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Prévention des risques

BSH Grand-Est décembre 2020

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publié le 18 janvier 2021

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, en dépit des précipitations relativement abondantes de la seconde quinzaine de décembre, les écoulements dans les cours d’eau restent encore très majoritairement impactés par le déficit pluviométrique cumulé depuis plusieurs mois.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (VCN3) qui ont été observés en début de mois sont partout sensiblement inférieurs au médian, avec des périodes de retour dépassant le décennal sec sur de nombreux secteurs. La Moder affiche même un VCN3 de l’ordre de 20 ans sec à Schweighouse/Moder.
Si les débits moyens mensuels qui ont bénéficié des pluies de la fin du mois s’améliorent par rapport au mois précédent, ils restent tout de même en grande majorité inférieurs à la moyenne interannuelle. Le déficit d’écoulement de ce mois de décembre est encore bien visible, notamment sur la Sarre, le Giessen et la Zorn. La situation est plus favorable sur les secteurs plus arrosés de l’IlL et de la Meuse ardennaise.

Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie a été très supérieure à la normale d’un mois de décembre sur l’ensemble du territoire, avec un excédent global de l’ordre 26.5 %.
Les hydraulicités sont en amélioration par rapport au mois précedent et sont globalement comprises entre 0.4 et 0.8. Elles sont cependant comprises entre 0.2 et 0.4 sur l’aval de l’Aube.
La situation se reste stable pour les débits minimaux sur trois jours consécutif (VCN3). Ils sont globalement inférieurs au médian.

Avec un mois de décembre excédentaire en précipitations, la tendance d’évolution du niveau des nappes est globalement à la hausse à l’échelle de la région. Les niveaux moyens mensuels restent cependant pour de nombreuses nappes à des niveaux modérément bas à bas, ainsi presque 80% des stations de mesure affichent des niveaux inférieurs à la moyenne. Les nappes des grés du Trias inférieur et de la plaine d’Alsace dans le Bas-Rhin restent encore très marquées par l’étiage de cet été.

Pluviométrie


BILAN GLOBAL DU MOIS DE DECEMBRE 2020

Le bilan pluviométrique mensuel est globalement excédentaire sur le nord et l’ouest de la région et au voisinage de la normale à déficitaire à l’est.

§ PLUVIOMETRIE DU MOIS

Les cumuls mensuels de pluie sont compris entre 43 mm à Sélestat (67) et Colmar-Meyenheim (68) et 326.8 mm à Sewen-Lac Alfeld (68).

- CHAMPAGNE-ARDENNE

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Champagne-Ardenne est de 112.9 mm, soit un excédent global de 26.5 %.

Les cumuls sont compris entre 75 mm et 150 mm pour les départements de l’Aube, de la Marne et de la Haute-Marne, et entre 100 mm et 200 mm pour le département des Ardennes.
Le bilan se situe :
* pour le département de la Haute-Marne, au voisinage et au-dessus de la normale avec un excédent compris entre 10 % et 25 %,
* pour le département de l’Aube, au voisinage et au-dessus de la normale avec un excédent compris entre 10 % et 50 %,
* pour le département de la Marne, au voisinage et au-dessus de la normale avec un excédent compris entre 10 % et 100 %,
* pour le département des Ardennes, au-dessus de la normale avec un excédent compris entre 25 % et 100 %

- LORRAINE

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 109.9 mm, soit un excédent global de près de 1.7 %.

Les cumuls sont compris entre 75 mm et 150 mm pour les départements de la Meuse, de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, et entre 75 mm et 200 mm pour le département des Vosges.
Le bilan se situe :
* pour le département de la Meurthe-et-Moselle :
+ au voisinage de la normale et en dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 50 % sur le sud,
+ au voisinage de la normale et au-dessus de la normale avec un excédent compris entre 10 % et 100 % sur le nord
* pour le département de la Moselle :
+ au voisinage et en dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 50 % sur le sud-est,
+ au-dessus de la normale avec un excédent compris entre 10 % et 50 % ailleurs
* pour le département des Vosges, au voisinage de la normale et en-dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 25 %,
* pour le département de la Meuse, au voisinage et au-dessus de la normale avec un excédent compris entre 10 % et 50 %

- ALSACE

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 74.4 mm soit un déficit global de près de 16.4 %.

Les cumuls sont compris entre 50 mm et 150 mm pour le département du Bas-Rhin, et entre 50 mm et 200 mm voire très localement plus pour le département du Haut-Rhin.
Le bilan se situe au voisinage et en dessous de la normale avec un déficit compris entre 10 % et 25 %

§ EAU DANS LE SOL AU 01/01/2021

La situation au 1er janvier 2021 par rapport au 1er décembre 2020 montre une amélioration du niveau d’humidité des sols pour l’ensemble de la région Grand Est.
La plaine alsacienne, l’Est de la Moselle et le Nord de la Meuse ont encore un écart accentué par rapport à la normale.

§ PLUVIOMETRIE DE DECEMBRE 2020

En décembre 2020, la pluviométrie globale sur la région Grand Est (105.4 mm) est supérieure de 9 % à la normale et se situe au 20ème rang des mois de décembre les plus arrosés depuis 1959.
Ce mois est également moins arrosé que le mois de décembre de l’année dernière, qui avait enregistré 127.6 mm de précipitations.

