BSH Grand Est décembre 2025
Synthèse du mois
Sur le bassin Rhin-Meuse, la situation hydrologique générale de cette fin d’année 2025 est influencée par un contexte météorologique doux et particulièrement sec.
La température moyenne de décembre place ce mois dans le top 10 des mois de décembre les plus doux depuis 1947 tandis que son déficit pluviométrique particulièrement marqué s’élève à environ 70% à l’échelle de la région Grand Est. Ces conditions défavorables influencent sensiblement les écoulements de tous les cours d’eau.
Ainsi, les hydraulicités affichent partout des valeurs inférieures aux normales de saison. La situation la plus défavorable se retrouve sur les bassins du Giessen, de la Sarre et de l’Eichel qui affichent des hydraulicités inférieures à 0.4, soit un déficit d’écoulement supérieur à 60%.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) sont eux aussi influencés par le contexte météorologique défavorable de décembre. Sur les bassins de la Moselle et du Rhin, particulièrement impactés par le déficit pluviométrique, une majorité de stations affiche maintenant des débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) inférieurs au médian. Sur le bassin de la Meuse, un peu plus arrosé, la situation reste plus favorable avec des Q3J-N supérieurs ou proches du débit médian sur la quasi totalité des points de mesure.
Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie a été très inférieure à la normale pour un mois de décembre avec un déficit moyen de 70%. Le cumul des précipitations est compris entre 16 mm au nord de la Marne et 40 mm au sud de la Haute-Marne.
Les hydraulicités sont en baisse par rapport à celles du mois de novembre. Les valeurs sont majoritairement comprises entre 0.4 et 0.8.
En ce qui concerne les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) en décembre, ils sont globalement proches de la médiane.
Concernant les eaux souterraines, suite aux précipitations déficitaires depuis deux mois, la région est dans une situation moins favorable qu’en novembre, malgré les hausses encore majoritaires globalement et la recharge qui semble se poursuivre.
Le département des Ardennes présente encore ce mois-ci la situation la moins satisfaisante, avec des niveaux moyens mensuels encore bas sur les Calcaires du Jurassique. Mais sur le reste de la région, ces nappes des Calcaires du Jurassique subissent aussi le manque d’apport et les niveaux baissent en moyenne d’une classe. Pour l’ensemble des nappes sur le Grand Est, le niveau moyen mensuel reste encore autour des normales de saison, mais il se rapproche d’un niveau modérément bas pour la saison.
Pluviométrie
Pour lire le résumé climatique mensuel de Météo-France, téléchargez le document ci dessous.
Eaux superficielles
Hydraulicité
Sur le bassin du Rhin, les précipitations observées durant le mois de décembre 2025 sont relativement faibles. Elles sont essentiellement survenues dans la première moitié du mois. Ce manque de précipitations fait que les écoulements moyens sont inférieurs aux normales sur la quasi-totalité des cours d’eau.
Les hydraulicités des stations du Haut-Rhin issues du massif vosgien sont en déficit de 55% (hydraulicités de 0.45 pour la Lauch, la Thur, la Fecht et la Doller). L’Ill amont à Didenheim, affiche également un déficit proche de 40% (hydraulicité de 0.60).
Les hydraulicités sont également déficitaires dans le Bas-Rhin, avec des disparités plus ou moins marquées selon les cours d’eau : Sélestat arrive en tête avec un déficit de 74% (hydraulicité de 0.26), suivi de Holtzheim avec un déficit de 62% (hydraulicité de 0.38) et Waltenheim avec un déficit de 45% (hydraulicité de 0.55). Schweighouse et Kogenheim ont un déficit proche de 40% (hydraulicité de 0.60). Seul Chasseur-Froid sur l’Ill présente un écoulement moyen proche des normales avec un déficit de seulement 4% (hydraulicité de 0.96).
Sur le bassin de la Sarre, les pluies déficitaires observées en décembre impliquent une baisse généralisée des débits moyens mensuels sur la Sarre. À l’échelle du bassin, un déficit de 60% (hydraulicité de 0.40) est observé.
Sur le bassin de la Meuse, les cumuls de précipitations observés durant le mois de décembre 2025 sont inférieurs aux moyennes interannuelles sur l’intégralité du bassin. De ce fait, les hydraulicités sont comprises entre 0.5 pour l’amont du bassin et les "petits affluents" (50% de déficit) et entre 0.65 et 0.7 pour la partie aval et la Chiers (soit un déficit d’environ 30%).
Sur le bassin de la Moselle, les cumuls de précipitations observés durant le mois de décembre 2025 sont inférieurs aux moyennes interannuelles sur l’intégralité du bassin. De ce fait, les hydraulicités sont comprises entre 0.6 et 0.7 pour l’amont du bassin et les affluents (soit entre 30 et 40% de déficit) et d’environ 0.5 sur la partie en aval de la confluence avec la Meurthe, y compris pour le bassin de l’Orne (soit un déficit d’environ 50%).
Sur le bassin de la Seine-Normandie, les précipitations de ce mois de décembre ont été très inférieures à la normale.
Les hydraulicités sont en baisse par rapport à celles du mois précédent et sont majoritairement comprises entre 0.4 et 0.8. Les valeurs les plus élevées, relevées sur le bassin de la Seine, sont comprises entre 1.2 et 2.0.
Débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs (Q3J-N)
Sur le bassin du Rhin, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont inférieurs au médian aux stations de Reiningue, Willer-sur-Thur, Schweighouse, Holtzheim et Kogenheim. Ces valeurs sont proches du médian aux stations de Guebwiller, Ostheim, Waltenheim et Sélestat. Seule la station de Didenheim sur l’Ill à une valeur supérieur au médian.
