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Prévention des risques

BSH Grand-Est novembre 2019

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publié le 17 décembre 2019

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, les précipitations de ce mois de novembre ont entrainé une augmentation des écoulements dans les cours d’eau.
En dépit de cet apport, les débits moyens mensuels restent encore sensiblement inférieurs aux normales de saison, notamment sur les secteurs du Bas-Rhin, de la Sarre, de la Meuse amont et de la Moselle aval.
En ce qui concerne les débits moyens sur trois jours consécutifs (VCN3), ils restent majoritairement inférieurs au médian sur la partie nord-est du bassin Rhin-Meuse, où les précipitations ont été déficitaires durant ce mois.


Au mois de novembre sur le bassin Seine-Normandie, la pluviométrie a été globalement excédentaire avec des valeurs en moyenne supérieures de 100 % de la normale sur la moitié ouest du territoire.
Le débit moyen mensuel des cours d’eau est globalement en augmentation par rapport au mois d’octobre et se rapproche de la normale. Ponctuellement, de légers déficits sont encore observés.


La période de recharge des nappes souterraines a commencé sur l’ensemble de la région. Pour les nappes ayant commencé à remonter au mois d’octobre, les niveaux moyens mensuels sont revenus à des niveaux comparables à ceux d’un mois de novembre. Les nappes de la craie de Champagne, la nappe d’Alsace au sud de Colmar et les Grès du Trias dans la partie vosgienne affichent encore des valeurs de niveau inférieures aux valeurs observées pour un mois de novembre.

Pluviométrie


Novembre 2019

Bilan Global
Excédentaire sur toute la région à l’exception de l’Alsace.

§ Pluviométrie du mois

- Lorraine

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 12 et 22 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 10 jours.
La 1ère décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 98.3 mm soit un excédent global de 10%.

Les cumuls sont compris entre 50 mm et 150 mm voire 200 mm sur le relief vosgien.

Le bilan par rapport à la normale est hétérogène suivant les départements :
* pour la Moselle, le bilan est excédentaire sur une large moitié ouest, compris entre 110% et 125%, et déficitaire sur le reste du département, de 10% à 25% et jusqu’à 50% sur l’extrême sud-est
* en Meurthe-et-Moselle, le département affiche un excédent plus accentué sur une large moitié nord du département, de 110% à 125%, et jusqu’à 150% sur l’extrême nord-ouest, alors que la moitié sud présente une valeur proche de la normale voire un déficit à l’extrême sud-est du département, de 10% à 50%
* pour la Meuse, l’excédent varie de 110% à 150% sur le nord-ouest et sud-est du département mais la valeur reste proche de la normale dans le sud-ouest du département et même déficitaire dans le nord-est, de 10% à 25%
* dans les Vosges, le département affiche une valeur proche de la normale sur une moitié ouest jusqu’à Épinal mais l’excédent est plus marqué vers l’Est au-delà d’Épinal, de 110% à 125%.

- Alsace

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 5 et 19 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 10 jours.
La 1ère décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour l’Alsace est de 59.5 mm soit un déficit global de 20%.

Les cumuls sont compris entre 30 mm (20 mm pour le Bas-Rhin) et 150 mm voire 200 mm sur le relief haut-rhinois.

Le bilan par rapport à la normale est disparate sur les deux départements :
* Pour le Bas-Rhin : le bilan est déficitaire, de 25% à 75% sur une large moitié nord et de 10% à 25% sur le reste du département
* Pour le Haut-Rhin : le département affiche majoritairement une valeur proche de la normale avec, cependant, une zone déficitaire, de 10% à 25%, d’Altkirch à Saint-Louis, et une bande excédentaire, de 110% à 125%, sur la limite ouest du département.

- Champagne-Ardenne

Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 1 mm est compris entre 10 et 21 jours.
Le nombre de jours de pluie supérieure ou égale à 10 mm est compris entre 0 et 6 jours.
La 1ère décade est plus arrosée que les deux autres.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Champagne-Ardenne est de 99.3 mm soit un excédent global de 30%.

Les cumuls sont compris entre 75 mm et 150 mm.

