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Prévention des risques

BSH Grand-Est janvier 2019

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publié le 27 février 2019 (modifié le 25 mai 2020)

Synthèse du mois

Même si des épisodes pluvio-neigeux ont généré des apports en eau qui ont temporairement fait réagir les cours d’eau, les cumuls pluviométriques mensuels relevés en janvier sont globalement restés inférieurs aux normales de saison. Le déficit de précipitation s’élève même localement à 75%, en particulier en Meuse et dans le Haut-Rhin. En conséquence, sur le bassin Rhin-Meuse, les écoulements dans les cours d’eau affichent en ce premier mois de l’année, des niveaux sensiblement inférieurs aux valeurs habituellement observées en janvier. Sur le bassin Seine-Normandie, les débits des cours d’eau sont encore à un niveau bas pour la période et ils sont globalement inférieurs au débit médian d’un mois de janvier.
La recharge des nappes qui a commencé plus tardivement avec un mois de retard, se poursuit. Globalement, les niveaux moyens mensuels ont une tendance à la hausse, les nappes ayant un temps de réaction plus long ont elles aussi commencé à se recharger. Les niveaux restent souvent inférieurs aux niveaux observés pour un mois de janvier.

Pluviométrie

Janvier 2019

Bilan global déficitaire

§ Pluviométrie du mois

- Lorraine

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 10 et 19 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 9 jours.
La 2ème décade est plus arrosée que les deux autres.
Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 67.7 mm soit un déficit global de 27%.
Les cumuls sont compris entre 30 mm et 100 mm voire 200 mm sur le relief vosgien.
Le bilan par rapport à la normale est déficitaire pour les quatre départements :
* pour la Moselle, le déficit est compris entre 10% et 25% sur l’ouest et une large moitié nord et atteint 50% sur le reste du département
* en Meurthe-et-Moselle, le bilan déficitaire est globalement homogène, compris entre 10% et 25%, avec tout de même un déficit plus marqué, jusqu’à 50%, sur la limite ouest du département et au nord de Nancy
* pour la Meuse, le déficit est compris entre 25% et 50% avec, localement, une accentuation du déficit jusqu’à 75%
* dans le département des Vosges, le déficit est étagé, plus marqué sur une large moitié ouest du département, de 25% à 50%, et proche de la normale sur le relief des Vosges.

- Alsace

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 5 et 19 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 9 jours.
La 2ème décade est plus arrosée que les deux autres.
Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 54.6 mm soit un déficit global de 22%.
Les cumuls sont compris entre 20 mm et 100 mm en plaine et 100 mm et 200 mm sur le relief vosgien.
Le bilan par rapport à la normale est globalement déficitaire :
* Pour le Bas-Rhin : sur la moitié nord jusqu’à Strasbourg, le déficit est compris entre 10% et 25%, et proche de la normale sur la moitié sud
* Pour le Haut-Rhin : déficitaire en plaine, de 50% à 75%, et de 25% voire proche de la normale sur le relief.

- Champagne-Ardenne

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 11 et 19 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 2 jours.
La 3ème décade est plus arrosée que les deux autres.
Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Champagne-Ardenne est de 54.0 mm soit un déficit global de 31%.
Les cumuls sont compris entre 30 mm et 75 mm sur toute la Champagne-Ardenne.
Le Bilan par rapport à la normale est déficitaire :
* Pour la Haute-Marne : le déficit est globalement compris entre 25% et 50% avec deux zones déficitaires moins marquées, de 10% à 25%, au nord-ouest et dans le sud du département
* Pour l’Aube : déficitaire, entre 10% et 25%, voire 50% dans une zone à l’ouest de Troyes
* Pour la Marne : le déficit est compris entre 10% et 25%, au nord-ouest et sur une zone au sud de Chalons-en- Champagne, mais le déficit est plus marqué sur le reste du département, entre 25% et 50%
* Pour les Ardennes : le déficit est globalement compris entre 25% et 50% avec un défcit moins marqué au sud-ouest du département, de 10% à 25%, et des zones localement plus déficitaires jusqu’à 75%.

§ Pluviométrie de septembre 2018 à janvier 2019

Pour cette période, le bilan est déficitaire sur tout le Grand Est :
* pour la Lorraine : compris en moyenne entre 25% et 50% à l’exception, dans le département de la Moselle, d’une bande à l’extrême ouest et d’une petite moitié nord, de l’extrême nord-ouest de la Meurthe-et-Moselle ainsi que du nord-ouest de la Meuse où il est moins accentué, de 10% à 25%
* pour l’Alsace : sur le Haut-Rhin et la moitié Est et le nord-ouest du Bas-Rhin, globalement compris entre 25% et 50% mais, moins accentué, de 10% à 25%, sur la moitié ouest du Bas-Rhin
* pour la Champagne-Ardenne : déficit compris entre 25% et 50% pour les départements de la Haute-Marne (avec un déficit moins aggravé sur le sud-ouest de 10% à 25%) et de la Marne (avec un déficit plus faible, de proche de la normale à 25%, au nord-ouest de ce département) mais moins accentué, de 10% à 25% sur les Ardennes et majoritairement sur l’Aube même si le déficit atteint 50% sur une bande ouest et sud-ouest/nord-est de ce département.

§ Pluies efficaces.

Le cumul des pluies efficaces est positif sur toute la région :
* pour la Lorraine, il est majoritairement compris entre 25 mm et 75 mm mais est plus marqué, de 100 mm à 200 mm sur le relief vosgien.
* pour l’Alsace, il est plus contrasté : dans le Bas-Rhin, il est globalement compris entre 25 mm et 75 mm voire 125 mm sur le relief, et pour le Haut-Rhin, il est globalement compris entre 0 mm et 25 mm mais jusqu’à 150 mm sur le relief.
* pour la Champagne-Ardenne, majoritairement compris entre 25 mm et 50 mm, mais jusqu’à 75 mm sur la majeure partie de la Haute-Marne et le nord des Ardennes.
Le cumul de pluies efficaces de septembre 2018 à janvier 2019 reste positif et est compris :
* pour la Lorraine, entre 100 mm et 300 mm voire 500 mm sur le relief vosgien
* pour l’Alsace, entre 50 mm et 100 mm dans la plaine au sud de Colmar puis de 100 mm à 400 mm sur le reste de la région voire 500 mm sur le relief haut-rhinois
* pour la Champagne-Ardenne, globalement entre 100 mm et 300 mm à l’exception du nord des Ardennes où le cumul atteint jusqu’à 400 mm.

§ Eau dans le sol au 01/02/2019

L’indice d’humidité des sols au 01/02/2019 est compris entre 0.55 (Haut-Rhin) et 1.00 (Moselle, Meuse, relief vosgien, Haute-Marne et nord des Ardennes).
Cela génère un écart pondéré à la normale très hétérogène :
* globalement négatif, entre -30% et 0%, sur l’Alsace et la Lorraine, à l’exception des zones de relief et de zones ponctuelles où il est positif jusqu’à 10%
* majoritairement négatif et compris entre -10% et 0% sur la Champagne-Ardenne à l’exception de zones ponctuelles et du nord et l’ouest des Ardennes où il atteint 10%.

