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Prévention des risques

BSH Grand-Est juin 2019

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publié le 24 juillet 2019 (modifié le 18 septembre 2019)

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, le contexte estival observé en juin, avec des températures élevées et un déficit pluviométrique important a un impact très net sur les écoulements dans les cours d’eau.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (VCN3) sont partout inférieurs au médian et atteignent même localement la décennale sèche. En ce qui concerne les écoulements moyens mensuels, ils ne représentent que 40 à 80% des normales de saison, avec quelques secteurs plus impactés où les écoulements représentent moins de 40% de la moyenne pour un mois de juin.

Au mois de juin sur le bassin Seine-Normandie, la pluviométrie a été déficitaire avec des valeurs principalement comprise entre 50 et 75 % de la normale.
Le débit moyen mensuel des cours d’eau est globalement en baisse pour la période et inférieur à la normale sur la totalité du territoire.

La décharge des nappes de la région est maintenant bien installée et presque tous les piézomètres sont maintenant à la baisse. Les niveaux moyens mensuels des nappes sont conformes à un mois de juin, toutefois les nappes de la craie de Champagne-Ardennes, la nappe d’Alsace au sud de Colmar et les Grés du Trias dans la partie vosgienne affichent des valeurs de niveau inférieures aux valeurs observées pour un mois de juin.

Pluviométrie


Le bilan Global est déficitaire sur toute la région.

§ Pluviométrie du mois

- Lorraine

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 2 et 11 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 4 jours.
La 2èMe décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 49.6 mm soit un déficit global de 35%.

Les cumuls sont compris entre 20 mm (nord de la Moselle) et 75 mm voire 100 mm sur le relief vosgien et localement sur l’extrême sud-est de la Moselle.

Le bilan par rapport à la normale est déficitaire pour tous les départements :
* pour la Moselle, le bilan s’étage d’ouest en Est, de 25% à 50% sur une bande nord-sud à l’ouest du département puis, de 50% à 75% sur une grande partie du département à l’exception de l’extrême sud-est où le déficit est moins marqué, de 10% à 50%
* en Meurthe-et-Moselle, le département affiche un déficit moins accentué sur la moitié nord, de 10% à 25%, alors qu’une large moitié sud présente un déficit qui atteint 50% comme à l’extrême nord-ouest du département
* pour la Meuse, le déficit est globalement homogène, de 25% à 50%, avec cependant deux zones distinctes, une sur la limite ouest, avec un déficit qui s’accentue jusqu’à 75%, et à l’opposé, une au centre-est, avec un déficit moins aggravé de proche à la normale à 25%
* pour les Vosges, le département affiche un déficit compris entre 10% et 25% sur un très large moitié ouest au-delà d’Epinal mais un déficit plus marqué sur la limite nord du département et le relief vosgien, de 25% à 50%.

- Alsace

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 4 et 13 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 5 jours.
La 1ère décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 61.3 mm soit un déficit global de 20%.

Les cumuls sont compris entre 30 mm (nord du Bas-Rhin) et 75 mm voire 100 mm sur le relief haut-rhinois et l’extrême sud du Haut-Rhin.

Le bilan par rapport à la normale est déficitaire sur chaque département :
* Pour le Bas-Rhin : le bilan est déficitaire,de 25% à 50% sur le nord du département et le relief vosgien, et compris entre proche de la normale et 25% de déficit sur le reste du département
* Pour le Haut-Rhin : le déficit est plus accentué sur le relief haut-rhinois et le sud du département, de 10% à 25%, voire localement 50%, alors que sur le reste du département le bilan est proche de la normale.

- Champagne-Ardenne

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 6 et 13 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 4 jours.
La 2ème décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Champagne-Ardenne est de 46.6 mm soit un déficit global de 32%.

Les cumuls sont compris entre 20 mm (nord-est de la Marne et nord-ouest de la Haute-Marne) et 75 mm voire 100 mm localement sur l’extrême sud-est du département de la Haute-Marne.