Le bilan par rapport à la normale est excédentaire sur tous les départements :
* Pour la Marne : l’excédent est globalement homogène et compris entre 150% et 2 fois la normale avec, cependant, un excédent moins marqué sur les limites nord et Est du département, de proche à la normale à 150%
* Pour l’Aube : le bilan excédentaire présente un excédent plus marqué sur la moitié nord, de 150% à 200%, alors que le reste du département montre une valeur comprise entre 125% et 150%
* Pour la Haute-Marne : le département affiche un bilan excédentaire compris entre 110% et 125%, avec dans le sud du département, une valeur proche de la normale
* Pour les Ardennes : le bilan excédentaire est homogène dans tout le département, de 110% à 125%, avec localement quelques plages plus marquées, de 125% à 150%.

§ Pluies efficaces.

Le cumul des pluies efficaces est positif sur toute la région :
* pour la Lorraine, il est compris entre 50 mm (25 mm en Moselle) et 100 mm sur la Moselle, 125 mm sur la Meurthe-et-Moselle et la Meuse voire 200 mm sur le relief vosgien
* pour l’Alsace, il est compris entre 25 mm (0 mm pour le Bas-Rhin) et 100 mm avec jusqu’à 200 mm sur le relief haut-rhinois
* pour la Champagne-Ardenne, il est compris entre 50 mm et 100 mm pour la Marne et la Haute-Marne et entre 50 mm et 125 mm pour l’Aube et les Ardennes.

§ Eau dans le sol au 01/12/2019

L’indice d’humidité des sols au 01/12/2019 est compris entre 0.50 (localement dans le Bas-Rhin) et 1.00 sur de larges plages dans les départements des Vosges, de la Meuse et des Ardennes et plus localement sur les autres départements.

Cela génère un écart pondéré à la normale disparate, à la fois négatif et positif pour chaque département à l’exception du Bas-Rhin globalement négatif, et des Ardennes et de la Marne, tous deux positifs :
* entre -30% et 0% dans le Bas-Rhin
* entre -30% et +20% en Meurthe-et-Moselle
* entre -20% et +20% en Moselle et Meuse
* entre -10% et +20% dans les Vosges et le Haut-Rhin
* entre -10% et +10% dans la Haute-Marne
* entre -10% et +30% dans l’Aube
* entre 0% et +30% dans les Ardennes
* entre 0% et +40% dans la Marne.

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles


L’évolution des débits moyens des cours d’eau alsaciens pour le mois de novembre 2019 est contrastée. En effet, dans le Haut-Rhin, les précipitations observées ont maintenu des débits conformes aux normales et même excédentaires sur quelques cours d’eau du massif vosgiens (Thur ou Lauch).
Par conséquent, l’Ill de plaine a bénéficié de ces apports et affiche une hydraulicité de 1. Le Rhin propose également un niveau conforme aux normales.
En revanche, le débit moyen des cours d’eau du Bas-Rhin reste inférieur aux moyennes du fait de précipitations déficitaires sur toute la partie Nord du domaine. Le Giessen à Sélestat reste le cours d’eau avec le plus grand déficit (hydraulicité de 0.35).

Sur le bassin de la Sarre, à l’image des cours d’eau du Bas-Rhin, les débits moyens sont encore nettement inférieurs aux moyennes interannuelles. Une hydraulicité de 0.4 est observée en moyenne sur le bassin ce bassin.

Si la Meuse aval présente une hydraulicité proche voire supérieure à la normale pour un mois de novembre, les débits à l’amont du bassin sont encore inférieurs au débit interannuel (entre 40% et 80 %)
Pour le bassin de la Moselle, c’est l’inverse qui est observé : les débits moyens sont globalement en dessous des débits moyens interannuels (entre 40 et 80%) sur la partie aval tandis que sur l’amont du bassin et les affluents (Orne et Madon) les hydraulicités sont
proches ou supérieures aux normales.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les précipitations régulières du mois précédent ont permis une amélioration de la situation en novembre.
Les débits mensuels du mois sont proches de la normale sur les bassins de la Marne et de l’Oise (entre 80 et 120 % du débit moyen interannuel) mais encore inférieurs à la normale sur les bassin de l’Aube et de la Seine (entre 40 et 80 % du débit moyen interannuel).

