Cependant un accent doit être mis pour révéler l’esprit des lieux et un programme d’action doit être élaboré avant le dépôt du dossier de demande de labellisation.
Ce territoire de cette opération Grand Site s’étend sur 23 communes appartenant à la fois au Territoire de Belfort, à la Haute Saône, aux Vosges et au Haut-Rhin.

UNESCO :

Initiée par l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture), la Convention concernant la protection du Patrimoine mondial, culturel et naturel d’octobre 1972 a été ratifiée par la France en 1975. Elle a pour but la préservation des biens culturels et naturels qui présentent un intérêt exceptionnel, et reconnus par la communauté internationale comme faisant partie du Patrimoine mondial de l’humanité.

Les Etats signataires de la Convention s’engagent à assurer l’identification, la protection, la conservation, la mise en valeur et la transmission aux générations futures du patrimoine inscrit sur la liste.

Pour figurer sur la liste du Patrimoine mondial, un site doit satisfaire à au moins 1 des 10 critères de sélection (naturels et/ou culturels) établis par le Comité du Patrimoine mondial.

Plusieurs sites du Grand Est sont inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

La cathédrale Notre-Dame, l’ancienne abbaye Saint-Remi et le palais du Tau

À Reims, la cathédrale Notre-Dame, l’ancienne abbaye Saint-Remi et le palais du Tau témoignent de savoir-faire qui ont influencé de nombreux édifices plus tardifs. La cathédrale, construite à partir de 1211 et jusqu’en 1515, manie de nouvelles techniques architecturales tout au long du 13e siècle ; elle est un des chefs-d’œuvre de l’art gothique.
Théâtre de la cérémonie du sacre du roi de France et de la sainte onction instituée par l’archevêque Saint-Remi, ces lieux rappellent que la royauté française a été un modèle politique dans toute l’Europe. La cathédrale de Reims a ainsi été choisie en 816 par Louis le Pieux, fils de Charlemagne, pour y être sacré empereur. Par la suite, à l’exception de Louis VI et d’Henri IV, c’est à Reims que tous les rois de France seront sacrés.
Les trois édifices sont inscrits sur la liste du Patrimoine mondial depuis 1991, sur la base des critères (i), (ii) et (vi) :
critère (i) : représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain – la cathédrale de Reims fait partie des grandes cathédrales françaises du 13e siècle, et avec celles de Chartres et d’Amiens, se trouve au sommet du gothique classique. Les sculptures, très développées à Reims, font partie de la composition architecturale.
critère (ii) : témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages – la perfection de l’architecture et de l’ensemble des sculptures ont influencé la construction de plusieurs édifices, notamment dans les régions allemandes.
critère (vi) : être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle – ces lieux impliqués dans la cérémonie du sacre royal témoignent de l’équilibre parfait de l’organisation entre l’Église et l’État, faisant de la royauté française un modèle politique dans toute l’Europe.

Les Coteaux, Maisons et caves de Champagne

Les Coteaux, Maisons et caves de Champagne sont la représentation d’une organisation territoriale et professionnelle de la culture du raisin, de l’élaboration et de la diffusion d’un vin devenu le modèle mondial des vins effervescents et le symbole universel de la fête et de la réconciliation.
Les coteaux historiques déployés autour de l’abbaye d’Hautvillers, dont Dom Pérignon fut le cellérier, la colline Saint-Nicaise à Reims et l’avenue de Champagne à Epernay où se concentrent les plus grandes Maisons, représentent le terroir du champagne et servent d’environnement de vie et de travail et de vitrine du savoir-faire traditionnel.
Au-delà de ces trois grands ensembles, la délimitation de la zone d’Appellation d’Origine Contrôlée Champagne est définie en tant que « zone d’engagement » : elle constitue un ensemble géographique et historique cohérent, représenté par le Bien et sans lequel sa valeur universelle exceptionnelle ne peut être comprise.
Le bien a été inscrit sur la liste du Patrimoine mondial en 2015, sur la base des critères (iii), (iv) et (vi) :
critère (iii) : apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue – les éléments constituant le bien sont la représentation d’une technique perfectionnée au cours du temps, empruntant aux cultures britanniques et allemandes, d’innovations sociales et d’une organisation socio-professionnelle exemplaire, équilibrée entre les vignerons et les négociants, toujours active aujourd’hui.
critère (iv) : offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine – l’ensemble des éléments concourant à la production et à la diffusion du champagne : terroir et vignes, vendangeoirs et caves, maisons de commerce, sont fonctionnellement imbriqués et sont des marqueurs de l’organisation territoriale ; la diffusion du champagne à partir du 18e siècle a induit un urbanisme particulier centré sur les espaces de vente et incluant les voies de transport. Tous les éléments sont intimement liés au sol crayeux sur lequel pousse la vigne et que l’on retrouve dans l’architecture ; les caves nécessaires au processus de production spécifique forment un paysage sous-terrain exceptionnel.
critère (vi) : être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle – les espaces de représentation des maisons de commerce à Épernay ou à Reims traduisent l’image symbolique du champagne représentant l’art de vivre à la française, la célébration et la réconciliation.