Le bilan par rapport à la normale est déficitaire sur tous les départements :
* Pour la Haute-Marne : le déficit est plus accentué sur le nord-ouest du département, de 50% à 75%, et, à l’opposé, moins marqué sur le sud-ouest et l’extrême sud-est, de 10% à 25%, alors que le reste du département affiche un déficit "médian", de 25% à 50%
* Pour l’Aube : le bilan est plutôt homogène avec un déficit compris entre 25% et 50% à l’exception de l’extrême nord-ouest du département où le bilan est proche de la normale
* Pour la Marne : le département affiche un bilan qui s’étage d’ouest en Est, sur une bande nord-sud de proche à la normale voire excédentaire jusqu’à 110% dans le nord-ouest, à une zone centrale comprise entre 25% et 50%, et à l’extrême Est du département une bande nord-sud où le déficit atteint 75%
* Pour les Ardennes : le bilan déficitaire sur tout le département, jusqu’à 50% sur une grande partie du département, présente cependant un déficit moins marqué sur le centre ouest, de 10% à 25%.

§ Pluviométrie de septembre 2018 à juin 2019

Pour cette période, le bilan est déficitaire sur tout le Grand Est :
* pour la Lorraine : compris entre 10% et 50%, avec toutefois une zone proche de la normale à l’extrême nord-ouest de la Meurthe-et-Moselle
* pour l’Alsace : en moyenne compris entre 10% et 25% mais, moins accentué, proche de la normale, au centre du Bas-Rhin alors que le déficit est plus marqué, de 25% à 50%, dans le nord-est du Bas-Rhin et localement dans le Haut-Rhin, autour de Mulhouse
* pour la Champagne-Ardenne : pour les départements de la Haute-Marne et l’Aube, déficit compris entre 10% et 50%, pour la Marne, de proche de la normale une bande nord-sud à l’ouest du département à 25% de déficit alors que le bilan dans les Ardennes s’étage, de proche à la normale dans le centre-ouest à 25% de déficit sur le reste de ce département.

§ Pluies efficaces.

Le cumul des pluies efficaces est négatif et relativement homogène sur la région :
* pour la Lorraine, il est compris entre -75 mm et -25 mm sur les quatre départements
* pour l’Alsace, il est globalement compris entre -50 mm et -25 mm à l’exception du nord du Bas-Rhin où il est plus déficient, de -75 mm à -50 mm
* pour la Champagne-Ardenne, il est globalement compris entre -75 mm et -25 mm avec, localement dans le département de la Marne, une zone avec un déficit moins accentué , de -25 mm à 0 mm.

Le cumul de pluies efficaces de septembre 2018 à juin 2019 reste positif et est compris :

* pour la Lorraine, entre 100 mm (50 mm localement en Meuse et en Meurthe-et-Moselle) et 300 mm, jusqu’à 400 mm dans le nord-ouest de la Meurthe-et-Moselle et, localement dans le centre et le sud-est de la Meuse, mais jusqu’à 750 mm sur le relief vosgien
* pour l’Alsace, entre 50 mm et 100 mm dans la plaine de Strasbourg à Mulhouse, et de 100 mm à 300 mm sur le reste de l’Alsace avec un cumul encore plus marqué sur le relief vosgien, jusqu’à 500 mm sur le relief bas-rhinois et 750 mm sur celui du Haut-Rhin
* pour la Champagne-Ardenne, compris entre 100 mm (localement 50 mm dans le nord-ouest de l’Aube) et 300 mm pour les départements de la Marne, de la Haute-Marne et de l’Aube, et de 100 mm du sud du département des Ardennes jusqu’à 500 mm au nord de ce département.

§ Eau dans le sol au 01/07/2019

L’indice d’humidité des sols au 01/07/2019 est compris entre 0.25 (localement sur l’Aube, la Meuse, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle et le Bas-Rhin) et 0.55 (relief vosgien, extrême sud du Haut-Rhin et extrême nord des Ardennes).
Cela génère un écart pondéré à la normale hétérogène, entre -30% et -10% en Champagne-Ardenne (voire 0% localement dans l’Aube et +20% dans l’ouest du département de la Marne), entre -40% et -20% en Lorraine et, en Alsace, entre -30% (-50% sur le relief bas-rhinois) et -20% voire jusqu’à 0% dans l’extrême sud du Haut-Rhin.