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles


Hydraulicité :
Sur le bassin du Rhin, les débits moyens mensuels ont généralement évolué à la hausse par rapport au mois de novembre, notamment sur les bassins du massif Vosgien. Cette évolution s’explique par l’apparition de quelques pluies en fin d’année. Comme le mois dernier, le bilan pluviométrique en Alsace reste déficitaire (-16%).
En conséquence, pour les stations du Haut-Rhin, les hydraulicités varient de 0.7 en moyenne pour les cours d’eau issus du massif (Doller, Thur, Lauch, Fecht) jusqu’à 0.3 (déficit de 70%) pour l’Ill amont à Didenheim.
Pour celles du Bas-Rhin, les hydraulicités sont comprises entre 0.5 (Bruche, Moder) et 0.3 (pour le Giessen à Sélestat ou la Zorn à Waltenheim). Des débits moyens mensuels proches des normales sont observés sur l’Ill à Strasbourg ou le Rhin à Lauterbourg.

Sur le bassin de la Sarre, l’hydraulicité reste basse. Toujours impacté par un déficit pluviométrique, ce bassin enregistre une hydraulicité moyenne de 0.3 (déficit de 70%).

Sur les bassins de la Meuse et de la Moselle, les précipitations de la deuxième quinzaine du mois de décembre ont conduit à une amélioration de la situation en terme de débits moyens des cours d’eau.
Le bilan pluviométrique est proche des normales à l’amont des bassins et légèrement excédentaire à l’aval notamment pour la partie ardennaise de la Meuse.
Toutefois, compte tenu de la faiblesse des débits en début de mois, les débits moyens restent inférieurs aux débits moyens internannuels pour l’ensemble des stations à l’exception de celles de la Meuse aval.
Les hydraulicités sont de l’ordre de 0.5 pour la Moselle et ses affluents et comprises entre 0.5 et 1 pour la Meuse et ses affluents.

Sur les bassins de la Seine Normandie, la situation pour les débits moyens mensuels est à la hausse par rapport à celle du mois de novembre et les hydraulicités sont globalement comprises entre 0.4 et 0.8. Cependant, l’aval de l’Aube présente des valeurs plus basses, comprises entre 0.2 et 0.4.

VCN3 :
Sur le bassin du Rhin, le débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs s’observe en début de mois. Les valeurs sont majoritairement inférieures au médian mais les secteurs de l’Ill amont, du Giessen ou plus généralement les cours d’eau du Nord Alsace affichent des débits moyens minimaux très inférieurs aux normales (20 ans sec à Schweighouse/Moder).

Sur le bassin de la Sarre le débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est généralement inférieur au médian, notamment sur la Sarre à Keskastel et à Wittring (+10 ans sec).

Sur les bassins Meuse-Moselle, le débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs s’observe également en début de mois pour l’ensemble des stations.
Toutes les valeurs de ces débits sont inférieures aux valeurs médianes. La faiblesse des précipitations observées durant le mois de novembre et la première quinzaine de décembre conduit à observer des débits minimaux inférieurs aux valeurs relatives au décennal sec pour la Meurthe et la Meuse médiane.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont aussi observés en début de période. Les débits de bases sont tous inférieurs au median à l’exception de la station de Méry-sur-Seine où le VCN3 est proche du médian.

Eaux souterraines


Le déficit pluviométrique du mois de novembre se fait encore sentir sur les nappes de Lorraine, les niveaux moyens mensuels des calcaires sont globalement bas, certains points de mesure dans le Nord des calcaires de l’Oxfordien affichent encore des niveaux très bas (Beaudremont, Les Roises). Les alluvions présentent eux aussi des niveaux modérément bas à bas. Les grés du Trias inférieur conservent encore des niveaux très inférieurs aux niveaux habituellement observés à cette période en raison des périodes de sécheresse depuis 2018, certains niveaux sont trés bas (Gelacourt, Voyer, Celles-sur-Plaine). La tendance d’évolution du niveau moyen mensuel est toutefois globalement à la hausse.

L’évolution des niveaux moyens de décembre est variable par rapport au mois de novembre selon les secteurs en Alsace.
Dans le Bas-Rhin, les moyennes sont stables localement par rapport au mois dernier sur les secteurs de Weitbruch et Lampertheim (-1 à +2 cm). Partout ailleurs sur le département, les niveaux sont en hausse, de +5 cm à Sessenheim et Reichstett, à +11 cm à Lipsheim et Wissembourg, jusqu’à +13 cm à Haguenau. Les niveaux sont toujours partout inférieurs à la normale, variant de bas (Lipsheim, Rossfeld), à très bas (Wissembourg), voire extrêmement bas à Haguenau et Weitbruch.
Dans le Haut-Rhin, les niveaux sont en hausse au nord de Colmar (+5 cm à Holtzwihr) et en baisse sur tous les autres secteurs, en moyenne entre -5 et -10 cm, localement de -20 à -25 cm à Wintzenheim et Cernay. Les niveaux sont conformes à la normale le long du Rhin à Fessenheim, mais restent inférieurs à celle-ci partout ailleurs, variant dans l’ensemble de modérément bas (centre plaine, Wittenheim) à bas (secteurs nord Haut-Rhin et Thur), voire très bas à Wintzenheim (secteur Fecht) et extrêmement bas à Habsheim (Sundgau oriental).

Pour les aquifères du bassin Seine-Normandie, la tendance d’évolution du niveau moyen mensuel des nappes est majoritairement à la hausse. Les niveaux des nappes atteignent maintenant des niveaux autour de la moyenne à bas, mais certains points de mesure restent encore modérément hauts (Calcaires de Champigny à Janvilliers). Les craies de Champagne atteignent des niveaux bas dans la partie nord, modérément bas dans la partie centrale, au sud et pour la craie du Senonnais et pays d’Othe.
(Sources : BRGM, APRONA, Délégation de bassin Rhin-Meuse)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage global est de l’ordre de 39% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 79% et la retenue de Michelbach de 96%. Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le remplissage est de l’ordre de 30%. A noter que le barrage de Kruth est en travaux d’entretien depuis l’automne 2019 et affiche un taux de remplissage inférieur à 10%.

Liens utiles…..


Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

La banque hydro :
http://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine G