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Prévention des risques

BSH Grand-Est juin 2020

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publié le 15 juillet 2020 (modifié le 20 juillet 2020)

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, même si les précipitations orageuses de ce mois de juin ont eu un effet sensible sur les cours d’eau, les débits moyens mensuels restent partout inférieurs aux valeurs de saison. Un déficit d’écoulement de l’ordre de 70% est même observé sur certains secteurs.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (VCN3) restent aussi en grande majorité sensiblement inférieurs aux normales de saison, avec des périodes de retour dépassant localement la décennale sèche.


Au mois de juin sur le bassin Seine-Normandie, la pluviométrie a été globalement inférieure à la normale avec le passage d’orages très localisés. On observe ainsi un déficit 25 % sur la Marne et l’Aube et de 25 à 50 % sur les Ardennes. Les débits moyens mensuels des cours d’eau sont proches de ceux observés le mois précédent et restent globalement proches de 0.5. Les débits de bases sont en légère amélioration sur les cours d’eau bénéficiant d’un soutien d’étiage. Ils restent globalement inférieurs au médian.


La tendance d’évolution des nappes est globalement à la baisse pour ce mois de juin, ce qui signifie que la période de décharge est maintenant bien installée. Les niveaux moyens mensuels de la majorité des nappes atteignent maintenant des niveaux modérément bas à bas, à l’exception de quelques nappes qui se maintiennent encore autour de la moyenne. Les nappes des grès du Trias inférieur et du sud de l’Alsace conservent des niveaux bas consécutifs des deux dernières années de sécheresse.

Pluviométrie


BILAN GLOBAL DE JUIN 2020

Des conditions instables dominent en juin 2020, apportant de nombreuses averses parfois orageuses, des températures conformes à la normale et un temps peu ensoleillé.

PLUVIOMETRIE DU MOIS

Après des mois d’avril et de mai peu arrosés, juin 2020 est beaucoup plus humide. La pluviométrie globale de ce mois sur la région Grand Est (77,4 mm) est supérieure de 6 % à la normale (72,9 mm).
Ce mois est plus arrosé que l’année dernière, qui avait enregistré seulement 52,2 mm de précipitations.

Les cumuls mensuels de pluie varient de 26,8 mm à Saulces-Champenoises (08) à 180,5 mm au Lac d’Alfeld (68). Ces forts écarts de la pluviométrie sont dus aux orages assez nombreux qui ont éclaté sur la région au cours de ce mois.

Au cours de ce mois de juin, les orages sont assez fréquents et principalement observés le 4 sur l’Alsace et la Lorraine, les 12 et 16 sur la Lorraine, le 17 sur le nord-est de la Moselle et le nord du Bas-
Rhin, le 27 sur la Champagne-Ardenne et la Lorraine et les 3 et 26 sur tout le territoire.
Ils sont parfois accompagnés de forts cumuls de précipitations :
- 34.4 mm à Ribeauvillé (68) le 3
- 48.0 mm à Turquestein-Blancrupt (57) le 17
- 59.2 mm à Lembach (67) le 17
- 63.4 mm à Dommartin-aux-Bois (88) le 17
- 37.0 mm à Banogne-Recouvrance (08) le 26
- 36.0 mm à Mourmelond-Grand (51) le 26
- 38.1 mm à Nancy-Ochey (54) le 26

Le 17, les quantités d’eau recueillies en deux ou trois heures sont conséquentes :
- 30.2 mm à Dambach (67) en trois heures
- 39.2 mm à Val d’Ajol (88) en deux heures
- 48.8 mm à Dommartin-aux-Bois (88) en deux heures.

Seules les journées du 1er, 2, 22, 23, 24 et 30 juin restent sèches sur l’ensemble de la région Grand Est.

EAU DANS LE SOL AU 01/07/2020

La situation au 1er juillet 2020 par rapport au 1er juin 2020 montre globalement une évolution à la hausse de l’écart pondéré à la moyenne quotidienne de référence 1981-2010 de l’indice d’humidité des sols.
Sur cette période, l’indice d’humidité des sols agrégé sur le Grand Est reste tout de même inférieur au 1er décile, sauf du 17 au 22 juin où il passe au-dessus.

PLUVIOMETRIE DE SEPTEMBRE 2019 A JUIN 2020

Sur la période de septembre 2019 à juin 2020, la pluviométrie agrégée sur le Grand Est (831,2 mm) est supérieure à la normale de 6 % et se positionne au 20e rang des valeurs les plus élevées depuis 1959, avec 259 mm de moins que le record haut de 1983 (1090 mm).
L’an dernier sur la même période, la pluviométrie moyenne s’élevait à 620,9 mm et plaçait cette période au 10e rang des valeurs les plus faibles depuis 1959, le record bas datant de 1976 (458,1 mm).

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles


Sur le bassin du Rhin, les passages pluvieux - orageux du mois de juin permettent d’observer une moyenne pluviométrique mensuelle conforme aux normales.
Les hydraulicités restent cependant en dessous des moyennes saisonnières sur tout le territoire.
Des hydraulicités comprises entre 0.6 et 0.8 sont observées sur le Rhin et le Haut-Rhin constituant un léger rebond par rapport aux mois précédents.
Sur le Bas-Rhin, la tendance est plutôt stable (hydraulicité moyenne entre 0.5 et 0.6) avec la station de Sélestat (Giessen) qui reste sur un déficit plus marqué (-70%).

Sur le bassin de la Sarre, une stabilisation autour d’un déficit de 50% (hydraulicité 0.5) est généralement observée.

Sur les bassins Meuse-Moselle, les précipitations orageuses répétées de juin ont eu un effet sensible sur les cours d’eau, en limitant notamment le déficit d’écoulement sur les secteurs de la Moselle, de la Meurthe et du Madon qui affichent ce mois une hydraulicité supérieure à 0.50.
Le bassin de la Meuse, moins arrosé, présente des écoulements ne représentant que 30% de la moyenne interannuelle sur la partie amont et environ 60% sur la partie aval.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les précipitations observées au mois de juin sont proches de la normale. La situation évolue très peu par rapport au mois précédent. Les hydraulicités restent globalement proches de 0.4. A Outre-Aube sur l’Aube, à Mussey-sur-Marne et à Frignicourt sur la Marne, à Villiers-sur-Suize sur la Suize les Hydraulicités restent comprises entre 0.2 et 0.4. A Saint-Saturnin sur la Superbe, l’hydraulicité est en baisse et est maintenant comprise entre 0.4 et 0.8.

Sur le bassin du Rhin, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est assez hétérogène selon les secteurs touchés ou non par les passages orageux.
On observe en général des valeurs inférieures aux débits de base (entre 3 et 5 ans sec) mais quelques stations proposent encore
des débits inférieurs à la décennale sèche comme la Thur à Willer/Thur ou le Rhin à Lauterbourg.

Sur le bassin de la Sarre, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est compris entre 2 et plus que 10 ans sec notamment sur l’Eichel à Oermingen.

Sur les bassins Meuse-Moselle, de nombreuses stations affichent des valeurs de débits minimaux sur trois jours consécutifs (VCN3) comprises entre Q5 et Q10 sec.
La situation la plus défavorable se retrouve sur la Moselle et sur la Meurthe (+de 10 ans sec à Custines, Saint Dié et Damelevières) et à l’inverse, la situation la plus favorable se retrouve sur le secteur
de la Meuse aval et de la Chiers, avec des VCN3 proches du médian.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont en légère amélioration par rapport au mois précédents, notamment sur les cours d’eau bénéficiant d’un soutien d’étiage.
Les débits sont globalement inférieurs au médian. Cependant, à Méry-sur-Seine sur la Seine et à Chevrières sur L’Aire, les débits de base sont proches du médian.

Eaux souterraines


Sur les nappes des calcaires de Lorraine, la tendance d’évolution du niveau moyen mensuel continue à la baisse et la décharge estivale est maintenant bien marquée. Les quelques pluies tombées durant du mois de juin n’ont eu que peu d’influence sur les niveaux moyens des nappes. Les niveaux moyens mensuels sont globalement modérément bas. Les alluvions eux aussi, sont à la baisse et présentent des niveaux bas. Les grès du Trias inférieur sont également à la baisse et conservent encore des niveaux inférieur aux niveaux habituellement observés à cette période en raison des deux dernières années de sécheresse de 2018 et 2019, certains niveaux sont très bas (Gelacourt).

L’évolution des niveaux moyens de juin par rapport à ceux du mois de mai est variable seront les secteurs en Alsace.
Dans le Bas-Rhin, les moyennes sont très majoritairement en baisse, surtout au nord du département et sur la nappe du Pliocène (de -17 cm à Haguenau et Sessenheim, jusqu’à -26 cm à Wissembourg), mais aussi au nord de Strasbourg (-16 cm à Reichstett). La baisse est plus modérée au sud de Strasbourg (-8 cm à Lipsheim), ou en bordure à Lampertheim (-9 cm). Dans le sud du département (Rossfeld), les niveaux sont stables par rapport à mai. Les niveaux restent toujours proches des normales saisonnières à Sessenheim, mais ailleurs, ils varient entre modérément bas et bas (pour Haguenau, Weitbruch et Lampertheim).
Dans le Haut-Rhin, la moitié nord du département est en légère hausse, ainsi que les secteurs influencés par le Rhin. (+16 cm à Fessenheim). Les secteurs de Wittenheim (-14 cm), de Cernay (-33 cm) et toute la partie sud sont en baisse. Les niveaux sont encore localement autour de la moyenne à Wittenheim et Cernay, mais dans l’ensemble, ils sont modérément bas. Le Sundgau oriental reste encore très bas (Habsheim).

les nappes sont en phase de vidange depuis la moitié du mois de mars ou début avril suivant leur réactivité. Les niveaux moyens mensuels sont globalement autour de la moyenne, voire modérément modérément bas (Alluvions et Albien), seuls les calcaires de Brie et de Champigny restent encore modérément hauts. Les Calcaires du Jurassique ont des niveaux autour de la moyenne ou modérément bas.

Pour les aquifères du bassin Seine-Normandie, les nappes sont en phase de vidange depuis le mois de mars et les niveaux moyens mensuels sont à la baisse. Les niveaux des nappes sont globalement moyens, modérément hauts (Calcaires de Brie et de Champigny) ou modérément bas (Alluvions, Calcaires du Jurassique et Albien) voire bas sur certains points de surveillance.
(Sources : BRGM, APRONA, Délégation de bassin Rhin-Meuse)


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage global est de l’ordre de 57% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 95% et la retenue de Michelbach de 99%. Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le remplissage est de l’ordre de 78%. A noter que le barrage de Kruth est en travaux d’entretien depuis cet automne et affiche un taux de remplissage inférieur à 10%.

Observations de l’Observatoire National des Étiages (ONDE)

L’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) présente dans les Bulletins de Situation Hydrologique de bassin les observations collectées dans le cadre de l’Observatoire National Des Étiages (ONDE) qui vise à apporter de l’information sur l’évolution quantitative des ressources en eau sur des secteurs où le réseau de suivi traditionnel est moins dense.
S’il y a lieu, des éléments sur les conséquences des conditions hydro-climatiques remarquables sur les habitats et le fonctionnement des milieux aquatiques sont également présentés.

État des observations ONDE - Juin 2020 (format pdf - 1.1 Mo - 20/07/2020)

Liens utiles…..


Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

La banque hydro :
http://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.