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Prévention des risques

BSH Grand-Est mai 2018

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publié le 25 juin 2018 (modifié le 25 mai 2020)

Synthèse du mois

En dépit des précipitations orageuses de ce mois de mai qui ont touché les bassins du Rhin et de la Moselle, les écoulements dans les cours d’eau sont restés légèrement inférieurs aux normales de saison. La situation est plus favorable sur le bassin de la Meuse où les débits sont restés conformes à la moyenne pour un mois de mai.

La pluviométrie de ce mois de mai est proche de la normale sur le bassin Seine Normandie. Cependant, les pluies ne se sont pas réparties de manière homogène en raison des nombreux épisodes orageux très localisés.
Les débits des cours d’eau sont en baisse par rapport au mois d’avril mais restent proches de la moyenne interannuelle.

Les niveaux moyens des nappes du mois de mai sont globalement supérieurs aux normales avec une tendance à la baisse, ce qui est classique à cette période de l’année.

Pluviométrie

  • Pluviométrie du mois sur le bassin Rhin-Meuse

- Lorraine

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 9 et 18 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 1 et 7 jours.
La 3ème décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 94,6 mm soit un excédent global de 15,4%.

Les cumuls sont compris entre 50 mm et 150 mm en plaine et entre 100 mm et 200 mm pour le relief vosgien.

Le bilan par rapport à la normale est globalement excédentaire pour la Lorraine générant un bilan contrasté par département :
* pour la Meuse, un bilan déficitaire au nord du département, de proche à la normale jusqu’à 25% de déficit, et excédentaire au sud, de 25% à 50%
* pour la Meurthe-et-Moselle, déficitaire à l’extrême nord-ouest du département et sur une bande ouest-est au nord de Nancy, avec un déficit compris entre 10% et 25%, excédentaire jusqu’à 50% sur le reste du département
* pour la Moselle, globalement excédentaire, de 25% à 50%, voire 100% localement, mais déficitaire à l’extrême Ouest et Est du département, avec un déficit pouvant atteindre 25%
* pour les Vosges, un bilan globalement proche de la normale à l’exception d’une bande nord-sud autour d’Epinal, où l’excédent est compris entre 10% et 25%.

- Alsace

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 7 et 17 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 1 et 8 jours.
La 3ème décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 114,7 mm soit un excédent global de 17,6%.

Les cumuls sont compris entre 75 mm et 150 mm en plaine et entre 150 mm et 200 mm pour le haut relief vosgien.

Le Bilan par rapport à la normale est globalement excédentaire pour l’Alsace :
* pour le Bas-Rhin : compris entre 25% et 50% sur une large moitié Est et proche de la normale sur le reste du département.

* pour le Haut-Rhin : compris entre 10% et 25% dans la plaine haut-rhinoise entre Colmar et Mulhouse voire 50% sur une bande ouest de cette zone. Sur le reste du département, le bilan est proche de la normale.

  • Pluies efficaces sur le bassin Rhin-Meuse

Le cumul des pluies efficaces, pour la Lorraine, est compris entre -50 mm (une bande ouest-est au nord de Nancy et extrême nord-ouest de la Meurthe-et-Moselle, extrême ouest de la Moselle) et +75 mm pour le relief vosgien voire très localement +100 mm.
Le cumul des pluies efficaces, pour l’Alsace, est compris entre -25 mm (nord-ouest du Bas-Rhin) et +75 mm pour le relief vosgien voire localement +100mm.

Le cumul de pluies efficaces de septembre 2017 à mai 2018 pour la Lorraine est compris entre 300 mm et 1250 mm pour le relief voire très localement 1500 mm.
Le cumul de pluies efficaces de septembre 2017 à mai 2018 pour l’Alsace est compris entre 200 mm (plaine de Strasbourg à Mulhouse) et 1000 mm pour le relief voire très localement 1500 mm.

  • Eau dans le sol au 01/06/2018 sur le bassin Rhin-Meuse

L’indice d’humidité au 01/06/2018 des sols est compris entre 0.50 et 0.75 pour la Lorraine (entre 0.70 et 1.00 pour le département des Vosges) et globalement, entre 0.60 et 0.75 sur l’Alsace (jusqu’à 1.00 pour le relief vosgien). Cela génère un écart pondéré à la normale très hétérogène de -20% à +30% (relief haut-rhinois).

