BSH Grand Est février 2026
Synthèse du mois
Sur le bassin Rhin-Meuse, après trois mois de déficit pluviométrique, les précipitations très abondantes de ce mois de février ont radicalement changé la situation hydrologique générale avec un excédent pluviométrique mensuel qui s’élève à +60% à l’échelle de la région. Ces apports importants ont entrainé des réactions hydrologiques sur tous les cours d’eau.
En conséquence, les écoulements moyens mensuels sont partout nettement supérieurs aux valeurs de saison, avec des hydraulicités qui s’étalent de 1.2 (excédent de 20%) à près de 2 (excédent de 100%) sur les secteurs de la Doller et de la Meuse amont.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) sont eux aussi représentatifs d’un contexte météorologique très humide. Une grande majorité des stations affiche maintenant des débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) supérieurs à la médiane, voire même supérieurs au quinquennal humide.
Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie a été supérieure à la normale pour un mois de février avec un excédent moyen de 60 %.
Le cumul des précipitations est compris entre 65 mm au centre de l’Aube et 140 mm au sud de la Haute-Marne.
Les hydraulicités sont en hausse par rapport à celles du mois de janvier. Les valeurs sont très majoritairement comprises entre 1.2 et 2.0.
En ce qui concerne les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) en février, ils sont globalement proches de la médiane.
Concernant les eaux souterraines, suite à l’épisode de précipitations du mois de février, la région se trouve dans une situation plus favorable que le mois précédent, les tendances à la hausse s’étant généralisées indiquant une redynamisation de la recharge hivernale sur l’ensemble du territoire. Pour les nappes les plus réactives, la majorité des niveaux moyens mensuels sont remontés d’au moins une classe. Les nappes plus inertielles présentent une évolution des niveaux moins spectaculaire mais néanmoins globalement positive.
Pour l’ensemble des nappes sur le Grand Est, en moyenne, le niveau moyen mensuel se situe autour des normales de saison.
Pluviométrie
Pour lire le résumé climatique mensuel de Météo-France, téléchargez le document ci dessous.
Eaux superficielles
Hydraulicité
Sur le bassin du Rhin, les précipitations observées durant le mois de février 2026 sont excédentaires sur l’ensemble du domaine.
Tous les cours d’eau étudiés ont connu des réactions hydrologiques et hydrauliques et les moyennes mensuelles observées pour le mois de février 2026 approchent ou dépassent la quinquennale humide.
Dans le Haut-Rhin, les hydraulicités observées sont proches du double de l’écoulement moyen (hydraulicité de 2). Dans le Bas-Rhin, un excédent de 50% (hydraulicité 1.5) est constaté en moyenne. Une hydraulicité de 1.2 (excédent de 20%) est observée sur le Rhin à Lauterbourg.
Sur le bassin de la Sarre, les hydraulicités observées en février 2026 sont supérieures aux moyennes interannuelles. À l’échelle du bassin, un excédent de 60% (hydraulicité de 1.6) est observé.
Sur le bassin de la Meuse et de la Moselle, les précipitations observées ont été supérieures à la moyenne mensuelle, cela engendre une hydraulicité largement excédentaire sur l’intégralité des bassins.
Sur le bassin de la Seine-Normandie, les précipitations de ce mois de février ont été supérieures à la normale.
Les hydraulicités sont en hausse par rapport à celles du mois précédent et sont très majoritairement comprises entre 1.2 et 2.0. Les valeurs extrêmes observées sont de 0.7 à Soudron et 2.3 à Villiers-sur-Suize.
Débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs (Q3J-N)
Sur le bassin du Rhin, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont supérieurs au médian sur toutes les stations étudiées en dehors de Sélestat et Lauterbourg qui s’approchent du débit de base médian.
Sur le bassin de la Sarre, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont supérieurs au médian sur toutes les stations étudiées.
Sur le bassin de la Meuse, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont supérieurs au quinquennal humide sur la partie amont et médiane du bassin. Sur la partie aval du bassin versant, les Q3J-N semblent plus faibles mais cela est hérité de la situation de janvier et du fait que les pluies et la propagation des ondes de l’amont ont "mis du temps à arriver". Ces Q3J-N sont ceux du tout début de mois février.
Sur le bassin de la Moselle, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont supérieurs au médian sur le bassin de la Meurthe, du Madon et de l’Orne, et supérieurs au quinquennal humide sur la Moselle.
