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Eau Biodiversité Paysage

Etat des lieux de la qualité des eaux au regard des produits phytosanitaires en Grand Est

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publié le 15 avril 2019 (modifié le 18 novembre 2019)
Le suivi de la qualité des eaux

Le suivi de la qualité des eaux de surface est essentiellement géré par les agences de l’eau.
Pour plus d’informations :

Les pesticides

Un pesticide est une substance utilisée pour lutter contre des organismes considérés comme nuisibles. Le terme pesticide comprend non seulement les « produits phytosanitaires » ou « phytopharmaceutiques » utilisés en agriculture, sylviculture et horticulture mais aussi les produits zoosanitaires, les produits de traitements conservateurs des bois, et de nombreux pesticides à usage domestique : shampoing antipoux, boules antimites, poudres anti-fourmis, bombes insecticides contre les mouches, mites ou moustiques, colliers antipuces, diffuseurs intérieurs, etc.
Au total ce sont plus de 1 000 substances actives de pesticides qui ont été mises sur le marché depuis les années 1950 en France.
Les pesticides comptent parmi les polluants préoccupants de l’eau notamment quand ils sont rémanents ou largement utilisés dans les régions très agricoles. Le suivi des pesticides et de leurs métabolites (produits de dégradation) montre qu’on retrouve des résidus de pesticides dans nombre de rivières et de nappes d’eau souterraine.

Suivi des milieux

Les différents réseaux de surveillance DCE ne prévoient le suivi que d’un nombre limité de pesticides (20 dans la qualification de l’état chimique et 24 polluants spécifiques pour la qualification de l’état écologique).
Il s’avère donc nécessaire pour les agences de l’eau de compléter la liste des molécules de pesticides recherchées pour assurer une meilleure connaissance des masses d’eau, leur état et leur évolution.

L’année 2016 est l’année de référence pour la mise en place d’indicateurs de suivi des résidus de pesticides dans les eaux au titre du plan Ecophyto en Grand Est.

En région Grand Est, le suivi est assuré par les 3 agences de l’eau (Rhin-Meuse, Rhône-Méditerranée et Seine-Normandie)
L’APRONA (Association pour la Protection de la Nappe Phréatique de la Plaine d’Alsace) réalise également des campagnes d’analyses complémentaires sur les stations suivies par l’agence Rhin-Meuse.
Les analyses réalisées dans le cadre du suivi des eaux potables de l’ARS (Agence Régionale de Santé) ne sont pas prises en compte dans ce bilan.

Réseau de suivi pour les eaux superficielles :

  • 530 stations
  • jusqu’à 500 molécules suivies en fonction des programmes et des bassins
  • fréquence de 4 à 26 campagnes/an

Réseau de suivi pour les eaux souterraines :

  • 510 stations suivies
  • jusqu’à 500 molécules suivies en fonction des programmes et des bassins
  • fréquence de 4 à 20 campagnes/an

Les résultats

• Eaux superficielles

En Grand Est, on note la large prédominance des herbicides ou de leurs métabolites, représentant à eux seuls plus de la moitié des 20 substances phytosanitaires les plus quantifiées. Seuls 2 fongicides figurent dans ce top 20, les insecticides en sont totalement absents. En outre, parmi ces substances fréquemment retrouvées, près d’un tiers des molécules sont actuellement interdites. Plus précisément, les trois substances majoritaires sont l’AMPA quantifiée sur plus de 80 % des 531 stations du réseau de suivi, le glyphosate sur 77 % des stations et le diflufenicanil sur 67 %.
Les substances sont globalement identiques d’un territoire à l’autre, même si leur fréquence de quantification d’un territoire à l’autre varie.

Sur chaque station en eaux superficielles de la région Grand Est, on détecte au minimum une substance phytosanitaire. Le maximum est de 90 substances phytosanitaires quantifiées en un point. Le nombre moyen de substances phytosanitaires quantifiées en un point est de 26.

On constate également que la plupart des stations de la région sont touchées par plusieurs substances à la fois (plus de 75 % d’entre elles enregistrent plus de 10 substances).

• Eaux souterraines :

En Grand Est, on constate une forte prédominance des substances interdites, avec une large part de l’atrazine et ses métabolites, qui occupent les deux premiers postes des substances phytosanitaires les plus régulièrement quantifiées (métabolites de l’atrazine pour 73 % des 510 stations, atrazine pour 52 %) Les métabolites du métolachlore viennent compléter ce trio de tête (34 % des 510 stations). Ce constat s’explique pour les eaux souterraines par les temps de transfert et de renouvellement lents dans ce milieu.

Il est intéressant de noter que dans la région Grand Est, sur chaque point de suivi en eaux souterraines, on quantifie au minimum une substance active.
Le maximum de quantifications en un seul point est de 58 substances phytosanitaires, la valeur moyenne est de 8 substances phytosanitaires quantifiées par point de suivi.

Contrairement aux eaux superficielles, les eaux souterraines de la région sont atteintes par un moins grand nombre simultané de substances (19 % d’entre elles dénombrent plus de 10 substances).

Pour plus de confort de lecture, les graphiques et cartes présentés ci-dessus sont repris avec une meilleure qualité dans les fiches PDF annexées au bas de cet article.

Télécharger :

  • Etat_ESU (format pdf - 1.4 Mo - 25/04/2019)
  • Etat_ESO (format pdf - 979.1 ko - 25/04/2019)