  • Pluviométrie du mois sur le bassin Seine-Normandie

La lame d’eau mensuelle agrégée sur le bassin atteint 68,6 mm pour une normale de 70,1 mm. Elle se classe au 27e rang des cumuls les plus élevés d’un mois d’avril depuis 1959 (record maximal 135.5 mm en 2016).

Aux points de grille 8x8 km issus du modèle SIM sur le bassin, les cumuls de précipitations fluctuent de 22 mm à 127 mm ; les rapports aux normales varient de 36 % à 181 %.
La Normandie est la région la moins arrosée avec 51,4 mm sur la Basse-Normandie (déficit 26 %) et 60,1 mm sur la Haute-Normandie (déficit 10 %). Les lames d’eau des autres régions sont proches des normales mensuelles avec des cumuls de 78,2 mm sur Champagne-Ardenne (+7 %), 67,8 mm sur l’Ile-de-France (+6%) et 74,2 mm sur la Picardie (+14%).

Les départements suivants accusent un déficit de plus 20 % (classement par ordre croissant des cumuls des mois de mai depuis 1959) :
- la Manche : cumul 36,6 mm, déficit 47 %, 11e rang, record 160,0 mm en 1990,
- le Calvados : cumul 48,3 mm, déficit 29 %, 20e rang, record 165,2 mm en 1981
- l’Aisne : cumul 51,0 mm, déficit 25 %, 20e rang, record 133,0 mm en 2016

Les départements suivants présentent un excédent de plus de 20 % (classement par ordre décroissant des cumuls des mois de mai depuis 1959) :
- l’Aube : cumul 86.4 mm, +22 %, 12e rang, record 145,5 mm en 1985,
- l’Oise : cumul 97.4 mm, +49 %, 6e rang, record maximal 152,7 mm en 2016,
- la Somme : cumul 79.4 mm, +27 %, 16e rang, record 138,4 mm en 2016,
- les Yvelines : cumul 84.2 mm, +35 %, 12e rang, record 179 mm en 2016.
- la Ville-de-Paris : cumul 82.5 mm, +34 %, 16e rang, record 169,6 mm en 2016,
- les Hauts-de-Seine : cumul 81.9 mm, +33 %, 15e rang, record 169,4 mm en 2016,
- la Seine-St-Denis : cumul 81.9 mm, +29 %, 13e rang, record 153,3 mm en 2016,
- le Val-de-Marne : cumul 86,0 mm, +40 %, 13e rang, record 194,7 mm en 2016.

  • Pluies efficaces sur le bassin Seine-Normandie

Les pluies efficaces agrégées sur le bassin sont de -18,8 mm et accusent un déficit de 7,5 mm. Cette valeur se classe au 24e rang des valeurs les plus basses d’un mois de mai depuis 1959 (record minimal -75.8 mm en 1989).

Aux points de grille 8x8 km issus du modèle SIM sur le bassin, les cumuls fluctuent de -67,1 mm à 40 mm ; les écarts aux normales varient de -55,2 mm à +46,9 mm.
Seule la Picardie présente un excédent de 4,9 mm (cumul -10,8 mm). Les autres régions accusent des déficits de 0,9 mm sur Champagne-Ardenne (cumul -10,5 mm), 1,3 mm sur l’Ile-de-France (cumul -16,8mm), 23,6 mm sur la Basse-Normandie (cumul -36,2 mm), 14,2 mm sur la Haute-Normandie (cumul-23,6 mm).

La Manche, avec un cumul de -50,7 mm et un déficit de 36,1 mm, présente une valeur particulièrement basse pour un mois de mai : 6e rang depuis 1959 (record minimal -71.8 mm en 1998).
Les pluies efficaces sur Paris et petite couronne sont de l’ordre de 14 mm et se classent au 12e rang des valeurs les plus fortes depuis 1959 (record maximal 111,6 mm en 2016).

