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Prévention des risques

BSH Grand-Est septembre 2020

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publié le 14 octobre 2020

Synthèse du mois

Sur le bassin Rhin-Meuse, les précipitations de ce mois de septembre affichent encore un déficit, sensiblement plus marqué en Alsace (déficit de plus de 40%) qu’en Lorraine (déficit de l’ordre de 20%). Seul le secteur nord ardennais est concerné par des cumuls supérieurs aux normales de saison. Ce manque d’eau quasi généralisé qui touche les bassins Meuse et Moselle depuis plusieurs mois consécutifs continue à impacter significativement les écoulements dans les cours d’eau. Les débits moyens mensuels (QMM) restent comme au mois précédent partout sensiblement inférieurs aux normales de saison, avec une hydraulicité encore inférieure à 0.4 sur toute la Moselle et sur la Meuse médiane. Les débits minimaux sur trois jours consécutif (VCN3), qui ont été relevés avant les pluies de la dernière décade de septembre sont eux aussi représentatifs du déficit pluviométrique cumulé important. Ils sont partout inférieurs au médian avec environ la moitié des stations qui affichent des périodes de retour dépassant le décennal sec.
Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie est inférieure à la normale d’un mois de septembre sur le sud des Ardennes et de la Haute-Marne, ainsi qu’à l’ouest du territoire, avec un déficit global de l’ordre de 25 à 50 %. Les hydraulicités sont stables par rapport au mois précédent et sont globalement comprises entre 0,2 et 0,8. La situation est également assez stable pour les débits minimaux sur trois jours consécutif (VCN3). Ils sont cependant observés en fin de la première quinzaine de septembre, du fait de l’arrivée tardive des pluies sur la deuxième moitié. Ils sont globalement inférieurs au médian sur les bassins et inférieurs au décennal sec sur plusieurs stations amont.

Les pluies de la dernière semaine de septembre n’ont eu que peu d’influence sur la tendance d’évolution des nappes et celle-ci est globalement à la baisse pour ce mois de septembre. Les niveaux moyens mensuels de la majorité des nappes atteignent maintenant des niveaux bas à très bas, à l’exception de quelques nappes qui se maintiennent encore à des niveaux modérément bas, comme les craies de Champagne ou les calcaires du Dogger. Les nappes des grès du Trias inférieur et de l’extrême sud de la plaine d’Alsace conservent des niveaux très bas consécutifs des deux dernières années de sécheresse.

Pluviométrie


BILAN GLOBAL

Les précipitations sont peu présentes et instables, puis touchent plus régulièrement et quasi quotidiennement la région à partir du 23.
Le bilan pluviométrique mensuel est conforme à la normale à déficitaire, excepté sur le massif ardennais.

PLUVIOMÉTRIE DU MOIS

Les cumuls mensuels de pluie sont compris entre 18.9 mm à Strasbourg-Entzheim (67) et 192.1 mm à Sewen-Lac Alfeld (68).

- CHAMPAGNE-ARDENNE

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Champagne-Ardenne est de 58.9 mm soit un déficit global de 13 %.
Les cumuls vont de 30 mm à 75 mm pour les départements de la Marne et de l’Aube, de 30 mm à 150 mm pour le département des Ardennes, et de 50 mm à 100 mm pour le département de la Haute-Marne.

* pour les Ardennes, le bilan se situe :
+ au-dessus de la normale sur le nord du département
+ au voisinage de la normale et en dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 50 %
* pour l’Aube et la Haute-Marne, le bilan se situe au voisinage de la normale et en dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 50 %
* pour la Marne, le bilan se situe en dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 50 %

- LORRAINE

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 63.7 mm soit un déficit global de près de 21 %.
Les cumuls vont de 30 mm à 100 mm pour les départements de la Meuse, de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, et de 50 mm à 150 mm pour le département des Vosges.

