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Prévention des risques

BSH Grand Est avril 2021

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publié le 19 mai 2021 (modifié le 16 août 2021)

Synthèse du mois

Sur le bassin Rhin-Meuse, la situation hydrologique générale de ce mois d’avril est influencée par le contexte météorologique défavorable. Le déficit pluviométrique conséquent observé depuis mars a limité fortement les apports en eau et la reprise de l’activité végétative a réduit l’efficacité des pluies reçues. En conséquence, les débits moyens mensuels sont quasiment partout inférieurs aux débits moyens interannuels et les débits minimaux sur trois jours consécutifs (VCN3) sont inférieurs au médian pour l’intégralité des stations suivies.

Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie a été bien inférieure à la normale d’un mois d’avril avec un déficit global de l’ordre 55 %. Les hydraulicités sont en baisse sur tous les bassins par rapport au mois précédent et sont globalement comprises entre 0,4 et 1,2. les débits minimaux sur trois jours consécutif (VCN3) sont observés en fin de période. Ils sont majoritairement proches du médian ou inférieurs au médian.

Après trois mois consécutifs déficitaires en pluie, la tendance d’évolution du niveau des nappes est globalement à la baisse pour ce mois d’avril. Les niveaux moyens mensuels atteignent des niveaux habituellement observés pour cette période ou légèrement inférieurs, mais certaines nappes atteignent déjà des niveaux bas ; les nappes des grés du Trias inférieur et de l’extrême sud de la plaine d’Alsace dans le Haut-Rhin restent encore marquées par les étiages de ces dernières années et la recharge de cet hiver ne leurs a pas permis de retrouver des niveaux habituels.

Pluviométrie


Le bilan pluviométrique mensuel est déficitaire.

PLUVIOMÉTRIE DU MOIS

Les cumuls mensuels de pluie sont compris entre 15 mm à Nogent (10) et 66 mm à Gérardmer (88).

- CHAMPAGNE-ARDENNE

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Champagne-Ardenne est de 27.9 mm, soit un déficit global de 55 %.
Les cumuls sont compris entre 10 mm et 50 mm pour les départements de la Marne et de l’Aube, et entre 20 mm et 50 mm pour les départements des Ardennes et de la Haute-Marne.
Le bilan se situe en dessous de la normale avec un déficit compris entre 25 % et 75 %.

- LORRAINE

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 30.9 mm, soit un déficit global de 53 %.
Les cumuls sont compris entre 10 mm et 50 mm pour les départements de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle et de la Moselle, et entre 20 mm et 75 mm pour le département des Vosges.
Le bilan se situe en dessous de la normale avec un déficit compris entre 25 % et 75 %.

- ALSACE

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 31.4 mm soit un déficit global de 47 %.
Les cumuls sont compris entre 10 mm et 50 mm pour le département du Bas-Rhin, et entre 20 mm et 50 mm pour le département du Haut-Rhin.
Le bilan se situe en dessous de la normale avec un déficit compris entre 25 % et 75 %.

EAU DANS LE SOL AU 01/05/2021

La situation au 1er mai 2021 par rapport au 1er avril 2021 montre une aggravation du niveau d’humidité des sols pour l’ensemble de la région Grand Est.

PLUVIOMÉTRIE D’AVRIL 2021

En avril 2021, la pluviométrie globale sur la région Grand Est (29.7 mm) est inférieure de 53 % à la normale et se situe au 13ème rang des mois d’avril les plus secs depuis 1959.
Ce mois est moins sec que le mois d’avril de l’année dernière, qui avait enregistré 22.3 mm de précipitations.

Eaux superficielles


VCN3 :
Sur le bassin du Rhin, le débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est partout inférieur au médian, avec ponctuellement des valeurs inférieures à la décennale sèche (Giessen, Rhin ou à moindre mesure Ill amont, Thur et Doller).

Sur le bassin de la Sarre, le débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est généralement inférieur au médian jusqu’à inférieur à la décennale sèche (Sarre à Keskastel ou l’Eichel à Oermingen).

Sur les bassins Meuse-Moselle, la faiblesse des précipitations intervenues durant le mois d’avril ainsi que le développement de la végétation ont conduit à une baisse progressive et généralisée des débits des cours d’eau. Les débits moyens minimaux calculés sur trois jours consécutifs sont inférieurs au médian pour l’intégralité des stations suivies et s’observent en fin de mois.
Les périodes de retour de ces débits minimaux sont de l’ordre de 2 à 5 ans secs.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les faibles précipitations observées au cours du mois d’avril ont provoquées une baisse des débits pour tous les cours d’eau.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont tous inférieurs au médian. A Frignicourt, sur la Marne, en aval du lac Marne, le débit de base est inférieur au décennal sec.

