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Prévention des risques

BSH Grand-Est août 2018

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publié le 17 septembre 2018 (modifié le 25 mai 2020)

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, comme les mois précédents, la pluviométrie du mois d’août accuse un déficit marqué, de l’ordre de 65% pour l’Alsace et proche de 80% pour la Lorraine.
Les écoulements dans les cours d’eau sont représentatifs de ce déficit prolongé, en baisse par rapport au mois de juillet. L’étiage est bien installé sur tous les bassins.

Au mois d’août, la pluviométrie accuse encore un déficit de près de 70 % en moyenne sur le bassin Seine Normandie. Le rapport à la normale des précipitations du mois d’août est en grande partie déficitaire sauf dans le sud de la Haute-Marne où il est légèrement excédentaire.
La baisse des débits des cours d’eau s’est poursuivie mais ils sont globalement proches du débit médian d’un mois d’août.

Les niveaux des nappes du mois d’août montrent toujours une tendance à la baisse, ce qui est classique à cette période de l’année, mais les niveaux moyens de plusieurs nappes franchissent les normales d’août, pour atteindre à certains piézomètres des niveaux bas à très bas.

Pluviométrie

Le bilan Global est déficitaire.

  • Pluviométrie du mois

- Lorraine

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 6 et 12 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 5 jours.
La 3ème décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 59.3 mm soit un déficit global de 78%.

Les cumuls sont compris entre 30 mm et 75 mm en plaine et entre 75 mm et 100 mm pour le relief vosgien.

Le bilan par rapport à la normale est :
* Déficitaire pour la Meuse, la Meurthe-et-Moselle et les Vosges et le déficit est globalement compris entre 10% et 50%
* Hétérogène pour la Moselle, avec un déficit sur une large moitié Est, compris entre 10% et 50%, et un excédent à l’ouest compris entre 10% et 25%.

- Alsace

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 4 et 13 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 4 jours.
La 3ème décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 46.1 mm soit un déficit global de 65%.

Les cumuls sont compris entre 20 mm et 75 mm pour le Bas-Rhin et entre 30 mm et 75 mm pour le Haut-Rhin voire 100 mm au plus haut du relief haut-rhinois.

Le Bilan par rapport à la normale est déficitaire :
* Pour le Bas-Rhin : compris entre 10% et 50% jusqu’à 75% sur le nord-est du département
* Pour le Haut-Rhin : compris entre 25% et 50% excepté à l’extrême sud où il ne dépasse pas 25%.

- Champagne-Ardenne

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 5 et 12 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 4 jours.
La 1ère décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Champagne-Ardenne est de 48.9 mm soit un déficit global de 72%.

Les cumuls sont compris entre 10 mm et 75 mm et pour la Haute-Marne entre 30 mm et 150 mm.

Le Bilan par rapport à la normale est déficitaire de 10% à 75% voire 100% très localement dans l’Aube.
Cependant, en Haute-Marne, il passe d’un déficit au nord, de 25% à 50%, à un excédent au sud, de 10% à 50%.

  • Pluviométrie de septembre 2017 à août 2018

Pour cette période, le bilan est :
* pour la Lorraine : proche à la normale pour les Vosges et la Meurthe-et-Moselle (avec un léger déficit, de -10% à -25%, dans le sud-est) , hétérogène pour la Meuse de -25% à +25% et excédentaire pour la Moselle jusqu’à +25%
* pour l’Alsace : pour le Bas-Rhin, de proche à la normale à +25% d’excédent et pour le Haut-Rhin, homogène et proche de la normale à l’exception de la région autour de Mulhouse déficitaire jusqu’à -25%
* pour la Champagne-Ardennes : excédentaire de proche à la normale à +25%, voire +50% très localement en Haute-Marne.

  • Pluies efficaces.

Le cumul des pluies efficaces est négatif pour la Marne, l’Aube et le Bas-Rhin, globalement compris entre -25 mm et 0 mm.
Il est contrasté sur les autres départements avec des zones négatives et également comprises entre -25 mm et 0 mm et des zones positives jusqu’à 25 mm.

Le cumul de pluies efficaces de septembre 2017 à août 2018 est compris :

* entre 200 mm et 1250 mm (relief) pour la Lorraine.
* entre 100 mm et 1000 mm (relief) pour l’Alsace.
* entre 200 mm et 750 mm pour la Champagne-Ardenne.

  • Eau dans le sol au 01/09/2018

L’indice d’humidité des sols au 01/09/2018 est compris entre 0.05 (Marne) et 0.50 (Vosges et Haut-Rhin).
Cela génère un écart pondéré à la normale négatif et compris entre -10%, ponctuellement, et -60% voire -70% localement pour le Bas-Rhin et - 80% très localement pour la Marne.

