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Prévention des risques

BSH Grand Est juin 2018

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publié le 8 août 2018 (modifié le 25 mai 2020)

Synthèse du mois


La pluviométrie du mois de juin accuse un déficit de l’ordre de 20% sur le bassin Rhin Meuse.
Les débits moyens du mois de juin 2018 sont proches des normales saisonnières voire même excédentaires (pour certains cours d’eau comme la Sarre), et a contrario, l’étiage s’installe sur des têtes de bassin (Meuse ou Moselle).

La pluviométrie du mois de juin accuse un déficit de 10% sur le bassin Seine Normandie. Le rapport à la normale des précipitations du mois de juin varie beaucoup selon les secteurs.
Les débits des cours d’eau sont en baisse par rapport au mois de mai mais sont globalement supérieurs au débit médian d’un mois de juin.


Les niveaux moyens des nappes du mois de juin sont globalement conformes aux normales avec une tendance à la baisse, ce qui est classique à cette période de l’année.

Pluviométrie

  • Pluviométrie du mois du bassin Rhin-Meuse

- Lorraine

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 3 et 9 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 6 jours.
La 1ère décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 57,3 mm soit un déficit global de 24,4%.
Les cumuls sont compris entre 20 mm et 150 mm en plaine et entre 50 mm et 100 mm pour le relief vosgien.

Le bilan par rapport à la normale est en moyenne déficitaire pour la Lorraine générant un bilan contrasté par département :
* pour la Meuse, un bilan excédentaire au nord du département, de proche à la normale jusqu’à 100% d’excédent, et déficitaire au sud, de 10% à 25%
* pour la Meurthe-et-Moselle, déficitaire sur tout le département, de 10% à 25% au nord et de 25% à 50% au sud, voire 75% à l’extrême sud-est
* pour la Moselle, globalement déficitaire, de 10% jusqu’à 50% mais excédentaire dans une zone centrale au nord du département, avec un excédent pouvant atteindre 25%
* pour les Vosges, un bilan homogène et déficitaire sur tout le département, compris entre 25% et 50%.

- Alsace

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 1 et 9 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 1 et 5 jours.
La 1ère décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 60,3 mm soit un déficit global de 21,3%.
Les cumuls sont compris entre 30 mm et 75 mm en plaine, à l’exception du nord-est de la région où le cumul est compris entre 75 mm et 150 mm, et, entre 75 mm et 100 mm pour le haut relief vosgien.

Le bilan par rapport à la normale est en moyenne déficitaire pour l’Alsace :
* pour le Bas-Rhin : à l’exception du nord-est du département, excédentaire jusqu’à 50%, le déficit est compris entre 25% et 75% en plaine et, 10% et 25% sur le relief vosgien.
* pour le Haut-Rhin : compris entre 25% et 50% dans le sud du département, et de 10% à 25%, sur le reste du département voire proche de la normale à l’extrême sud.
Sur le reste du département, le bilan est proche de la normale.

  • Pluies efficaces.

Le cumul des pluies efficaces, pour la Lorraine, est globalement négatif à l’exception d’une zone positive, entre 0 mm et +25 mm,au nord-ouest de la Meuse.
Sur le reste de la région, il est compris entre 0 mm et -50 mm et atteint - 75 mm sur une bande nord-sud s’étalant du sud-est de la Moselle au sud-est de la Meurthe-et-Moselle.
Le cumul des pluies efficaces, pour l’Alsace, est négatif sur toute la région. Il est compris entre -75 mm et -50 mm sur une zone nord-ouest / sud-est du Bas-Rhin et dans la région de Mulhouse.
Sur le reste de la région, il s’étage entre -50 mm et 0 mm.

Le cumul de pluies efficaces de septembre 2017 à juin 2018 pour la Lorraine est compris entre 300 mm et 1250 mm pour le relief voire très localement 1500 mm.
Le cumul de pluies efficaces de septembre 2017 à juin 2018 pour l’Alsace est compris entre 100 mm (plaine de Strasbourg à Colmar et région de Mulhouse) et 1000 mm pour le relief voire très localement 1500 mm.

