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Prévention des risques

BSH Grand-Est décembre 2018

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publié le 15 janvier 2019 (modifié le 25 mai 2020)

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, les précipitations observées en décembre ont généré un apport conséquent dans tous les cours d’eau, ce qui a entrainé une augmentation générale des écoulements moyens mensuels. Néanmoins, cet apport n’est pas suffisant pour résorber le déficit d’écoulement qui reste encore bien présent sur de nombreux bassins.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (VCN3) qui ont été observés en début de mois, avant que les pluies ne fassent réagir les cours d’eau, restent à des valeurs très faibles pour la saison.

Au mois de décembre, sur la bassin Seine-Normandie, la pluviométrie est supérieure à la normale sur les départements des Ardennes et de la Haute-Marne et légèrement déficitaire sur l’Aube et la Marne.
Les débits des cours d’eau sont encore à un niveau bas pour la période et ils sont globalement inférieurs au débit médian d’un mois de décembre.

Avec une situation météorologique plus favorable au mois de décembre, la période de recharge des nappes a commencé avec un mois de retard. Globalement, les niveaux moyens mensuels ont une tendance à la hausse par rapport au mois précédent, à l’exception de quelques piézomètres ayant un temps de réaction plus long. Les niveaux restent souvent inférieurs aux niveaux observés pour un mois de décembre.

Pluviométrie

Décembre 2018

Bilan Global / Excédentaire

§ Pluviométrie du mois

- Lorraine

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 13 et 21 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 1 et 9 jours.
La 1ère décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 133.2 mm soit un excédent global de 23%.
Le cumul annuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 855 mm soit un déficit global de 15%.

Les cumuls sont compris entre 100 mm et 200 mm voire 300 mm sur le relief vosgien.

Le bilan par rapport à la normale est excédentaire pour les quatre départements :

* pour la Moselle, l’excédent atteint de 1.5 à 2 fois la normale sur une bande nord-sud à l’extrême ouest et sur le nord-est du département et s’étage de proche à la normale à 1.5 fois la normale du sud-est au nord-ouest du département

* en Meurthe-et-Moselle, le bilan excédentaire est compris entre 125% et 150% sur la moitié nord, voire 200% à l’extrême nord-ouest, et entre 110% et 125% sur la motié sud

* pour la Meuse, l’excédent, compris entre 10% et 50% sur la moitié nord du département, voire localement 100%, est proche de la normale et ne dépasse pas 25% sur la moitié sud

* dans le département des Vosges, le bilan est proche de la normale à l’exception du relief vosgien où l’excédent est compris entre 10% et 50%.

- Alsace

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 9 et 21 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 13 jours.
La 1ère décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 102.4 mm soit un excédent global de 15%.
Le cumul annuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 763 mm soit un déficit global de 15%.

Les cumuls sont compris entre 30 mm et 150 mm en plaine et 150 mm et 250 mm sur le relief vosgien voire 300 mm sur le haut relief.

Le bilan par rapport à la normale est hétérogène :

* Pour le Bas-Rhin : excédentaire, compris entre 110% et 125% sur la moitié nord du département mais plus accentué de 125% à 150% sur la moitié sud

* Pour le Haut-Rhin : déficitaire en plaine dans la région au sud de Colmar, de 10% à 50%, proche de la normale au sud de Mulhouse et excédentaire, de 110% à 150%, sur une frange ouest et à l’extrême sud du département.

- Champagne-Ardenne

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 12 et 21 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 10 jours.
La 1ère décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Champagne-Ardenne est de 103.5 mm soit un excédent global de 16%.
Le cumul annuel de précipitations agrégées pour la Champagne-Ardenne est de 835 mm soit un déficit global de 4%.

Les cumuls sont compris entre 50 mm et 100 mm sur la Marne et l’Aube et entre 100 et 150 mm sur la Haute-Marne puis entre 75 mm et 200 mm sur les Ardennes.

