Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner article  desabonner article
Prévention des risques

BSH Grand Est décembre 2021

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 17 janvier 2022 (modifié le 19 janvier 2022)

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, bien que les cumuls de précipitations de ce mois de décembre affichent encore un léger déficit, la situation hydrologique générale s’améliore par rapport à novembre.
Les rapports d’hydraulicité de ce dernier mois de l’année se rapprochent des normales de saison et se situent majoritairement entre 0.7 et 0.9.
L’évolution des débits minimaux sur trois jours consécutifs (VCN3) est plus hétérogène. Une nette amélioration des VCN3 est observée sur les têtes de bassins des Vosges et du Haut-Rhin, alors que la situation évolue peu sur les bassins situés plus à l’aval.


Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie a été légèrement inférieure à la normale pour un mois de décembre avec un déficit global de l’ordre 5 %. Le cumul de précipitations est compris entre 52 mm dans le sud des Ardennes et 138 mm au nord de la Haute-Marne.
Les hydraulicités sont en hausse par rapport au mois précédent et sont conformes à la normale.
Les débits minimaux sur trois jours consécutif (VCN3) sont assez hétérogènes sur les différentes stations et globalement proches du médian.


Globalement, les nappes de la région poursuivent leur phase de recharge entamé fin novembre, voire durant le mois de décembre pour les nappes les moins réactives. Les niveaux sont globalement légèrement inférieurs aux valeurs observées pour un mois de décembre, probablement du fait d’un retard de la recharge.

Pluviométrie


Même si le mois de décembre est le plus arrosé depuis le mois d’août 2021, il l’est encore insuffisamment comparé aux valeurs statistiques. Le bilan mensuel (88 mm) se rapproche de la normale (96,9 mm) mais fait suite à un automne particulièrement sec, amputé d’un tiers de sa pluviométrie habituelle, la faute aux mois de septembre et novembre particulièrement boudés par les précipitations.

Depuis le début de l’année hydrologique 2021/2022 (le 1er septembre 2021), le cumul des précipitations agrégées sur la région Grand Est (244 mm) se situe près de 30 % en dessous de la normale et arrive en 15e position des valeurs les plus basses depuis 1959, sur la même période.

I. PLUVIOMETRIE

La pluviométrie de décembre 2021 moyennée sur la grande région tend à se rapprocher de sa valeur habituelle. Elle y serait parvenue avec une dizaine de millimètres supplémentaires. Ce déficit pluviométrique succède à quatre années d’excédents ; il faut remonter à décembre 2016 pour retrouver un sévère déficit pluviométrique de 87 %.

C’est l’Alsace qui se place en tête des déficits ; vient ensuite la Lorraine et c’est la Champagne-Ardenne qui ferme la marche.

Les cumuls de précipitations relevés par les stations du réseau entre le 1er et le 31 décembre 2021 s’échelonnent entre 24,6 mm à Colmar-Meyenheim (68) et 362,8 mm à Sewen-Lac Alfeld (88 – Alt. 620 m).

- CHAMPAGNE-ARDENNE

Le cumul des précipitations agrégées sur la Champagne-Ardenne sur le mois de décembre 2021 (85 mm), représente un déficit d’à peine 5 % par rapport à la normale.
A l’échelle du département, la pluviométrie mensuelle se situe en dessous de la normale seulement pour les Ardennes avec un déficit proche de 28 %. Dans les trois autres départements, la pluviométrie est normale ou faiblement excédentaire ; le surplus oscillant entre 3 % et 6 %.

Les cumuls mensuels relevés par les stations du réseau sont compris :
• entre 52 mm et 97 mm dans les Ardennes.
• entre 53 mm et 108 mm dans l’Aube
• entre 63 mm et 97 mm en Marne
• entre 76 mm et 138 mm en Haute-Marne.

- LORRAINE

Le cumul des précipitations agrégées sur la Lorraine sur le mois de décembre 2021 (95 mm), affiche un déficit de 12 % par rapport à la normale.
Tous les départements lorrains connaissent un déficit pluviométrique qui s’échelonne de 8 % pour les Vosges à 18 % pour la Moselle.

Les cumuls mensuels relevés par les stations du réseau sont compris :
• entre 64 mm et 98 mm en Meurthe-et-Moselle
• entre 47 mm et 156 mm en Meuse
• entre 53 mm et 122 mm en Moselle
• entre 60 mm et 282 mm dans les Vosges.
- ALSACE

Le cumul des précipitations agrégées sur l’Alsace sur le mois de décembre 2021 (77 mm), affiche un déficit de 13 % par rapport à la valeur statistique.

A l’échelle du département, la pluviométrie mensuelle se situe en dessous de la normale, avec un déficit d’à peine 4 % dans le Bas-Rhin, déficit qui grimpe à 25 % dans le Haut-Rhin.

Les cumuls mensuels relevés par les stations du réseau sont compris :
• entre 37 mm et 182 mm dans le Bas-Rhin
• entre 25 mm et 363 mm dans le Haut-Rhin.

II. HUMIDITÉ DANS LE SOL AU 01/01/2022

La situation au 1er janvier 2022 par rapport au 1er décembre 2021 montre une très légère évolution à la hausse de l’écart pondéré à la moyenne quotidienne de référence 1981-2010 de l’indice d’humidité des sols.