Eaux superficielles


Malgré une petite réaction hydrologique en milieu de mois, les débits moyens mensuels sur l’ensemble des cours d’eau du bassin du Rhin sont inférieurs aux normales saisonnières.
Les plus forts déficits (-70%, hydraulicité 0.3) s’observent sur les bassins sud du Haut-Rhin (Ill amont et Doller). Ailleurs, les déficits s’échelonnent entre -60% (Zorn, Lauch) et -40% (Thur, Fecht, Moder et Ill de plaine).
Le Giessen, la Bruche et le Rhin affichent des débits inférieurs aux normales d’environ 20% (hydraulicité 0.8).
Sur le bassin de la Sarre, les débits sont inférieurs aux moyennes interannuelles. Des hydraulicités de 0.5 (déficit de -50%) sont généralement observées.
Sur les bassins de la Seine Normandie, les débits moyens observés au mois de janvier sont inférieurs à la normale. Ce mois-ci, le rapport des débits sont majoritairement compris entre 20 et 40 % du débit moyen mensuel sur les Ardennes et la Haute-Marne. Les valeurs sont moins faibles sur la Marne et l’Aube avec des grandeurs comprises entre 40 et 80 % de la normale.
Sur les bassins de la Moselle et de la Meuse, malgré une petite réaction hydrologique en milieu et en fin de mois corrélées aux précipitations, les débits moyens mensuels sur l’ensemble des cours d’eau sont inférieurs aux normales saisonnières (entre 40 et 80% des valeurs moyennes).

Sur le bassin du Rhin, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond à des périodes de retour qui varient entre plus que décennal sec (Didenheim, Sélestat), 5 à 10 ans sec (Guebwiller, Waltenheim/Zorn, Schweighouse/Moder) jusqu’à des débits de base proches des normales (Bruche, Thur et Rhin).
Sur le bassin de la Sarre le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond à des périodes de retour comprises entre 3 et 5 ans sec.
Sur les bassins de la Seine Normandie, les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont globalement inférieurs au médian. Toutefois, la station de Givry-sur-Aisne est proche du médian et celle de Chevières sur l’Aire est supérieure au médian.
Sur les bassins de la Meuse et de la Moselle, les débits minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs correspondent à des périodes de retour comprises entre 3 et 5 ans sec exception faite de l’Orne dont la valeur est supérieure à la normale.

Eaux souterraines

La recharge des nappes de Lorraine qui a commencé le mois dernier, se poursuit sur le mois de janvier, avec toutefois un certain ralentissement dû au déficit pluviométrique sur la moitié ouest du département des Vosges et la vallée de la Meuse. Bien qu’ayant globalement une tendance à la hausse, les niveaux moyens mensuels sont à des niveaux encore inférieurs à des moyennes d’un mois de janvier et les niveaux moyens mensuels sont majoritairement modérément bas ; certains piézomètres restent à des niveaux très bas (piézomètre de Essegney, Gelacourt, Hareville).
(Source : Délégation de bassin Rhin-Meuse)
Les niveaux moyens de janvier 2019 sont en hausse par rapport à ceux du mois dernier dans le Bas-Rhin et en baisse dans presque tout le Haut-Rhin. Dans le Bas-Rhin, les moyennes sont partout en hausse, mais restent toujours inférieures aux normales de saison (modérément bas à Lipsheim et Rossfeld). Dans le Haut-Rhin, les moyennes sont globalement en baisse, de -13 cm à Habsheim à -3 cm à Hettenschlag. Elles demeurent là aussi partout sous les normales saisonnières. Les niveaux vont de modérément bas (Hettenschlag et Holtzwihr) à très bas (Habsheim).
(Source : APRONA)
Les nappes en Champagne-Ardenne possèdent toutes des tendances générales à la hausse pour le mois de janvier 2019 traduisant une recharge généralisée des aquifères. Les niveaux des nappes sont globalement proches des moyennes mensuelles à l’exception du réservoir de la craie où la piézométrie reste encore basse à très basse sur la majorité des points de surveillance. L’ensemble des moyennes mensuelles des niveaux de nappe sont globalement inférieures à celles d’un mois de janvier.
(Source : BRGM)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le taux de remplissage des réservoirs est à la hausse.
Le niveau de remplissage global est de l’ordre de 48% pour les retenues destinées au soutien de l’étiage et de l’ordre de 53% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 87% et la retenue de Michelbach de 82%.

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territ