Hydraulicité :
Sur le bassin du Rhin, les débits moyens mensuels du mois d’avril sont en baisse sur l’ensemble des bassins versant étudiés par rapport au mois précédent.
La pluviométrie observée est encore déficitaire de presque 50% par rapport aux moyennes interannuelles. Par conséquent, l’hydraulicité de l’ensemble des cours d’eau du domaine est basse notamment dans le sud du territoire sur les bassins de l’Ill amont, de la Doller ou de la Thur (par exemple, à Reiningue, on observe une hydraulicité de 0,3). Les mêmes valeurs sont observées sur le bassin du Giessen à Sélestat. Au niveau des autres stations, ainsi que sur le Rhin, l’hydraulicité moyenne s’oriente plutôt vers une valeur de 0,6.

Sur le bassin de la Sarre, les débits moyens mensuels du mois d’avril sont en baisse par rapport au mois précédent. Des hydraulicités variant autour d’une valeur moyenne de 0.4 sont observées sur les différents cours d’eau du bassin.

Sur les bassins Meuse-Moselle, comme pour le mois de mars, les précipitations ont été déficitaires pour le mois d’avril.
Ceci conduit à observer des débits moyens mensuels inférieurs aux débits moyens interannuels pour la totalité des stations suivies à l’exception de la Chiers amont.
On observe un net gradient amont-aval pour le bassin de la Meuse avec des débits moyens de l’ordre de 20 à 25 % aux valeurs interannuelles pour l’amont du bassin,
tandis que la situation est plus favorable vers l’aval avec des hydraulicités comprises entre 0.5 et 0.72 y compris pour la Chiers.
Les débits moyens mensuels de la Moselle sont plus homogènes et représentent en moyenne 40% des débits moyens interannuels sur l’ensemble du bassin et de ses affluents.

Sur les bassins de la Seine Normandie, la situation pour les débits moyens mensuels est en baisse par rapport à celle du mois de mars et les hydraulicités sont globalement comprises entre 0,2 et 0,8. Le bassin de la Marne est plus touché par le déficit des précipitations avec des hydraulicités comprises entre 0,2 et 0,4 aux stations de Villiers-sur-Suize, Mussey-sur-Marne, Frignicourt et Vitry-en-Perthois.
Seule la station de Soudron sur la Soude présente une valeur comprise entre 0,8 et 1,2.

Eaux souterraines


Pour les nappes de Lorraine, les effets du déficit pluviométrique de ces 3 derniers mois se font sentir sur les niveaux des nappes. Les niveaux moyens mensuels sont partout en baisse et la décharge des nappes est bien installée. Les calcaires de l’Oxfordien atteignent maintenant des niveaux modérément bas et les calcaires du Dogger restent encore à des niveaux autour de la moyenne. Les grés du Trias inférieur sont à des niveaux bas, avec la station de mesure piézométrique de Gelacourt à un niveau très bas.

Les niveaux moyens d’avril sont majoritairement en baisse par rapport au mois de mars en Alsace. Dans le Bas-Rhin, les niveaux sont pour la plupart en baisse, de -8 à -18 cm au nord et sur le Pliocène de Haguenau, -10 cm autour de Strasbourg et dans le sud du département (Rossfeld), et plutôt stables sur quelques secteurs de bordures comme Lampertheim, Griesheim ou encore à Weitbruch. Les niveaux sont principalement modérément bas, localement autour de la moyenne à Haguenau et toujours très bas sur Griesheim et Weitbruch. Dans le Haut-Rhin, les niveaux sont également majoritairement en baisse, de -8 cm le long du Rhin pour Fessenheim, à -12 cm en moyenne sur le nord, le secteur de Cernay (Thur) et le centre plaine, jusqu’à -22 cm dans l’extrême sud à Hésingue. De rares secteurs sont encore en hausse, +6 cm en bordure à Wintzenheim (Fecht) et +32 cm dans le Sundgau oriental (Habsheim). Malgré la hausse, les niveaux de ces 2 derniers secteurs restent bas. Ailleurs dans le département, ils varient entre modérément bas (Holtzwihr, Cernay) et modérément haut (Hettenschlag, Fessenheim).

Pour les aquifères du bassin Seine-Normandie, la tendance d’évolution du niveau moyen mensuel des nappes est presque partout à la baisse pour ce mois d’avril. Les niveaux des nappes des craies de Champagne atteignent des niveaux habituellement observés à cette période de l’année. Les niveaux des calcaires de Brie et Champigny sont autour de la moyenne et les niveaux des sables de l’Apto-Albien ont réagi plus fortement au déficit de précipitations de ces derniers mois et leur niveau est bas.
(Sources : BRGM, APRONA, Délégation de bassin Rhin-Meuse)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage global est de l’ordre de 79% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 97% et la retenue de Michelbach de 99%. Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le remplissage est de l’ordre de 81%.

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.