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles


Hydraulicité :
Sur le bassin du Rhin, les précipitations observées durant le mois de décembre sont globalement conformes aux normales dans le Bas-Rhin ainsi que sur les reliefs, et encore inférieures ce mois dans la plaine haut-rhinoise.
Les hydraulicités observées sur les cours d’eau du domaine sont proches des normales, car de petites réactions hydrologiques ont été observées en début et en fin de mois.
On observe une hydraulicité de 0.7 sur l’Ill amont et une hydraulicité moyenne de 0.8 sur les affluents de l’Ill (Fecht, Lauch, Thur, Doller, Giessen et Bruche). Le Rhin, l’Ill de plaine ainsi que la Zorn ou la Moder proposent une hydraulicité moyenne de 0.9.

Sur le bassin de la Sarre, les précipitations sont également conformes aux normales. Une hydraulicité comprise entre 0.7 et 0.8 est observée à l’échelle du bassin.

Sur le bassin de la Meuse, le cumul de précipitations est proche de la normale excepté sur la partie Aval, et plus précisément sur le nord des Ardennes, où cette fois le cumul est inférieur à la normale.
L’hydraulicité observée sur le bassin de la Meuse et de la Chiers est comprise entre 0.7 et 0.8 et elle se rapproche de la normale pour la Meuse ardennaise.

Sur le bassin de la Moselle, le cumul de précipitations est très légèrement déficitaire par rapport à la normale.
L’hydraulicité observée est en hausse sur les têtes de bassin Vosgien tant sur la Moselle que sur la Meurthe, la situation reste inchangée pour le reste du bassin avec un hydraulicité généralement comprise entre 0.7 et 0.8.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les précipitations du mois de décembre sont très proches de la normale.
Les hydraulicités sont en hausse par rapport au mois de novembre avec des valeurs qui sont très majoritairement comprises entre 0.8 et 1.2.
Cependant, elles sont encore comprises entre 0.4 et 0.8 pour plusieurs stations : Arcis-sur-Aube, Pont-sur-Seine et Saint-Saturnin.

VCN3 :
Sur le bassin du Rhin, le débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est proche, ou juste supérieur au médian sur la plupart des stations.

Sur le bassin de la Sarre, le débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est généralement proche du médian.

Sur le bassin de la Meuse, le débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est généralement supérieur au débit médian, à l’exception de Saint-Mihiel, Stenay et Longlaville.

Sur le bassin de la Moselle, le débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs est généralement en hausse et donc supérieur ou proche du débit médian, excepté sur la Moselle aval, où il est inférieur, notamment à Uckange.

Sur les bassins de la Seine Normandie, la situation est assez hétérogène sur les différentes stations, mais reste globalement proche du médian. Les débits minimaux sur trois jours consécutifs sont inférieurs au médian à Bar-sur-Aube, Arcis-sur-Aube, Pont-sur-Seine, Saint-Saturnin et Châlons-en-Champagne.

Eaux souterraines


Globalement, les nappes de la région poursuivent leur phase de recharge entamée à la fin novembre, soit avec environ 1 mois de retard par rapport à la période classiquement observée. Ainsi, la majorité des points de surveillance présentent une tendance à la hausse du niveau des nappes, mais les niveaux sont globalement légèrement inférieurs aux valeurs observées pour un mois de décembre, probablement du fait du retard de la recharge.

L’évolution des niveaux moyens de décembre par rapport au mois précédent est contrastée en Alsace selon les secteurs.
Dans le Bas-Rhin, les niveaux sont globalement en hausse, de +3 à +8 cm sur la moitié sud (Lipsheim et Rossfeld) et à Reichstett, de +11 à +22 cm au nord (Sessenheim) et sur le Pliocène de Haguenau, et sont plutôt stables à Weitbruch ou Lampertheim. Malgré les hausses relevées, la situation est comparable à celle de novembre, avec des niveaux qui restent encore modérément bas (Rossfeld, Lipsheim, Weitbruch), voire bas à Griesheim, mais remontent ailleurs jusqu’à modérément hauts (Sessenheim, Haguenau, Lampertheim, Reichstett).
Dans le Haut-Rhin, la baisse constatée en novembre se poursuit en cette fin d’année 2021, à l’exception toujours d’un large secteur au nord de Colmar (de +7 cm sur Holtzwihr à +15 cm sur Guémar). Les secteurs en baisse sont ceux de la Fecht (-29 cm à Wintzenheim), du Sundgau oriental (-22 cm à Habsheim), de la Thur (-21 cm à Cernay), ainsi que le long du Rhin (-19 cm à Fessenheim) et en centre plaine (-15 cm à Hettenschlag). Les niveaux restent principalement autour de la moyenne (Wintzenheim, Hettenschlag, Habsheim) et modérément hauts (Fessenheim, Wittenheim, Hésingue).

Sur la nappe de la craie, la recharge s’oberve désormais sur tous les ouvrages. Les les niveaux sont globalement légèrement inférieurs aux valeurs observées pour un mois de décembre sur la moitié sud de la nappe, alors qu’ils sont au contraire légèrement supérieurs aux valeurs observées pour un mois de décembre sur la moitié nordde la nappe.


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage global est de l’ordre de 50% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de près de 98% et la retenue de Michelbach de 91%. Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le remplissage est de l’ordre de 98% pour le réservoir de Vieux Pré. Le réservoir de Kruth a entamé fin décembre son remplissage suite à une vidange pour la réalisation de travaux. Les barrages-réservoirs du bassin de la Seine affichent un taux de remplissage voisin des 30%, dans l’objectif de pouvoir assurer un rôle d’écrêtage de crues.

Liens utiles…..


Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

La banque hydro :
http://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial d