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Prévention des risques

BSH Grand-Est juillet 2019

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publié le 13 août 2019

Synthèse du mois

Sur le bassin Rhin-Meuse, la situation hydrologique s’est encore dégradée comparé à juin. Le contexte estival marqué en juillet, avec des températures élevées et un déficit pluviométrique important a un impact très net sur les écoulements des cours d’eau.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (VCN3) sont partout inférieurs au médian et dépassent sur de nombreux sites la décennale sèche. En ce qui concerne les écoulements moyens mensuels, ils sont en moyenne 50% plus bas que les normales de saison, avec quelques secteurs plus impactés dans le Sud Est du bassin où les déficits dépassent 80%.

Au mois de juillet sur le bassin Seine-Normandie, la pluviométrie a été globalement déficitaire avec des valeurs inférieures à 25 % de la normale à l’exception du nord de la Marne et du Sud de l’Aube où elle est comprise entre 25 et 75 % de la normale.
Le débit moyen mensuel des cours d’eau est encore en baisse par rapport au mois de juin. Les valeurs sont inférieures à la normale sur la totalité du territoire.

La décharge des nappes de la région se poursuit et tous les piézomètres sont maintenant à la baisse. Les niveaux moyens mensuels des nappes sont inférieurs à ceux d’un mois de juillet, les nappes de la craie de Champagne, la nappe d’Alsace au sud de Colmar et les Grés du Trias dans la partie vosgienne affichent des valeurs de niveau nettement inférieures aux valeurs observées pour un mois de juillet.

Pluviométrie


BILAN GLOBAL DE JUILLET 2019

Le mois de juillet 2019 est marqué par un déficit pluviométrique très important.
La sécheresse déjà installée sur le Grand Est en juin s’est encore accentuée au cours de ce mois.

§ PLUVIOMETRIE

Les cumuls mensuels de précipitations varient de 3 mm à Nonsard-Lamarche (55) à 117,1 mm au Lac Blanc (68) à 1080 m d’altitude. Ils se situent généralement très en dessous de la normale, avec des déficits pouvant atteindre par endroits plus de 90 % en Meuse, Haute-Marne et Moselle :
• déficit de 95 % à Nonsard (55) – 3 mm
• déficit de 94 % à Busson (52) – 5 mm
• déficit de 94 % à Kappelkinger (57) – 4,2 mm
Seul le sud du Haut-Rhin (Sundgau) enregistre des quantités de précipitations supérieures à la normale de 10 % environ, notamment en raison des pluies orageuses enregistrées en fin de mois.

A Charleville-Mézière (08), Bouy/Orvin (10) et Dosnon (10), la pluviométrie de ce mois arrive au 1er rang des cumuls les plus faibles pour un mois de juillet, depuis le début des séries.

Orages les 26 et 27 juillet 2019

Le 26, des orages éclatent sur le département de l’Aube, apportant localement des cumuls de pluie supérieurs à 30 mm :
- 32.2 mm à Ailleville (10)
- 44.2 à Les Riceys (10)

L’Alsace est aussi concernée par une situation pluvio-orageuse le 26, apportant sur certaines localités d’importantes quantités de précipitations. Des orages éclatent à nouveau sur le sud et le centre de l’Alsace le 27. Ils sont localement très forts et accompagnés de précipitations soutenues. Par endroits, les quantités en 24 heures dépassent les 40 mm.

Le 26 juillet 2019
- SEWEN – LAC ALFELD (68) - 620 m : 73.1 mm
- GERARDMER (88) - 675 m : 40.1 mm
- VAGNEY (88) - 805 m : 49.6 mm

Le 27 juillet 2019
- BERGHEIM-INRA (68) -309 m : 59.0 mm
- LUCELLE (68) - 690 m : 51.7 mm
- ORBEY LAC BLANC (68) -1080 m : 44.4 mm
- ROUFFACH (68) - 208 m : 54.0 mm
- TROIS-EPIS (68) - 656 mm : 57.9 mm

Champagne Ardenne

 

La pluviométrie mensuelle agrégée sur la Champagne Ardenne s’élève à seulement 16.4 mm, ce qui correspond à un déficit par rapport à la normale de 77 %. La sécheresse déjà installée en Champagne Ardenne s’accentue encore.
Les cumuls de juillet 2019 varient de 5 mm à Busson (52) à 40.9 mm à Auberive (52).

Lorraine

 

Le cumul mensuel des précipitations moyenné sur la Lorraine est de 22.5 mm, ce qui correspond à un déficit global de 81 % par rapport à la valeur statistique. La sécheresse s’aggrave, car depuis avril 2019, les précipitations mensuelles sont restées sous la normale.
La pluviométrie de juillet 2019 aux postes varie de 3 mm à Nonsard-Lamarche (55) à 99.4 mm à Vagney (88).

Alsace

 

Le cumul mensuel global des précipitations en Alsace est de 49 mm, ce qui entraîne un déficit de 38 % par rapport à la valeur statistique. C’est le troisième mois consécutif avec une pluviométrie inférieure à la normale.
Les valeurs mensuelles aux postes sont comprises entre 20.4 mm à Berg (67) et 117.1 mm au Lac Blanc (68).

§ PLUIES EFFICACES

Le cumul des pluies efficaces est majoriatirement négatif, avec des déficits de plus de 25 mm sur les trois-quart de la région. Seuls les plus hauts sommets dans le sud du massif des Vosges semblent épargnés par ce déficit.

§ EAU DANS LE SOL AU 1er AOUT 2019

C’est sur la moitié sud du massif des Vosges et le sud du Haut-Rhin que l’indice d’humidité de sols est le plus élevé. Ailleurs, il est faible, avec des valeurs qui tendent très localement vers 0. Lorsque cet indice est proche de 0, le sol est très sec.