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles


Pour les cours d’eau du bassin du Rhin, les débits moyens du mois d’août 2018 poursuivent leur baisse par rapport au mois précédent. Le bilan par rapport aux moyennes interannuelles est généralement aux alentours de -30 à -50% mais des secteurs comme l’Ill amont à Didenheim ou la Lauch à Guebwiller atteignent des déficits supérieurs à -60%. Enfin le Giessen à Sélestat se retrouve à sec durant plusieurs journées et l’hydraulicité reste inférieure à 0.2.
Le Rhin à Lauterbourg accuse un déficit de -55% environ et atteint pour le second mois consécutif sont plus faible débit mensuel sur 25 ans de chronique.
Le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est presque partout inférieur au médian. Ici encore les stations de Sélestat sur le Giessen et Lauterbourg sur le Rhin se distinguent avec des débits au décennal sec.
Sur le bassin de la Sarre les débits moyens sont en baisse sur tout le linéaire surtout sur le bassin versant de l’Eichel accusant un déficit d’environ -65% à Oermingen.
Le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond à des périodes de retour sèches comprises entre 3-4 ans secs sur la Sarre et 10 ans sec sur l’Eichel.

Sur les bassins Meuse-Moselle, les débits sont globalement en baisse par rapport au mois de juillet, avec des écoulements moyens partout nettement inférieurs aux normales de saison.
La situation la plus défavorable se retrouve sur les têtes de bassins vosgiens où le débit moyen mensuel représente moins de 40% des normales pour un mois d’août.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (VCN3) affichent partout des périodes de retour supérieures ou égales à 10 ans sec, à l’exception de la station de Damelevières sur la Meurthe, soutenue par le barrage de Vieux-Pré.

Sur les cours d’eau du bassin Seine Normandie, la situation du mois d’août est dans la continuité de celle du mois de juillet 2018. Les débits sont globalement en baisse mais le débit mensuel moyen reste proche de la moyenne interannuelle des débits. Pour les VCN3 du mois d’août, il sont proches du médian et les dates d’observation sont situées en fin de période.

Eaux souterraines


Avec un troisième mois consécutif en déficit pluviométrique, les niveaux des nappes du bassin Rhin-Meuse sont toujours à la baisse, sur la prolongation des mois de juin et juillet, ce qui correspond à une situation de vidange estivale des nappes. Leurs niveaux restent encore autour de la normale ou modérément sec en majorité, mais certains piézomètres de tête de bassin comme Gelacourt (période de retour proche des 28 ans secs) ou sur des nappes alluviales comme Gespunsart (période de retour proche des 25 ans secs) affichent un niveau très bas.

(Source : Délégation de bassin Rhin-Meuse)

Pour la nappe d’Alsace, les niveaux moyens d’août sont encore en baisse par rapport au mois de juillet sur l’ensemble du territoire alsacien, à l’exception des secteurs directement influencés par le Rhin.

Dans le Bas-Rhin, les moyennes se situent partout en dessous des normales saisonnières, variant autour d’un niveau décennal sec, ce qui correspond à des niveaux bas (Sessenheim, Haguenau ou Rossfeld), voire très bas (à Lipsheim).

Dans le Haut-Rhin, la baisse est plus importante (de -20 à -40 cm par rapport à juillet), sauf le long du Rhin (+6 cm à Fessenheim). Les niveaux sont dans l’ensemble modérément bas (Cernay et Fessenheim), ou bas (Hettenschlag et Habsheim). Le nord du département est le plus touché par le manque de précipitations (niveau très bas à Holtzwihr : presque vicennal).

(Source : APRONA)

Pour les nappes du bassin Seine-Normandie, la situation est dans la continuité des tendances observées au mois de juillet, à savoir une situation de vidange généralisée des nappes.
Les faibles précipitations sur la période estivale, voire l’absence sur certaines décades, accentue le phénomène de tarissement d’une partie des nappes déjà identifiée les mois précédents (Craie champagne Nord, nappe de l’Albien, masses d’eaux alluviales et nappes du Jurassique supérieur). Les autres secteurs de la craie champenoise présentent quant à eux, encore des niveaux hauts à autour de la moyenne.

(Source : BRGM, Délégation de bassin Rhin-Meuse)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs

Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, la tendance à la baisse constatée le mois dernier se poursuit. Cette baisse est plus marquée pour les ouvrages destinés au soutien d’étiage et à la navigation.
Le niveau de remplissage global est de l’ordre de 69% pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, de l’ordre de 59% pour les retenues destinées au soutien de l’étiage et de l’ordre de 50% pour les retenues destinées à la navigation.

Liens utiles…..


Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

La banque hydro :
http://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine G


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