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Prévention des risques

BSH Grand-Est septembre 2018

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publié le 18 octobre 2018 (modifié le 25 mai 2020)

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, dans un contexte estival qui perdure, la pluviométrie du mois de septembre accuse encore un déficit marqué, de l’ordre de 50% pour l’Alsace et de 60% pour la Lorraine. En conséquence, les écoulements dans les cours d’eau sont encore globalement en légère baisse par rapport au mois précédent. L’impact de cet étiage prolongé est bien visible sur tous les bassins.

Sur le bassin Seine-Normandie, au mois de septembre, la pluviométrie accuse encore un déficit global compris entre 50 et 75 % en moyenne. Le rapport à la normale des précipitations du mois de septembre est proche de la normale dans le nord du département des Ardennes mais déficitaire partout ailleurs. Les débits des cours d’eau sont encore très faibles, mais ils sont globalement proche du débit médian d’un mois de septembre.

Les niveaux des nappes du mois de septembre montrent toujours une tendance à la baisse, en continuité des mois précédents. Les niveaux moyens de plusieurs nappes franchissent les normales de septembre ; pour 38% des piézomètres, les niveaux moyens mensuels atteints sont des niveaux bas à très bas. La période de recharge hivernale n’a pas encore commencée pour l’instant.

Pluviométrie

Le bilan global est déficitaire

  • Pluviométrie du mois

- Lorraine

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 2 et 6 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 2 jours.
La 3ème décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 31.6 mm soit un déficit global de 61%.

Les cumuls sont compris entre 20 mm et 50 mm en plaine et entre 50 mm et 75 mm pour le relief vosgien.

Le bilan par rapport à la normale est :
* Déficitaire pour les quatre départements et le déficit est globalement compris entre 50% et 75% voire localement moins marqué, entre 25% et 50% dans l’Est de la Moselle et dans la région à l’ouest de Verdun en Meuse.

- Alsace

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 2 et 8 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 4 jours.
La 3ème décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 38.1 mm soit un déficit global de 48%.

Les cumuls sont compris entre 30 mm et 75 mm pour le Bas-Rhin et entre 10 mm (plaine entre Colmar et Mulhouse) et 50 mm pour le Haut-Rhin voire 75 mm au plus haut du relief haut-rhinois.

Le bilan par rapport à la normale est déficitaire :
* Pour le Bas-Rhin : compris entre 25% et 50% jusqu’à 75% sur le nord-est du département mais moins marqué sur le nord-ouest, entre 10% et 25%
* Pour le Haut-Rhin : compris entre 50% et 75% à l’exception d’une bande à l’extrême ouest où il ne dépasse pas 50%.

- Champagne-Ardenne

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 1 et 7 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 3 jours.
La 3ème décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Champagne-Ardenne est de 24.9 mm soit un déficit global de 63%.

Les cumuls sont compris entre 10 mm et 30 mm pour la Marne et l’Aube, entre 20 mm et 50 mm pour les deux autres départements, voire 75 mm pour les Ardennes (nord du département).

Dans les quatre départements globalement, le bilan par rapport à la normale est déficitaire de 50% à 75% avec, localement dans la Marne et l’Aube des zones à 100%, alors que dans le nord des Ardennes le déficit est moins marqué, entre 10% et 25%.

  • Eau dans le sol au 01/10/2018

L’indice d’humidité des sols au 01/10/2018 est compris entre 0.05 (Marne) et 0.50 (haut relief des Vosges et du Haut-Rhin).
Cela génère un écart pondéré à la normale négatif et compris entre -30%, ponctuellement, et -60% voire -70% pour la Meurthe-et-Moselle, les Vosges, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin et localement dans les Ardennes, la Marne et la Moselle.
(Source : Météo France)

Eaux superficielles


Pour les cours d’eau du bassin du Rhin, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs (VCN3) est partout inférieur au médian. Les stations de Sélestat sur le Giessen, Didenheim sur l’Ill amont et Willer/Thur proposent des débits inférieurs au décennal sec.
 Sur le bassin de la Sarre, les VCN3 correspondent à des périodes de retour sèches comprises entre 5 et 10 ans sec.
Sur les bassins de la Meuse et de la Moselle, les VCN3 restent partout très inférieurs au médian. Les VCN3 de septembre affichent globalement des périodes de retour proches de 10 ans sec, à l’exception de la station de Damelevières sur la Meurthe, soutenue par le barrage de Vieux-Pré.
Sur les bassins de la Seine Normandie, les VNC3 sont globalement supérieurs ou proche du médian, à l’exception de la station de Mussey-sur-Marne où il est inférieur au médian.