Eaux superficielles

Pour les cours d’eau du bassin du Rhin, les débits du mois de mai 2018 sont en baisse par rapport au mois précédent et sont généralement en dessous des moyennes interannuelles. Les nombreux et intenses passages orageux de ce mois-ci n’ont que ponctuellement (mais parfois brusquement) fait évoluer les débits.
Ces déficits sont proches de -50% sur le Sundgau (hydraulicité 0.4 à Didenheim) ainsi que la Zorn et sur certains bassins vosgiens (Doller, Lauch et Giessen). Ailleurs ils oscillent entre -10 et -30% (Fecht, Moder, Thur et Bruche). Les débits du Rhin sont proches des normales et affichent une hydraulicité de 0.9.
Le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond à des périodes de retour comprises entre 10 ans sec (Didenheim) et 2-3 ans humides (Ostheim et Holtzheim). La majeure partie des autres stations proposent des périodes de retour 3 à 4 ans secs.
Même constat de déficit sur le bassin de la Sarre qui affiche des déficits compris entre -20 et -40% sur tout le linéaire d’amont vers l’aval.
Le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond à des périodes de retour comprises entre 3 ans humide (Sarrebourg, Keskastel) et 2-3 ans sec (Wittring et Oermingen sur l’Eichel).

Sur les bassins de la Meuse et de la Moselle, le bilan pluviométrique est globalement excédentaire en mai, avec toutefois quelques secteurs géographiques moins arrosés.
Pour ce qui concerne l’étiage, les débits indicateurs (VCN3) sont inférieurs aux valeurs de saison sur le bassin versant de la Moselle, sans toutefois atteindre des niveaux inquiétants. Les VCN3 sont conformes aux valeurs de saison sur le bassin versant de la Meuse. Le constat est le même en ce qui concerne les débits moyens, avec une situation plus favorable sur la Meuse.

Sur les cours d’eau du bassin Seine Normandie, les débits du mois de mai sont en baisse. Cependant, le débit mensuel moyen reste proche de la moyenne interannuelle des débits (entre 80 et 120 %). Le débit minimal observé se trouve à Bar-sur-Aube, avec un déficit compris entre 20 et 60 % par rapport à la moyenne.

Eaux souterraines

Les niveaux moyens de mai sont en baisse par rapport au mois dernier sur l’ensemble de la nappe d’Alsace, à l’exception des secteurs sous l’influence directe du Rhin.
Dans le Bas-Rhin, les niveaux moyens sont en baisse par rapport au mois d’avril. Suite à un fort apport orageux en deuxième semaine de mai, les niveaux moyens du secteur nord de Strasbourg sont en légère hausse (Reichstett - Lampertheim). Les périodes de retour observées sont dans l’ensemble encore très proches de la normale, ou juste en dessous.
Dans le Haut-Rhin, les niveaux sont également en baisse. Les seuls secteurs en hausse sont situés le long du Rhin. Les périodes de retour sont sur la normale en centre plaine (Hettenschlag) ou dans le secteur de la Thur, puis varient autour de la normale.
(Source : APRONA)

Avec un mois de mai soumis à une succession d’épisodes orageux, le cumul mensuel de précipitations est globalement excédentaire au niveau du bassin Rhin-Meuse, mais avec de fortes disparités, comme le nord du département de la Meuse déficitaire et le département de la Moselle excédentaire. Les niveaux des nappes des calcaires de Lorraine sont toujours à la baisse, ce qui n’est pas forcément inhabituel puisque la période de recharge des nappes est maintenant terminée. Comme pour le mois d’avril, les moyennes mensuelles du niveau des nappes du mois de mai restent à des valeurs proches de la moyenne ou modérément hautes.
(Source : DREAL Grand Est)

La situation des nappes sur le bassin Seine-Normandie est globalement similaire en terme de tendance pour mai 2018, caractéristique d’une situation de vidange généralisée des nappes. Le début de la vidange, amorcée fin mars-début avril 2018, se poursuit sur l’ensemble des nappes du bassin avec des évènements de recharge bien identifiés au début du mois de mai et/ou en milieu-fin du mois de mai sans toutefois inverser la tendance au tarissement. Au final, la situation est proche de la normale sur l’ensemble des réservoirs surveillés voire légèrement supérieure notamment en comparaison avec l’année 2017.
(Source : BRGM)

Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.

Réservoirs

Les lacs réservoirs de la région Grand Est présentent des taux de remplissage très élevés en ce début du mois de juin, que soit pour le soutien d’étiage, pour l’écrêtage des crues qui affichent un taux de remplissage en moyenne de 96%, ou les réservoirs pour l’alimentation en eau potable qui affichent un taux de 98% en moyenne. Seuls les réservoirs de soutien à la navigation présentent un taux plus faible à 88% en moyenne.
Pour les Grands Lacs de Seine, les volumes mesurés sur les lacs de l’Aube et de la Marne sont très légèrement inférieurs aux objectifs de gestion.

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée.
La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique :

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.


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