Sur le bassin de la Sarre, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont inférieurs au médian sur les stations Oermingen et Wittring, et proche du médian aux stations de Sarrebourg et Keskastel.
Sur le bassin de la Meuse, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont supérieurs ou proches du débit médian sur la quasi totalité du bassin. La station de La Francheville reste toujours la station sur laquelle le Q3J-N est le plus faible du bassin et est inférieur au débit médian.
Sur le bassin de la Moselle, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs pour ce mois de décembre sont en baisse par rapport au mois dernier, notamment sur les têtes de bassin dans les Vosges jusqu’à Custines, où les Q3J-N sont inférieurs au débit médian. Plus en aval, les Q3J-N sont proches du débit médian pour la Moselle et la Seille et légèrement supérieurs au débit médian pour l’Orne.
Sur le bassin de la Seine-Normandie, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs pour ce mois de décembre sont en baisse par rapport à ceux du mois précédent et sont globalement proches de la médiane. Ils sont inférieurs au médian sur L’aval de L’Aisne et de la Marne. Seule la station de Bar-sur-Aube a encore un QJ3-N supérieur au quinquennal humide.
Eaux souterraines
La nappe des Grès du Trias inférieur présente une situation stable, avec en moyenne un niveau moyen mensuel modérément bas pour la saison. Les précipitations déficitaires peinent à maintenir la dynamique de recharge. Les niveaux moyens mensuels sont plutôt modérément bas dans la partie nord (Gélacourt (54), Voyer (57) ou Celles-sur-Plaine (88)) mais s’établissent à un niveau bas à Grandvillers (88). Plus au sud, le point de suivi de Plombières-les-Bains (88) affiche néanmoins un niveau conforme aux normales de saison.
L’évolution des niveaux moyens de décembre est variable selon les secteurs par rapport au mois dernier en Alsace.
Dans le Bas-Rhin, les niveaux sont majoritairement en hausse, de +3 cm à Weitbruch ou Lipsheim, à +5 cm à Reichstett ou Haguenau, jusqu’à près de +10 cm au nord à Wissembourg et Sessenheim. Plus au sud, les niveaux sont en légère baisse, entre -4 cm à Baldenheim et -7 cm à Rossfeld. Les niveaux moyens mensuels sont stables ou baissent d’une classe, autour de la moyenne en bordure à Griesheim, ainsi qu’à Lipsheim et Rossfeld, modérément hauts sur tous les autres sites, sauf à Baldenheim, qui baisse en niveaux hauts.
Dans le Haut-Rhin, les niveaux sont pour la plupart en baisse, très légère en centre plaine (-3 cm à Hettenschlag), de -7 à -8 cm à Illhaeusern, Holtzwihr ou Cernay, -10 cm en bordure à Wintzenheim, -11 cm le long du Rhin à Fessenheim, jusqu’à -13 cm à Guémar. Ils restent en hausse à Wittenheim (+5 cm) et dans le Sundgau oriental (+46 cm à Habsheim). Les niveaux moyens mensuels sont stables ou baissent par rapport au mois dernier, avec des niveaux autour de la moyenne à Habsheim, modérément hauts sur toute la partie nord du département, à Guémar, Holtzwihr, mais aussi à Cernay, niveaux hauts à Fessenheim ou Hettenschlag, et toujours très hauts à Wittenheim et Hésingue.
Sur la nappe de la craie plus inertielle, la recharge se profile malgré des précipitations déficitaires depuis octobre sur le secteur. Les tendances à la hausse deviennent majoritaires (plus de 60% des points de suivi).
En moyenne, le niveau moyen mensuel est cependant stable par rapport au mois de novembre et se situe à un niveau modérément bas pour la saison. Les niveaux moyens mensuels s’échelonnent d’un niveau bas (comme à Sémide (08) ou à Saint-Etienne-sur-Suippe (51)), voire très bas (Hannogne-Saint-Rémy (08)) à un niveau proche des normales de saison (Linthelles (51), Bussy-le Château (51) ou Villeloup (10)).
(Sources : APRONA, DREAL Délégation de bassin Rhin-Meuse)
Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Réservoirs
Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage fin décembre 2025 est de près de 49% pour les retenues destinées à la navigation. En ce qui concerne les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine et la retenue de Michelbach affichent un taux de remplissage de 87%.
Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le taux de remplissage du réservoir de Vieux Pré affiche près de 91% alors qu’il s’élève à moins de 53% pour le barrage de Kruth qui a également vocation à écrêter les éventuelles crues hivernales.
Afin également de répondre à la double mission de soutien des étiages et de lutte contre les crues, le niveau des barrages-réservoirs du bassin de la Seine reste bas avec un un taux de remplissage de 22%, ce qui est proche l’objectif de gestion pour une fin décembre.
Liens utiles…..
Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/
Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html
L’HydroPortail (anc. banque hydro), le portail des données quantitatives sur les cours d’eau :
https://hydro.eaufrance.fr/
Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/
Glossaire
BSH :
Bulletin publié par la DREAL Grand Est qui présente mensuellement l’évolution de la ressource en eau.
Thème 1. Météorologie :
Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.
Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.
Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, 1971-2000 , 1981-2010 et actuellement la période est 1991-2020.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).
Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.
RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).
Thème 2. Hydrologie :
Débit :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).
Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.
Débit minimum sur trois jours consécutifs (Q3J-N) :
Le Q3J-N (anciennement appelé VCN3 et aussi appelé débit de base) correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du Q3J-N correspond au premier des trois jours considérés.
Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.
Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.
Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.
Thème 3. Piézométrie :
Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.
Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.
Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.
Thème 4. Statistique
Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.
Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.
Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.
IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.
Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.
Thème 5. Divers :
COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.
EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.