Pour les cours d’eau du bassin du Rhin, les débits moyens du mois de septembre 2018 sont généralement en baisse par rapport au mois précédent en dehors du Rhin à Lauterbourg accusant tout de même encore un déficit de -45%.
Le bilan par rapport aux moyennes interannuelles est aux alentours de -30% dans le Bas-Rhin (hydraulicités entre 0,5 à Holtzheim et 0,8 à Schweighouse/Moder) et -60% dans le Haut-Rhin (hydraulicités entre 0,3 à Didenheim et 0,5 à Ostheim). Le débit du Giessen à Sélestat reste très faible avec une hydraulicité de 0,1. 
Sur le bassin de la Sarre les débits moyens sont plutôt stables sur la Sarre et en légère hausse sur le bassin versant de l’Eichel. Des hydraulicités autour de 0,5 sont généralement observés.
Sur les bassins de la Meuse et de la Moselle, les débits moyens mensuels observés en septembre restent encore nettement inférieurs aux normales de saison. La situation la plus défavorable se retrouve sur le secteur de la Moselle aval où les écoulements de ce mois affichent un déficit de plus de 60%.
Sur les bassins de la Seine Normandie, la situation est dans la continuité de celle observée au mois d’août. Les débits du mois de septembre sont globalement proche des débits mensuels moyens ou légèrement inférieurs.

Eaux souterraines


Pour les nappes en Lorraine, comme le mois de septembre est encore un mois déficitaire en précipitations, les tendances des niveaux des nappes restent orientée à la baisse, une baisse observée depuis le début de la saison d’étiage. L’absence de recharge sur la fin de période estivale continue de favoriser le phénomène de basses eaux. Les niveaux atteignent maintenant des niveaux modérément bas, voire bas à très bas comme les piézomètres de Gespunsart, Villers-en-Haye, Relanges, Gelacourt ou Xonrupt.
(Source : Délégation de bassin Rhin-Meuse)

Pour la nappe d’Alsace, l’évolution des niveaux moyens de septembre est contrastée par rapport au mois d’août et varie selon les secteurs en Alsace.

Dans le Bas-Rhin, les moyennes baissent encore un peu dans l’extrême nord et le nord jusqu’à hauteur de Haguenau, et sont plutôt à la hausse dans le reste du département. Elles demeurent cependant partout en dessous des normales saisonnières, avec des niveaux modérément bas à bas, voire très bas (Haguenau).

Dans le Haut-Rhin, les moyennes sont en hausse dans la moitié nord (+10 à +15 cm par rapport à août) et en baisse dans la moitié sud (-5 cm le long du Rhin, -25 cm à Habsheim, -45 cm à Cernay). Les niveaux sont dans l’ensemble modérément bas (Cernay ou Fessenheim), mais aussi bas (Holtzwihr, Habsheim ou Hettenschlag).
(Source : APRONA)

La situation des nappes en Champagne-Ardenne est dans la continuité des tendances observées au mois d’aout à savoir une situation de vidange généralisée des nappes.
On note un franchissement des normales avec des valeurs moyennes mensuelles qui atteignent des niveaux modéremment bas voire bas pour de plus en plus de masses d’eau. La faible voire l’absence de recharge sur la fin de la période estivale continue de favoriser le phénomène de tarissement des nappes déjà identifié les mois précédents.
Au final, la situation hydrogéologique se rapproche d’une situation de basses eaux de période de retour 5 ans sur plusieurs secteurs (Craie champagne Nord, nappe de l’Albien libre, masses d’eaux alluviales et nappes du Jurassique supérieur).
(Source : BRGM)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, la tendance à la baisse constatée le mois dernier se poursuit.
Le niveau de remplissage global est de l’ordre de 59% pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, de l’ordre de 41% pour les retenues destinées au soutien de l’étiage et de l’ordre de 39% pour les retenues destinées à la navigation.
Pour rappel, pour répondre à la double mission de soutien des étiages et de lutte contre les crues, les lacs-réservoirs Marne, Seine et Aube sont en théorie remplis du 1er novembre au 30 juin puis vidangés du 1er juillet au 31 octobre, la vidange pouvant être prolongée en cas d’étiage sévère jusqu’à début décembre. Fin septembre, les taux de remplissage des trois lacs sont proches de leur objectif de gestion.

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Établissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.