Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner article  desabonner article
Prévention des risques

BSH Grand Est janvier 2022

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 16 février 2022

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, la situation hydrologique de ce premier mois de l’année est influencée par un déficit pluviométrique conséquent observé notamment sur le département des Vosges et sur la façade alsacienne.
En conséquence, les hydraulicités relevées sont légèrement inférieures aux valeurs de saison sur les têtes de bassins alimentées par le relief vosgien, alors que la situation hydrologique s’améliore par rapport au mois précédent sur les autres secteurs plus arrosés.


Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie a été inférieure à la normale d’un mois de janvier avec un déficit global de l’ordre 20 %.
Le cumuls des précipitations est compris entre 41 mm dans le sud de la Haute-Marne et 119 mm au nord des Ardennes.
Les hydraulicités sont en hausse par rapport au mois précédent et sont globalement proches de la normale.


Globalement, les nappes de la région poursuivent leur phase de recharge. La majorité des points de surveillance présentent donc une tendance à la hausse du niveau des nappes. A la fin du mois de janvier 2022, malgré environ 1 mois de retard par rapport à la période de début de recharge classiquement observée, les niveaux sont globalement légèrement supérieurs aux valeurs observées pour un mois de janvier.

Pluviométrie

Dans la lignée des mois précédents, janvier 2022 est un mois plutôt sec à l’échelle de la région et contraste fortement avec janvier 2021 qui fut particulièrement arrosé avec près de 1.7 fois la normale 1981-2010.
Pour le sixième mois consécutif, la pluviométrie mensuelle agrégée sur le Grand Est est inférieure à la normale, accusant un déficit de 25 % pour ce mois de janvier 2022.
Tous les départements du Grand Est sont concernés par des précipitations en dessous des valeurs habituelles, mais à des niveaux différents. En effet, si le temps est particulièrement sec sur le Haut-Rhin avec à peine 50 % de la normale, on se rapproche des valeurs de saison sur la Marne avec près de 95 % de la normale.
La répartition temporelle de la pluviométrie est très hétérogène sur le mois, puisque 85 % des précipitations mensuelles tombent lors de la première décade (notamment les 3, 4, 7 et 8 janvier), les deuxième et troisième décades étant bien plus sèches avec seulement 3 à 4 jours de pluies significatives (>= 1 mm).

Les cumuls de précipitations relevés par les stations du réseau entre le 1er et le 31 janvier 2022 s’échelonnent de 18 mm à Bâle-Mulhouse (68) à 173 mm à Sewen - Lac Alfeld (68 – alt. 620 mètres).

Les cumuls journaliers les plus élevés atteignent :
• 41.8 mm au Markstein (68- alt 1184 mètres) le 4
• 43.0 mm à Kruth (68 – alt. 512 mètres) le 4
• 43.2 mm à Sewen - Lac d’Alfeld (68 – alt. 620 mètres) le 8
• 45.0 mm à Rupt-sur-Moselle (88) le 8.

Depuis le début de l’année hydrologique 2021/2022 (le 1er septembre 2021), le cumul des précipitations agrégées sur le Grand Est (310 mm) se situe environ 25 % en dessous de la normale et se place en 12e position des valeurs les plus basses depuis 1959, sur la même période.

I. PLUVIOMÉTRIE

- CHAMPAGNE-ARDENNE

Le cumul des précipitations agrégées sur la Champagne-Ardenne sur le mois de janvier 2022 (64 mm), représente 80 % de la normale. À l’échelle du département, si la pluviométrie mensuelle est assez proche de la valeur statistique 1981-2010 dans la Marne, elle se situe en dessous sur les trois autres départements, avec un déficit de l’ordre de 20 % dans les Ardennes et l’Aube et de 30 % en Haute-Marne.
Les cumuls mensuels relevés par les stations du réseau sont compris :
• entre 50 mm et 119 mm dans les Ardennes
• entre 42 mm et 65 mm dans l’Aube
• entre 46 mm et 78 mm en Marne
• entre 41 mm et 94 mm en Haute-Marne.

- LORRAINE

Le cumul des précipitations agrégées sur la Lorraine sur le mois de janvier 2022 (69 mm) correspond à 75 % de la normale. Tous les départements lorrains connaissent un déficit pluviométrique qui varie de 15 % pour la Meurthe-et-Moselle à 35 % pour les Vosges.

Les cumuls mensuels relevés par les stations du réseau sont compris :
• entre 39 mm et 93 mm en Meurthe-et-Moselle
• entre 43 mm et 100 mm en Meuse
• entre 44 mm et 87 mm en Moselle
• entre 40 mm et 156 mm dans les Vosges.

- ALSACE

Le cumul des précipitations agrégées sur l’Alsace sur le mois de janvier 2022 (45 mm) atteint seulement 63 % de la valeur statistique 1981-2010. À l’échelle du département, la pluviométrie mensuelle se situe en dessous de la normale, avec un déficit proche de 30 % dans le Bas-Rhin et 50 % dans le Haut-Rhin.

Les cumuls mensuels relevés par les stations du réseau sont compris :
• entre 21 mm et 110 mm dans le Bas-Rhin
• entre 18 mm et 173 mm dans le Haut-Rhin.