Eaux superficielles


Sur les stations du bassin du Rhin les hydraulicités des cours d’eau pour le mois de juin 2019 sont en baisse par rapport au mois de mai et sont bien inférieures aux normales y compris sur les cours d’eau bénéficiant d’un soutien d’étiage (Doller, Thur). Les plus forts déficits sont observés sur les cours d’eau des Hautes-Vosges (entre -50% et -60% en moyenne) ainsi que sur la Zorn et le Giessen. Les déficits sur les autres cours d’eau sont de l’ordre de -40% (hydraulicité 0.4) en dehors du Rhin qui présente des débits légèrement supérieurs aux normales.
Sur le bassin de la Sarre, les débits moyens sont inférieurs aux moyennes interannuelles. Des hydraulicités de 0.5 (-50%) sont observées sur l’ensemble du cours d’eau et ses affluents.

Sur les bassins de Meuse et de la Moselle, les hydraulicités (débits moyens par rapport aux débits interannuels) des cours d’eau pour le mois de juin 2019 sont en baisse par rapport au mois de mai et ne représentent globalement que 40 à 80% des normales de saison.
Sur les secteurs de la Meuse amont et de la Moselle médiane, les débits moyens mensuels sont même inférieurs à 40% des normales pour un mois de juin.

Sur les bassins de la Seine Normandie, une baisse générale des hydraulicités est observée sur les cours d’eau par rapport au mois de mai.
Les débits moyens du mois de juin sont donc en grande majorité inférieurs à la normale avec des débits compris entre 40 et 80 % du débit moyen mensuel.

Sur le bassin du Rhin, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs se dégrade par rapport au mois précédent. Les périodes de retour sont inférieures à la décennale sèche sur l’Ill amont, la Moder, la Zorn et la Bruche.

Sur le bassin de la Sarre le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond à des périodes de retour plutôt sèches comprises entre biennal à l’amont et plus que décennal sèche sur l’aval du bassin.

Sur les bassins de la Meuse et de la Moselle, les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont globalement inférieurs au médian.
Les périodes de retour sont même inférieures à la décennale sèche sur la Moselle aval, conséquence du déficit pluviométrique observé sur ces bassins pour un mois de juin.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont globalement inférieurs au médian, ce qui était déjà le cas au moins de mai. Quelques débits de base du mois de juin sont toutefois conformes ou supérieurs à la médiane sur la Marne amont et sur la Seine amont.

Eaux souterraines


La tendance d’évolution du niveau moyen mensuel des nappes de Lorraine est globalement à la baisse et la décharge des nappes est bien marquée pour ce mois de juin. Les niveaux des nappes des calcaires sont à des valeurs proches ou légèrement inférieures à des moyennes d’un mois de juin, alors que les grés du Trias inférieur dans la partie vosgienne présentent des niveaux bas à très bas (Relanges, Gelacourt).

L’évolution des niveaux moyens de juin par rapport au mois dernier est variable en Alsace selon les secteurs de nappe. Dans le Bas-Rhin, les moyennes sont majoritairement en baisse, de -5 cm (Rossfeld), à -18 cm (Lipsheim). Seul une bande de la nappe proche du Rhin reste en légère hausse (+4 cm à Sessenheim). Les niveaux se situent dans l’ensemble autour de la moyenne, voire modérément bas (Wissembourg) ou très bas (Weitbruch) dans de rares secteurs.
Dans le Haut-Rhin, Les moyennes sont également en baisse au nord (-7 cm à Holtzwihr), dans le secteur de la Thur et le Sundgau oriental (-5 cm à Habsheim). Elles sont stables en centre plaine et plutôt en hausse sur le secteur de la Fecht ainsi que le long du Rhin (+49 cm à Fessenheim). La majeure partie du sud du département, à l’est de Mulhouse jusque dans le fossé de Sierentz montre des niveaux très bas, voire extrêmement bas, avec des minima atteints pour un mois de juin.

Les nappes en Champagne-Ardenne sont toutes dans leur phase de vidange annuelle. Les niveaux des nappes sont globalement bas à modérément bas sur la majorité des points de surveillance avec un premier piézomètre à atteindre le niveau très bas (Rhèges).
(Sources : BRGM, APRONA, Délégation de bassin Rhin-Meuse)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage global est de l’ordre de 87% pour les retenues destinées au soutien de l’étiage et de l’ordre de 77% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 95% et la retenue de Michelbach de 92%.

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.