* pour la Meuse et les Vosges, le bilan se situe au voisinage de la normale et en dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 50 %
* pour la Meurthe-et-Moselle et la Moselle, le bilan se situe en dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 50 %

- ALSACE

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 42.7 mm soit un déficit global de près de 42 %.
Les cumuls vont généralement de 20 mm à 100 mm pour le département du Bas-Rhin, et de 20 mm à 150 mm voire localement plus pour le département du Haut-Rhin.

* pour le Haut-Rhin, le bilan se situe au voisinage de la normale et en dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 75 %
* pour le Bas-Rhin, le bilan se situe en dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 75 %

EAU DANS LE SOL AU 01/10/2020

La situation au 1er octobre 2020 par rapport au 1er septembre 2020 montre une très nette amélioration (moins négatif) quasiment partout sur la région, excepté sur le sud-est du Bas-Rhin et le sud et l’est du Haut-Rhin où l’on observe une aggravation de l’écart pondéré à la moyenne quotidienne de référence 1981-2010 de l’indice d’humidité des sols.

PLUVIOMÉTRIE DE SEPTEMBRE 2020

En septembre 2020, la pluviométrie globale sur la région Grand Est (58.2 mm) est inférieure de 21.1 % à la normale (73.8 mm).
Mais ce mois est plus arrosé que le mois de septembre de l’année dernière, qui avait enregistré 47.1 mm de précipitations.
Ce mois de septembre 2020 se positionne au 28ème rang des mois les moins arrosés depuis 1958, loin derrière le record bas de 1959 avec 7.0 mm.

Eaux superficielles


Sur le bassin du Rhin, les débits moyens mensuels restent encore inférieurs aux normales malgré les quelques pluies observées en fin de mois.
A l’image des trois derniers mois, les stations de Didenheim (Ill amont) et Willer-sur-Thur proposent les écoulements les plus faibles (hydraulicités inférieurs à 0.4) avec poursuite des phénomènes d’assecs sur le Giessen à Sélestat.
Sur le reste du territoire, les hydraulicités sont comprises entre 0,5 et 0,8 (Ill à l’aval de Strasbourg ainsi que sur le Rhin à Lauterbourg).

Sur le bassin de la Sarre, l’hydraulicité moyenne reste basse également. Les stations de Keskastel et Wittring sur la Sarre affichent un déficit de -50% et l’on chute même à -70% sur l’Eichel à Oermingen.

Sur les bassins Meuse-Moselle, les débits moyens mensuels sont encore inférieurs aux normales pour le mois de septembre sur l’ensemble des bassins malgré les précipitations observées.
Les débits de la premières quinzaine du mois ont, en effet, été très bas au regard des normales de saison.
Les débits moyens mensuels sont compris entre 0,3 et 0,5 par rapport aux normales pour une grande majorité des stations avec une situation un peu plus favorable pour la Meuse aval et ses affluents (Chiers).

Sur les bassins de la Seine Normandie, la situation pour les débits moyens mensuels est très proche de celle du mois d’août avec des hydraulicités globalement comprises entre 0,2 et 0,8.
La situation s’améliore uniquement à Méry-sur-Seine où l’hydraulicité est maintenant comprise entre 0,8 et 1,2.

Sur le bassin du Rhin, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs pour l’ensemble des stations est inférieur aux normales (entre 3 et 10 ans sec selon les secteurs)
mais quelques stations affichent des débits inférieurs à la décennale sèche comme à Willer-sur-Thur (influencée par les travaux en cours sur le barrage de Kruth),
Didenheim, Sélestat ou encore Schweighouse sur Moder.

Sur le bassin de la Sarre, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est généralement compris entre 5 et 10 ans sec.

Sur le bassin Meuse-Moselle, la situation d’étiage sévère se confime puisque tous les débits minimums sont inférieurs aux valeurs médianes et la majorité d’entre eux sont inférieurs aux valeurs décennales sèches.
Les temps de retour sont même inférieurs aux 20 années les plus sèches pour la Moselle aval et la Meuse aval.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont assez stables par rapport au mois de septembre et sont en grande partie inférieurs au décennal sec.
Les VCN3 sont cependant inférieurs au médian à Méry-sur-Seine et à Pont-sur-Seine et proches du médian à Châlons-en-Champagne.
Ils sont supérieurs au médian à Arcis-sur-Aube et à Bar-sur-Seine et supérieur au quinquennal humide à Frignicourt sur la Marne en aval du lac Marne.

Eaux souterraines


Sur les nappes de Lorraine, la tendance d’évolution du niveau moyen mensuel continue à la baisse et la décharge estivale se poursuit. Les niveaux moyens mensuels des calcaires sont globalement modérément bas à bas, mais certains points de mesure affichent des niveaux très bas (Epiez-sur-Meuse, Les Roises, Nubécourt). Les alluvions eux aussi, présentent des niveaux bas, seule la partie avale des alluvions de la moselle reste modérément basse. Les grés du Trias inférieur conservent encore des niveaux inférieurs aux niveaux habituellement observés à cette période en raison des deux dernières années de sécheresse de 2018 et 2019, certains niveaux sont trés bas (Gelacourt, Relanges).

L’évolution des niveaux moyens de septembre est variable par rapport au mois d’août selon les secteurs en Alsace.
Dans le Bas-Rhin, les moyennes sont en baisse sur la partie nord et la nappe du Pliocène de Haguenau, de -5 cm (Sessenheim) à -16 cm (Wissembourg), stables au nord de Strasbourg et en légère hausse à Lipsheim et sur toute la partie sud du département. Les niveaux restent localement modérément bas (Sessenheim) et bas (Lampertheim, Reichstett), mais sont majoritairement très bas sur le département, avec des minima historiques atteints à Wissembourg, Haguenau, et minima saisonniers à Lipsheim.
Dans le Haut-Rhin, les niveaux sont en hausse au nord (+11 cm à Holtzwihr), en centre plaine (+14 cm à Hettenschlag) et plutôt stables le long du Rhin à Fessenheim. La baisse est présente en bordure à Wintzenheim (13 cm), sur le secteur de Cernay (-44 cm) et la partie sud (Habsheim, Hésingue). Les niveaux sont modérément bas (Cernay, Fessenheim ou Hésingue) ou bas (Wintzenheim, Holtzwihr, Hettenschlag), et toujours extrêmement bas dans le Sundgau oriental (Habsheim).

Pour les aquifères du bassin Seine-Normandie, les nappes sont en phase de vidange depuis le mois de mars et les niveaux moyens mensuels sont tous à la baisse. Les niveaux des nappes atteignent maintenant des niveaux moyens modérément bas à bas, mais certains restent encore modérément hauts (Calcaires de Brie et de Champigny) et d’autres sont déjà à des niveaux très bas (sables de l’Albien). Les craies de Champagne atteignent des niveaux bas dans la partie nord, mais restent encore à des niveaux modérément bas dans la partie centrale et au sud.
(Sources : BRGM, APRONA, Délégation de bassin Rhin-Meuse)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage global est de l’ordre de 25% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 80% et la retenue de Michelbach de 46%. Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le remplissage est de l’ordre de 35%. A noter que le barrage de Kruth est en travaux d’entretien depuis l’automne 2019 et affiche un taux de remplissage inférieur à 10%.

Observations de l’Observatoire National des Étiages (ONDE)

L’Office Français de la Biodiversité (OFB) présente dans les Bulletins de Situation Hydrologique de bassin les observations collectées dans le cadre de l’Observatoire National Des Étiages (ONDE) qui vise à apporter de l’information sur l’évolution quantitative des ressources en eau sur des secteurs où le réseau de suivi traditionnel est moins dense.
S’il y a lieu, des éléments sur les conséquences des conditions hydro-climatiques remarquables sur les habitats et le fonctionnement des milieux aquatiques sont également présentés.

État des observations ONDE - septembre 2020 (format pdf - 882.7 ko - 12/10/2020)

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.