L’œuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne

L’œuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne, est un bien en série transnational. Ces œuvres, réparties sur sept pays, témoignent de l’invention d’une nouvelle architecture en rupture avec le passé ; elles reflètent les solutions que le Mouvement Moderne a cherché à apporter aux enjeux de renouvellement des techniques architecturales, afin de répondre aux besoins de la société. Elles démontrent l’internationalisation de la pratique architecturale au cours du 20e siècle.
L’idée de bâtiments conçus autour des nouveaux besoins de l’« homme moderne à l’âge de la machine » est illustrée dans les nouveaux lieux de travail lumineux de la Manufacture à Saint-Dié, représentant le bien dans la région Grand Est. Cette bonneterie détruite en novembre 1944 est reconstruite sur les plans de Le Corbusier qui veut dessiner une « usine verte », combinant les aspects esthétiques aux besoins fonctionnels.
Le bien a été inscrit sur la base des critères (i), (ii) et (vi) :
critère (i) : représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain – l’œuvre architecturale de Le Corbusier apporte une réponse exceptionnelle à certains enjeux fondamentaux de l’architecture et de la société au 20e siècle.
critère (ii) : témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages – l’œuvre architecturale de Le Corbusier témoigne d’un échange d’influences sans précédent, qui s’est étendu à l’échelle de la planète pendant un demi-siècle, en relation avec la naissance et le développement du mouvement moderne ; elle marque la naissance de trois courants majeurs dans l’architecture moderne : le purisme, le brutalisme et l’architecture-sculpture. La dimension planétaire qu’atteint l’œuvre de Le Corbusier sur quatre continents est un phénomène nouveau dans l’histoire de l’architecture et témoigne de son impact sans précédent.
critère (vi) : être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle – la série représente un « esprit nouveau » qui reflète une synthèse de l’architecture, de la peinture et de la sculpture associées au mouvement moderne du 20e siècle. Elle matérialise les idées de Le Corbusier, qui furent relayées par les Congrès internationaux d’architecture moderne (CIAM) à partir de 1928.

Strasbourg, Grande Île et Neustadt

Inscrit sur la liste du Patrimoine mondial depuis 1988, le Bien de la Grande Île de Strasbourg a été étendu au quartier de la Neustadt en 2017.
La Grande Île correspond au centre historique de la ville, s’étendant autour de la cathédrale. Le quartier de la Neustadt a été conçu et réalisé sous l’administration allemande, entre 1871 et 1918.
La Grande Île et la Neustadt constituent un ensemble urbain typique de l’Europe rhénane ; la cathédrale, chef-d’œuvre de l’art gothique et vecteur de cet art vers l’est de l’Europe, y occupe la place centrale. Les influences françaises et germaniques combinées dans ces deux quartiers ont permis l’émergence d’une expression culturelle unique dans les domaines de l’architecture et de l’urbanisme.
L’ensemble urbain a été inscrit sur la base des critères (ii) et (iv) :
critère (ii) : témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages – les influences françaises et germaniques ont façonné la Grande-Île et la Neustadt et ont permis l’émergence d’une expression unique issue de ces deux cultures. La Neustadt, forgée par les influences haussmanniennes et modèle d’urbanisme, est aussi traversée par les théories de l’architecte autrichien Camillo Sitte qui introduit une nouvelle façon de concevoir les villes.
critère (iv) : offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine – la Grande-Île et la Neustadt constituent un exemple caractéristique de ville de l’Europe rhénane. Intégrées dans un tissu urbain médiéval, dont la trame antique originelle est respectée, les demeures privées de style Renaissance construites entre le 15e siècle et la fin du 18e siècle forment un ensemble unique d’architecture résidentielle rhénane autour de la cathédrale gothique. À partir de 1871, la physionomie de la ville est profondément modifiée grâce à la réalisation d’un ambitieux projet d’urbanisme qui permet l’émergence d’une ville moderne et fonctionnelle représentative des progrès techniques et de la politique hygiéniste émergeant au tournant des 19e et 20e siècles. Les édifices privés et publics témoignent des changements politiques sociaux et culturels : la ville passe du statut de ville libre du Saint-Empire romain germanique à celui de ville libre du royaume de France, puis devient capitale régionale.