PLUVIOMETRIE DE SEPTEMBRE 2018 A JUILLET 2019

La pluviométrie du 1er septembre 2018 au 31 juillet 2019 se situe généralement en dessous de la normale, avec des déficits pouvant aller jusqu’à 45 %, comme à Busson (52) et Roville-aux-Chênes (88). Cest le département du Haut-Rhin qui enregistre les plus faibles déficits :
- 4 % au Lac Blanc (68)
- 12 % à Munster (68).
Le cumul de précipitations agrégées sur 11 mois arrive au 9e rang des valeurs les plus faibles sur la période de septembre à juillet, depuis 1958.

Edité dans l’état de la base de données du 02/08/2019

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles

Sur les stations du bassin du Rhin les hydraulicités des cours d’eau pour le mois de juillet 2019 accusent à nouveau une nette baisse par rapport au mois précédent. Les hydraulicités sont bien inférieures aux normales y compris sur les cours d’eau bénéficiant d’un soutien hydraulique (Doller, Thur). La situation est assez homogène avec des déficits autour de -60 % en moyenne sur l’ensemble des cours d’eau excepté l’Ill aval soutenue. Le Giessen à Sélestat observe un déficit encore plus fort avec -88 %. Le Rhin présente des débits légèrement en dessous des normales (-10%).
Sur le bassin de la Sarre, les débits moyens sont très inférieurs aux moyennes interannuelles à l’exception de la Sarre amont. Des déficits de plus de 50 % sont observés sur l’aval du bassin avec même -70 % sur l’Eichel.

Sur les bassins de Meuse et de la Moselle, la situation des débits moyens du mois de juillet est assez simulaire à celle de juin avec, pour la majorité des stations, des débits inférieurs à la normale de -20 à - 60% par rapport à la normale.
Pour la Moselle aval et la Meuse amont la quasi absence de précipitations sur le mois de juillet conduit à observer des débits moyens inférieurs à 40 % par rapport à la normale.

Sur les bassins de la Seine Normandie, la situation est assez stable pour les hydraulicités par rapport au mois de juin.
Les débits moyens du mois de juillet restent en grande majorité inférieurs à la normale avec des débits compris entre 40 et 80 % du débit moyen mensuel.

Sur le bassin du Rhin, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs atteint des valeurs exceptionnelles sur de nombreux secteurs. Les périodes de retour sont inférieures à la décennale sèche sur l’Ill amont, la Moder, la Zorn et le Giessen. Ce dernier présente même un assec de 3 jours à la station de Sélestat.
Sur le bassin de la Sarre le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond à des périodes de retour plutôt sèches comprises entre biennale et plus que décennale sèche.

Sur les bassins de la Meuse et de la Moselle, les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont globalement inférieurs au médian comme pour le mois de juin.
Les périodes de retour sont même inférieures à la décennale sèche sur la Moselle aval, conséquence du déficit pluviométrique observé sur ces bassins pour un mois de juillet.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont globalement inférieurs au médian, ce qui était déjà le cas au moins de juin. Quelques débits de base du mois de juillet sont toutefois supérieurs au médian pour les cours d’eau bénéficiant d’un soutien d’étiage. La situation se dégrade pour les station de Mussey et de Saint-Saturnin où le débit de base est maintenant inférieur au décennal sec.

Eaux souterraines


La tendance d’évolution des nappes de Lorraine est à la baisse et la décharge des nappes se poursuit pour ce mois de juillet. Les niveaux des nappes des calcaires sont à des valeurs modérément basses par rapport à des moyennes d’un mois de juillet à l’exception de certains piézomètres qui affichent des valeurs basses (Fréville, Stainville, Epiez-sur-Meuse ou Nubécourt). Les grés du Trias inférieur dans la partie vosgienne présentent quant à eux, des niveaux bas à très bas (Relanges, Gelacourt).

Dans toute l’Alsace, les niveaux moyens de juillet sont en baisse par rapport au mois de juin.
Dans le Bas-Rhin, les moyennes sont désormais partout en baisse, de -10 cm à Weitbruch, de -20 à -24 cm à Rossfeld, Sessenheim et Haguenau, jusqu’à -29 à -34 cm à Wissembourg, Reichstett et Lipsheim. Tous les secteurs sont en déficit par rapport aux normales, avec des niveaux dans l’ensemble modérément bas à bas, voire localement très bas au sud de Strasbourg.
Dans le Haut-Rhin, Les niveaux sont partout inférieurs aux normales saisonnières, en baisse de -7 cm le long du Rhin (Fessenheim), -20 cm dans le Sundgau oriental (Habsheim), -30 cm en centre plaine, jusqu’à -44 cm dans le secteur de la Thur (Cernay). Ils sont majoritairement bas, voire très bas, notamment au nord de Colmar (Holtzwihr) et dans la partie sud du département, qui présente toujours des niveaux historiquement bas (70 ans sec à Habsheim).

Les nappes en Champagne-Ardenne sont toujours en phase de vidange en ce mois de juillet 2019. Les niveaux des nappes sont globalement bas à très bas sur la majorité des points de surveillance à l’exception des aquifères du Tertiaire dont les niveaux restent moyens.
(Sources : BRGM, APRONA, Délégation de bassin Rhin-Meuse)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage global est de l’ordre de 71% pour les retenues destinées au soutien de l’étiage et de l’ordre de 59% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 90% et la retenue de Michelbach de 67%.

Liens utiles…..


Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

La banque hydro :
http://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.