Sur le bassin du Rhin, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs suit la tendance des débits avec des périodes de retour normales à humides dans le Haut-Rhin et plutôt sèches dans le Bas-Rhin.

Sur le bassin de la Sarre, le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond à des périodes de retour plutôt sèches notamment sur la Sarre à Keskastel (5-10 ans sec).

Sur les bassins de la Meuse et de la Moselle, la situation sur les débits minimums sur trois jours consécutifs reste plutôt hétérogènes entre l’amont et l’aval.
Les VCN3 observés sont globalement proches du médian sur la Meuse voire supérieurs au médian pour la station frontalière de Chooz.
Pour le bassin de la Moselle, les VCN3 sont globalement inférieurs ou proches du médian à l’exception de la tête du bassin versant vosgienne (VCN3 supérieur au quinquennal humide).

Sur les bassins de la Seine Normandie, les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont en amélioration par rapport au mois d’octobre. Les débits de base sont globalement proches ou supérieurs au médian. La situation est cependant plus défavorable sur certains petits affluents où le débit de base est inférieur au médian.

Eaux souterraines


Les nappes des calcaires de Lorraine poursuivent leur période de recharge en ce mois de novembre et la tendance d’évolution du niveau moyen mensuel des nappes est à la hausse. Suivant les secteurs, les niveaux moyens mensuels sont à des valeurs allant de modérément basses à modérément hautes, certains piézomètres restent à des valeurs basses (Essegney, Grandvillers). Concernant les grès du Trias Inférieur, la recharge a également commencé, mais les niveaux restent encore bas à très bas (Gelacourt, Celles-sur-Plaine).

Les niveaux moyens de novembre sont majoritairement en hausse par rapport au mois précédent en Alsace, à l’exception de quelques secteurs de bordures. Dans le Bas-Rhin, les moyennes sont en hausse de +7 cm au nord à Sessenheim et Reichstett, +10 cm dans le sud du département à Rossfeld, +12 cm à Haguenau (nappe du Pliocène), jusqu’à +18 cm à Lipsheim et +21 cm à Wissembourg. Deux secteurs sont en légère baisse, à Weitbruch (sud de la Moder) et Lampertheim (Souffel). Les niveaux sont encore partout inférieurs aux normales de saison et varient de la moyenne (Reichstett, Rossfeld) à bas (Haguenau et Lipsheim), voire très bas (Weitbruch). Dans le Haut-Rhin, les moyennes sont en hausse au nord (+17 cm), en centre plaine (+9 cm), ainsi que dans les secteurs de Wittenheim et de la Thur à Cernay (+21 cm). La baisse se poursuit le long du Rhin (-18 cm à Fessenheim) et dans le secteur de la Fecht (-7 cm à Wintzenheim). Les niveaux sont autour de la moyenne (Holtzwihr, Wittenheim) ou modérément bas (Hettenschlag, Fessenheim, Cernay) et localement bas à Wintzenheim (Fecht). A l’exception de Wittenheim, tous les secteurs haut-rhinois restent encore en dessous des normales saisonnières.

Les nappes en Champagne-Ardenne ont commencé leur phase de recharge pour le mois de novembre et les niveaux moyens mensuels sont globalement en hausse ou stables par rapport au mois précédent. Les niveaux des nappes sont en amélioration par rapport au mois d’octobre, mais certains d’entre eux restent encore bas à très bas. Sur les nappes de la craie, près de 45% des piézomètres sont encore à des niveaux très bas ou bas.
(Sources : BRGM, APRONA, Délégation de bassin Rhin-Meuse)


Une liste des piézomètres de la région Grand Est est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage global est de l’ordre de 32% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 84% et la retenue de Michelbach de 66%. Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le remplissage est de l’ordre de 14%. Pour les grands lacs de Seine, la baisse des niveaux se poursuit, mais est en lien avec le rôle d’écrêtage des crues de ces ouvrages. Leur niveau de remplissage global atteint ainsi seulement 15%.

Liens utiles…..


Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

La banque hydro :
http://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.