II. HUMIDITÉ DANS LE SOL AU 01/02/2022

La situation au 1er février 2022 par rapport au 1er janvier 2022 montre une évolution à la baisse de l’écart pondéré à la moyenne quotidienne de référence 1981-2010 de l’indice d’humidité des sols, liée au manque de précipitations en janvier.

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles

Carte VCN3 non disponible

Sur le bassin du Rhin, les précipitations observées durant le mois de janvier sont déficitaires d’environ 30% dans le Bas-Rhin et 50% dans le Haut-Rhin.
La répartition des pluies mensuelles est très hétérogène puisque 80% des pluies mensuelles ont été observées durant les 10 premiers jours.
Des réactions hydrologiques de saison ont été observées sur tous les bassins, les hydraulicités du mois de janvier sont par conséquent proches des normales dans le Bas-Rhin mais restent légèrement inférieures aux moyennes interannuelles dans le Haut-Rhin.

Sur le bassin de la Sarre, les précipitations sont également concentrées en début de mois. Des réactions hydrologiques de saison ont été observées et les hydraulicités sont proches des moyennes interannuelles.

Sur le bassin de la Meuse, le cumul de précipitations est déficitaire sur la partie amont et aval ainsi que sur le bassin de la Chiers, seul la partie médiane du bassin a des cumuls proches de la normale.
L’hydraulicité observée sur l’amont du bassin de la Meuse est en légère baisse et inférieur à la normale, pour le reste du bassin, l’hydraulicité est proche des moyennes interannuelles.

Sur le bassin de la Moselle, le cumul de précipitations est déficitaire sur les têtes de bassin dans les Vosges et sur le bassin de l’Orne, le reste du bassin a des cumuls proches de la normale.
L’hydraulicité observée est en baisse sur les têtes de bassin Vosgien tant sur la Moselle que sur la Meurthe, la situation s’améliore pour le reste du bassin avec une hydraulicité des moyennes interannuelles.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les précipitations du mois de janvier sont inférieures à la normale.
Cependant, les hydraulicités sont en hausse par rapport au mois de décembre avec des valeurs qui sont très majoritairement comprises entre 0.8 et 1.2 et plus rarement entre 1.2 et 2.0.
Sur l’amont, les hydraulicités sont en baisse avec des valeurs comprises entre 0.4 et 0.8 à Villiers-sur-Suize.

Eaux souterraines


Globalement, les nappes de la région poursuivent leur phase de recharge. La majorité des points de surveillance présentent donc une tendance à la hausse du niveau des nappes. A la fin du mois de janvier 2022, malgré environ 1 mois de retard par rapport à la période de début de recharge classiquement observée, les niveaux sont globalement légèrement supérieurs aux valeurs observées pour un mois de janvier.

Les niveaux moyens de janvier sont majoritairement à la hausse en Alsace par rapport au mois de décembre 2021.
Dans le Bas-Rhin, tous les niveaux sont en hausse, de +6 cm en bordure à Griesheim et dans le sud (Rossfeld et Baldenheim), +10 cm à Lipsheim, Reichstett ou Weitbruch, +15 cm à Haguenau, jusqu’à +35 cm à Lampertheim et Sessenheim au nord, voire même +50 cm à Wissembourg. Ces hausses ne sont cependant pas suffisantes pour combler les déficits accumulés dans certains secteurs et la situation reste identique à celle de décembre, avec des niveaux toujours modérément bas (Rossfeld, Lipsheim, Weitbruch), voire bas à Griesheim. Ils restent par ailleurs modérément hauts à Sessenheim, Lampertheim et Reichstett, et passent en niveaux hauts à Haguenau.
Dans le Haut-Rhin, la hausse est de mise au nord (+5 cm à Holtzwihr, +10 cm à Guémar), sur le secteur de la Thur (+28 cm à Cernay) et à Wittenheim (+12 cm). Les secteurs en baisse sont ceux de la Fecht (-26 cm à Wintzenheim), le long du Rhin (-11 cm à Fessenheim), le Sundgau oriental (-7 cm à Habsheim), ainsi qu’en centre plaine (-5 cm à Hettenschlag). Les niveaux sont là aussi quasi identiques à ceux de décembre, variant de modérément bas (Holtzwihr, Cernay, Habsheim), à des niveaux autour de la moyenne (Wintzenheim, Hettenschlag, Fessenheim). Ils restent localement modérément hauts à Hésingue.

Sur la nappe de la craie, la recharge s’observe sur tous les ouvrages. Les niveaux sont globalement autour des valeurs observées pour un mois de janvier.


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage global est de l’ordre de 65% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de près de 99% et la retenue de Michelbach de 100%. Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le remplissage est de l’ordre de 91% pour le réservoir de Vieux Pré. Après un écrêtage de crue en décembre qui l’avait un peu rempli, le barrage de Kruth est à nouveau vide pour la poursuite de travaux. Les barrages-réservoirs du bassin de la Seine affichent un taux de remplissage voisin des 47%, dans l’objectif de pouvoir assurer un rôle d’écrêtage de crues.

Liens utiles…..


Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

La banque hydro :
http://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.