Sur le bassin de la Seine-Normandie, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs pour ce mois de février sont en hausse par rapport à ceux du mois précédent et sont globalement proches de la médiane. Ils sont supérieurs au quinquennal humide, en haute-Marne, sur l’amont et inférieurs au médian sur l’aval.
Eaux souterraines
La nappe des Grès du Trias inférieur présente une situation qui s’améliore par rapport au mois de janvier, également en lien avec l’épisode de pluie de février. Les tendances à la hausse sont généralisées. Le niveau moyen mensuel des capteurs remonte plus ou moins significativement et s’établit à un niveau proche des normales en moyenne. Le niveau moyen mensuel à Celles-sur-Plaine (88) reste cependant encore bas.
Les niveaux moyens de février sont en hausse par rapport au mois de janvier presque partout en Alsace, à l’exception du centre plaine haut-rhinois et de rares secteurs le long du Rhin.
Dans le Bas-Rhin, les niveaux sont partout en hausse, de +5 cm en bordure à Griesheim, +10 cm à Weitbruch, +20 cm à Haguenau et Baldenheim, autour de +30 cm à Wissembourg, Lipsheim ou Rossfeld, +38 cm à Reichstett et presque +70 cm à Lampertheim. Les niveaux moyens mensuels restent autour de la moyenne à Wissembourg et Griesheim, remontent à des niveaux modérément hauts à Sessenheim et Weitbruch, passent en niveaux hauts sur les autres sites du département, et se rapprochent même d’un niveau très haut à Reichstett.
Dans le Haut-Rhin, les niveaux sont très majoritairement en hausse, à l’exception du centre plaine (-3 cm à Hettenschlag) et par endroits le long du Rhin (-5 cm à Fessenheim). Les hausses varient entre +6 et +11 cm à Wintzenheim, Hésingue ou Cernay, +26 cm à Illhaeusern et Holtzwihr, +43 cm à Guémar et Habsheim, jusqu’à +55 cm à Wittenheim. Les niveaux moyens mensuels sont également en hausse, avec des niveaux autour de la moyenne à Habsheim et Cernay, modérément hauts à Wintzenheim, Holtzwihr, Hettenschlag et Hésingue, hauts pour Illhaeusern, Fessenheim et Wittenheim, voire très hauts pour Guémar.
Sur la nappe de la craie plus inertielle, la recharge se poursuit, confortée par les précipitations du mois de février. Les tendances à la hausse sont à présent généralisées : tous les points de suivi sont à la hausse.
En moyenne, le niveau moyen mensuel monte légèrement et s’établit à un niveau modérément bas pour la saison, les niveaux moyens mensuels s’échelonnant d’un niveau bas (Hannogne-Saint-Rémy (08) ou Saint-Etienne-sur-Suippe (51)) à un niveau autour des normales de saison (Linthelles (51)), voire modérément haut (Chamoy (10)).
(Sources : APRONA, DREAL Délégation de bassin Rhin-Meuse)
Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Réservoirs
Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage à fin février 2026 est de près de 82% pour les retenues destinées à la navigation. En ce qui concerne les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine et la retenue de Michelbach affichent un taux de remplissage confortable de plus de 99%.
Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le taux de remplissage du réservoir de Vieux Pré affiche 99% alors qu’il s’élève à 84% pour le barrage de Kruth qui a également vocation à écrêter les crues hivernales.
Afin également de répondre à la double mission de soutien des étiages et de lutte contre les crues, les barrages-réservoirs du bassin de la Seine poursuivent leur recharge avec un un taux de remplissage de 70%, ce qui est conforme à l’objectif de gestion pour une fin février.
Liens utiles…..
Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/
Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html
L’HydroPortail (anc. banque hydro), le portail des données quantitatives sur les cours d’eau :
https://hydro.eaufrance.fr/
Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/
Glossaire
BSH :
Bulletin publié par la DREAL Grand Est qui présente mensuellement l’évolution de la ressource en eau.
Thème 1. Météorologie :
Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.
Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.
Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, 1971-2000 , 1981-2010 et actuellement la période est 1991-2020.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).
Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.
RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).
Thème 2. Hydrologie :
Débit :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).
Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.
Débit minimum sur trois jours consécutifs (Q3J-N) :
Le Q3J-N (anciennement appelé VCN3 et aussi appelé débit de base) correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du Q3J-N correspond au premier des trois jours considérés.
Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.
Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.
Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.
Thème 3. Piézométrie :
Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.
Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.
Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.
Thème 4. Statistique
Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.
Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.
Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.
IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.
Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.
Thème 5. Divers :
COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.
EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.