Le Bilan par rapport à la normale est disparate :

* Pour la Haute-Marne : l’excédent est compris entre 10% et 25% sur les trois-quart du département, et est plus marqué dans le sud, entre 25% et 50%

* Pour l’Aube : proche de la normale, voire localement déficitaire de 10% à 25%, au nord d’une ligne sud-ouest/nord-est et excédentaire de 110% à 125% au sud de cette ligne

* Pour la Marne : le bilan est globalement proche de la normale voire déficitaire, de 10% à 25% au sud-ouest et nord du département

* Pour les Ardennes : l’excédent, compris entre 10% et 25% au nord et au sud du département, atteint sur une bande centrale ouest-est 25% à 50% voire 100% à l’ouest de cette bande.

§ Pluviométrie de septembre à décembre 2018

Pour cette période, le bilan est déficitaire sur tout le Grand Est :

* pour la Lorraine : compris en moyenne entre 25% et 50% à l’exception d’une bande à l’extrême ouest de la Moselle où il est moins accentué, de 10% à 25%, et d’une bande nord-sud autour d’Epinal où il est plus marqué, de 50% à 75%

* pour l’Alsace : sur toute la région, globalement compris entre 25% et 50%

* pour la Champagne-Ardenne : déficit compris entre 25% et 50% pour les départements de la Haute-Marne, de l’Aube et de la Marne (avec un déficit plus faible, de 10% à 25%, au nord-ouest de ce département) mais moins accentué, de 10% à 25% sur les Ardennes avec même une zone proche de la normale au centre-ouest du département.

§ Pluies efficaces.

Le cumul des pluies efficaces est positif sur toute la région :

* pour la Lorraine, il est majoritairement compris entre 75 mm et 125 mm mais est plus marqué, de 125 mm à 200 mm, sur une bande à l’extrême ouest et au nord-est de la Moselle, au nord-ouest de la Meuse et sur le relief vosgien où il atteint 250 mm.

* pour l’Alsace, il est globalement compris entre 25 mm et 125 mm voire 150 mm sur le relief bas-rhinois et 250 mm sur le relief haut-rhinois.

* pour la Champagne-Ardenne, il est plus contrasté : globalement compris entre 50 mm et 100 mm sur la Marne et l’Aube, entre 75 mm et 125 mm (ponctuellement 150 mm) sur la Haute-Marne, entre 125 mm et 200 mm sur la moitié nord des Ardennes alors que la moitié sud ne dépasse pas 100 mm.

Le cumul de pluies efficaces de septembre à décembre 2018 reste positif et est compris :

* pour la Lorraine, entre 100 mm et 200 mm voire 300 mm localement et sur le relief vosgien

* pour l’Alsace, entre 25 mm et 50 mm dans la plaine au sud de Colmar puis de 50 mm à 200 mm sur le reste de la région voire 300 mm sur le relief haut-rhinois

* pour la Champagne-Ardenne, globalement entre 100 mm et 200 mm à l’exception du nord des Ardennes où le cumul atteint jusqu’à 300 mm.

§ Eau dans le sol au 01/01/2019

L’indice d’humidité des sols au 01/01/2019 est compris entre 0.35 (Haut-Rhin) et 0.95 (Moselle, Meurthe-et-Moselle, Meuse et Haute-Marne), voire 1.00 (relief vosgien et nord des Ardennes).
Cela génère un écart pondéré à la normale négatif et d’amplitude augmentant entre l’ouest et l’Est de la région : il est compris globalement entre 0% et -30% sur la Champagne-Ardenne, atteint -40% sur la Lorraine et -60% sur l’Alsace.

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles


Les pluies du mois de décembre ont permis une augmentation généralisée des débits moyens mensuels sur l’ensemble des cours d’eau du bassin du Rhin.
Les rivières issues des massifs vosgiens (Thur, Doller, Fecht, Doller ou Bruche) et Alpin (Rhin) retrouvent des hydraulicités proches des normales entraînant, par propagation, des débits conforment aux moyennes sur l’Ill de plaine.
Sur les autres secteurs (Ill amont, Giessen, Moder ou Zorn) la situation s’améliore mais les débits observés sont encore déficitaires (entre -40 et -60% selon les cours d’eau).
Sur le bassin de la Sarre les débits moyens sont en augmentation sans pour autant atteindre les moyennes interannuelles. Des hydraulicités autours de 0.4 (déficit de -60%) sont généralement observées.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les débits moyens observés au mois de décembre sont en hausse et se rapprochent de la normale. Ce mois-ci, le rapport des débits sont majoritairement comprise entre 80 et 100 % du débit moyen mensuel. Cependant, de nombreuses stations sont encore déficitaires.

Sur les bassins Meuse et Moselle, les pluies du mois de décembre ont permis une augmentation sensible des débits moyens mensuels par rapport au mois de novembre.
Pour les bassins de la Moselle-amont, de la Meuse-aval et de la Chiers notamment, ces débits moyens sont proches de la normale pour un mois de décembre.
Pour le bassin de la Moselle-aval et celui de la Meuse amont, si les débits moyens mensuels sont en augmentation, les écoulements observés restent encore déficitaires par rapport aux normales (entre -60 et -20%).

Sur le bassin du Rhin le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs se situe pour la plupart des stations en tout début de mois avant les pluies. Les périodes de retour restent donc très sèches jusqu’à des valeurs décennales.
Sur le bassin de la Sarre le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond au début de mois avant les pluies. Les périodes de retour sont comprises entre 3 et 10 ans sec.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont globalement inférieurs au médian. Toutefois, la station de Méry-sur-Seine sur la Seine est supérieure au médian.

Sur le bassin Meuse Moselle, les débits minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs pour le mois de décembre sont observés avant les pluies et sont dans la continuité de ceux observés en novembre. Ils restent très inférieurs aux valeurs normales pour un mois de décembre et correspondent à des périodes de retour pour la plupart supérieures à 10 ans sec.

Eaux souterraines


Avec une situation météorologique redevenue plus favorable en décembre, la recharge des nappes de Lorraine a commencé avec un mois de retard. avec des Bien qu’ayant globalement une tendance à la hausse, les niveaux moyens mensuels sont à des niveaux encore inférieurs à des moyennes d’un mois de décembre ; certains piézomètres restent à des niveaux très bas (piézomètre de Essegney, Gelacourt, Voyer, Dommartin-les-Touls).
(Source : Délégation de bassin Rhin-Meuse)

Les niveaux moyens de décembre sont en hausse par rapport à ceux du mois de novembre dans la majeure partie de l’Alsace, à l’exception de quelques secteurs du Haut-Rhin.
Dans le Bas-Rhin, les moyennes sont partout en hausse, mais restent inférieures aux normales de saison. Les niveaux varient de modérément bas, à très bas. Dans le Haut-Rhin, les moyennes sont en hausse au nord, en légère baisse en centre plaine et en baisse plus importante le long de Rhin, dans le Sundgau oriental et en bordure à l’ouest de Colmar. Les niveaux vont de modérément bas à très bas.
(Source : APRONA)

Les nappes en Champagne-Ardenne possèdent toutes des tendances générales à la hausse pour le mois de décembre (à quelques points de surveillance près). Les niveaux, encore bas pour beaucoup de secteur sont en cours de remontée depuis fin novembre traduisant une recharge généralisée des aquifères.
(Source : BRGM)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, la tendance à la baisse constatée le mois dernier s’est inversée avec les pluies tombées au mois de décembre. Le taux de remplissage de tous les réservoirs est maintenant à la hausse.
Le niveau de remplissage global est de l’ordre de 34% pour les retenues destinées au soutien de l’étiage et de l’ordre de 44% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 84% et la retenue de Michelbach de 63%.
Pour rappel, pour répondre à la double mission de soutien des étiages et de lutte contre les crues, les lacs-réservoirs Marne, Seine et Aube sont en théorie remplis du 1er novembre au 30 juin puis vidangés du 1er juillet au 31 octobre, la vidange pouvant être prolongée en cas d’étiage sévère jusqu’à début décembre. Fin septembre, les taux de remplissage des trois lacs sont proches de leur objectif de gestion.

Liens utiles…..


Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

La banque hydro :
http://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Gra