  • Eau dans le sol au 01/07/2018

L’indice d’humidité des sols au 01/07/2018 est compris entre 0.30 et 0.60 pour la Lorraine (entre 0.40 et 0.60 pour la Meuse et les Vosges voire 0.65 au plus haut du relief, et entre 0.30 et 0.50 pour la Moselle et la Meuthe-et-Moselle) et globalement, entre 0.35 et 0.50 sur l’Alsace (jusqu’à 0.65 pour le relief vosgien).
Cela génère un écart pondéré à la normale très hétérogène de -30% à +10% (nord de la Moselle et centre de la Meuse).

(Source : Météo France)

  • Pluviométrie du mois du bassin Seine-Normandie

La lame d’eau mensuelle agrégée sur le bassin atteint 56,8 mm et accuse un déficit de 10 %. Juin 2018 se classe au 29e rang des mois de juin les plus secs depuis 60 ans.
Aux points de grille 8x8 km issus du modèle SIM2 sur le bassin, les cumuls de précipitations fluctuent de 2,1 mm à 167,5 mm ; les rapports aux normales varient de 3 % à 213%.
L’Île-de-France est la région la plus arrosée avec un cumul de pluie de 70,1 mm (excédent 29 %) ; cette valeur est la 15e valeur la plus élevée pour un mois de juin depuis 1959 (record 121,2 mm en 1997).
La Picardie est la région la plus sèche avec un cumul de pluie de 31,9 mm (déficit 48 %). Cette valeur est la 8e valeur la plus faible pour un mois de juin depuis 1959 (record 3,2 mm en 1976).

Comparé aux pluviométries des mois de juin depuis 1959, les départements suivants ont
- un déficit particulièrement élevé :
*la Seine-Maritime : 70 % ; cumul 19,7 mm, 5e rang, record minimal 2,5 mm en 1976,
* la Somme : 83 % ; cumul 10,7 mm, 3e rang, record minimal 2,3 mm en 1976.

- un excédent particulièrement élevé :
*l’Eure-et-Loir : 54 % ; cumul 75,4 mm, 8e rang, record maximal 113,1 mm en 1997,
*Paris et petite couronne : 63 % ; cumul 86,9 mm, 6e rang, record maximal 126,6 mm en 1997,
*les Yvelines : 52 % ; cumul 82,2 mm, 8e rang, record maximal 114,8 mm en 1997,
*l’Orne : 73 % ; cumul 96,1 mm, 9e rang, record maximal 144,6 mm en 1997,
*l’Eure : 40 % : cumul 80,0 mm, 12e rang, record maximal 167,1 mm en 1997.

  • Pluies efficaces

Les pluies efficaces agrégées sur le bassin, de l’ordre de -30,9 mm, accusent un déficit de 7,9 mm.
Cette valeur se classe au 23e rang des valeurs les plus basses pour un mois de juin depuis 1959 (record minimal -67,5 mm en 1962).
Aux points de grille 8x8 km issus du modèle SIM2 sur le bassin, les cumuls fluctuent de -75,2 mm à
69,5 mm ; les écarts aux normales varient de -57,1 mm à +84,2 mm.

Seule la région Île-de-France présente un excédent (+11,1 mm, cumul -14,8 mm).
Les autres régions accusent des déficits de : 1,4 mm sur Basse-Normandie (cumul -28,7 mm), 7,9 mm sur Champagne-Ardenne (cumul -28,5 mm), 18,1 mm sur Haute-Normandie (cumul -37,5 mm), 27,9 mm sur la Picardie (cumul -50,9 mm, 7e valeur la plus basse pour un mois de juin depuis 1959, record minimal -62,3 mm en 2000).

Comparé aux pluies efficaces des mois de juin depuis 1959, les départements suivants ont
- un déficit particulièrement élevé :
*la Seine-Maritime : -46,2 mm ; cumul -62,1 mm, 2e rang, record minimal -63,6 mm en 2000 ;
*l’Oise : -23,5 mm ; cumul -46,9 mm, 10e rang, record minimal -56,3 mm en 2008 ;
*la Somme : -46,1 mm ; cumul -67,9 mm, 1e rang, ancien record minimal -61 mm en 2000.

- un excédent particulièrement élevé :
*Paris et petite couronne : +24,5 mm ; cumul 14,6 mm, 8e rang, record maximal 50,3 mm en 1997,
*l’Orne : +31,2 mm ; cumul 0,2 mm, 12e rang, record maximal 62,9 mm en 1997.