Place Stanislas, place de la Carrière et place d’Alliance

La place Stanislas, la place de la Carrière et la place d’Alliance constituent un des paysages urbains les plus harmonieux de l’époque des Lumières. Elles offrent le témoignage le plus ancien et le plus typique de l’urbanisme de cette époque.
Réalisées de 1752 à 1756 sous le mécénat de Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine, leur architecture de prestige, avec ses arcs de triomphe, ses statues et ses fontaines, s’allie à un rôle d’utilité publique ; les trois places donnaient accès à l’hôtel de ville, au palais de justice et au palais des Fermes.
Elles sont inscrites sur la liste du Patrimoine mondial depuis 1983, sur la base des critères (i) et (iv) :
critère (i) : représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain – les trois places de Nancy constituent une réalisation artistique unique, véritable chef-d’œuvre de génie créatif de Emmanuel Héré de Corny, architecte baroque lorrain.
critère (iv) : offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine – les places de Nancy offrent le témoignage le plus ancien et le plus typique de l’urbanisme du siècle des Lumières, dans une ville moderne où un monarque éclairé réalisa un exceptionnel programme d’espaces et de bâtiments publics, démontrant qu’il était sensible aux besoins de la population.

Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France sont composés d’un ensemble d’itinéraires de pèlerinage chrétien vers et en Espagne de près de 1500 kilomètres, à destination du tombeau de Jacques-le-Majeur découvert au 9e siècle à Saint-Jacques de Compostelle.
Ces itinéraires sont jalonnés par un ensemble de patrimoine bâti d’importance historique répondant aux besoins des pèlerins ; cathédrales, églises, hôpitaux, hôtels, monastères, calvaires et infrastructures (ponts…).
Dans la région Grand Est, la basilique Notre-Dame à l’Épine et l’église Notre-Dame-en-Vaux à Châlons-en-Champagne font partie du Bien inscrit sur la liste du Patrimoine mondial depuis 1998, sur la base des critères (ii), (iv) et (vi) :
critère (ii) : témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages – la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle a joué un rôle essentiel dans les échanges et le développement religieux et culturels au cours du Bas Moyen Âge.
critère (iv) : offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine – les besoins spirituels et physiques des pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle étaient satisfaits grâce à la création ou au développement d’un certain nombre d’édifices spécialisés (bâtiments religieux, bâtiments d’accueil ou de soins) tout au long de l’itinéraire.
critère (vi) : être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle – le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle est un témoignage exceptionnel du pouvoir et de l’influence de la foi chrétienne dans toutes les classes sociales et dans tous les pays d’Europe au Moyen Âge.

Itinéraires des chemins de Saint-Jacques de Compostelle inscrits sur la liste du patrimoine mondial

https://www.chemins-compostelle.com/patrimoine_mondial

Fortifications de Vauban

Les fortifications de Vauban ont été inscrites sur la liste du Patrimoine mondial en 2008.
En région Grand Est, les citadelles de Longwy et de Neuf-Brisach sont les meilleurs exemples des constructions marquant la frontière nord-est du système de fortifications bastionnées mises en place au 17e siècle par Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), l’architecte militaire de Louis XIV.
Les 12 groupes de bâtiments retenus pour l’inscription témoignent de l’évolution de l’architecture militaire jusqu’à cette époque et d’un système basé sur un rapport concret au territoire. Ce modèle sera imité dans le monde entier, de l’Amérique à l’Extrême-Orient, jusqu’au 19e siècle.
Le bien a été inscrit sur la base des critères (i), (ii) et (iv) :
critère (i) : représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain – les réalisations de Vauban témoignent de l’apogée de la fortification bastionnée classique, typique de l’architecture militaire occidentale des temps modernes.
critère (ii) : témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages – la part de Vauban dans l’histoire de la fortification est majeure. L’imitation de ses modèles-types de bâtiments militaires en Europe et sur le continent américain, la diffusion en russe et en turc de sa pensée théorique comme l’utilisation des formes de sa fortification en tant que modèle pour des forteresses d’Extrême-Orient, témoignent de l’universalité de son œuvre.
critère (iv) : offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine – l’œuvre de Vauban constitue une œuvre de l’esprit qui s’est appliquée à la stratégie militaire, à l’architecture et à la construction, au génie civil et à l’organisation économique et sociale.