(Source : Météo France)

Eaux superficielles


Pour les cours d’eau du bassin du Rhin, les débits moyens du mois de juin 2018 sont généralement en hausse comparé au mois précédent. Le bilan par rapport aux moyennes interannuelles est assez contrasté selon les bassins versants en fonction de l’intensité et de la localisation des orages survenus lors de la première moitié du mois.
On observe par exemple sur l’Ill amont à Didenheim, la Bruche à Holtzheim ainsi que sur la Lauch à Guebwiller des hydraulicités autour de 1.5 et jusqu’à 2.6 sur la Fecht à Ostheim. Le Rhin à Lauterbourg accuse un léger déficit de 15% environ. La majeure partie des autres bassins versants affiche des débits dans les normales.
Avec l’absence de précipitations dans la seconde partie de mois, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est systématiquement observé en fin de mois. Ici encore les valeurs sont contrastées ; elles oscillent entre 10 ans humide à Ostheim et 5-10 ans sec à Waltenheim/Zorn.

Sur le bassin de la Sarre les débits moyens sont en hausse et excédentaires sur tout le linéaire en dehors de l’Eichel à Oermingen accusant un léger déficit d’environ 20%.
Le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond à des périodes de retour comprises entre 5-10 ans humide sur l’amont (Sarrebourg) et 3 ans sec pour Oermingen sur l’Eichel.

Sur le bassin Meuse/Moselle, les débits moyens du mois de juin 2018 sont proches des normales saisonnières, voire même excédentaires sur la Meuse aval. Cette situation ne doit toutefois pas masquer le fait que cette moyenne statistique mensuelle est obtenue grâce aux débits importants de début juin suite aux nombreux et importants orages de cette période.
L’étiage s’installe. Les valeurs des débits sont en régression constante depuis plusieurs semaines. Sur le bassin versant de la Moselle, toutes les stations sont en étiage.
Sur le bassin versant de la Meuse, seules les stations amont et médianes sont actuellement en étiage. Compte tenu des temps de transfert très longs sur cette rivière, le tronçon Meuse aval connaît encore une hydraulicité supérieure à la moyenne.

Sur les cours d’eau du bassin Seine Normandie, les débits du mois de juin sont majoritairement en baisse. Cependant, le débit mensuel moyen est supérieur à la moyenne interannuelle des débits. Les dates d’observation des VCN3 sont situées en fin du mois de juin.

Eaux souterraines


Les niveaux des nappes des bassins de la Meuse, de la Moselle et de la Sarre sont toujours à la baisse, caractéristique d’une situation de vidange des nappes, habituelle pour cette période de l’année. Cette vidange est plus ou moins marquée suivant les secteurs géographiques. Les moyennes mensuelles du niveau des nappes du mois de juin restent à des valeurs proches de la moyenne ou modérément hautes, à l’exception de quelques piézomètres où le niveau est modérément bas (Nubécourt, Gelacourt, Essegney) ou très bas (Relanges).

Dans le Bas-Rhin, les niveaux moyens sont en hausse légère dans la moitié sud et au nord de Strasbourg, en forte hausse dans le secteur au sud de Strasbourg (Lipsheim) et en baisse dans l’extrême nord (Sessenheim). Ils restent partout proches des normales saisonnières, voire au-dessus à Lipsheim (6 ans humides). Dans le Haut-Rhin, la tendance est à la hausse au nord (8 ans humides à Holtzwihr) et dans les secteurs proches du Rhin, stable en centre plaine et en baisse dans la partie sud (4 ans secs à Habsheim).
(Source : APRONA)

La situation des nappes du bassin Seine-Normandie est globalement similaire aux tendances observées au mois de mai, c’est-à-dire une situation de vidange généralisée des nappes, avec un évènement de recharge bien marqué sur la première quinzaine du mois de juin (entre le 06 et le 11 juin) sans toutefois inverser la tendance globalement de tarissement des niveaux d’eau.
La situation hydrogéologique des nappes reste proche de la normale sur l’ensemble des masses d’eau surveillées voire légèrement supérieure notamment en comparaison de l’année 2017.
(Source : BRGM)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, l’état de remplissage des différents ouvrages reste encore conséquent, mais avec une tendance à la baisse.
Le niveau de remplissage global est de l’ordre de 93% pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, de l’ordre de 95% pour les retenues destinées au soutien de l’étiage et de l’ordre de 82% pour les retenues destinées à la navigation.

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.