BSH Grand Est juin 2026

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, la situation hydrologique générale de ce mois de juin est représentative des conditions météorologiques caniculaires exceptionnelles observées durant la seconde décade. Le déficit pluviométrique qui s’élève à 30% à l’échelle de la région, allié à un fort ensoleillement et à des températures diurnes historiquement élevées continue à impacter les écoulements de tous les cours d’eau.
En conséquence, les débits moyens mensuels restent encore partout sous les normales de saison. La situation la plus défavorable se retrouve sur le secteur du Giessen et de la Meuse amont où les écoulements moyens mensuels ne représentent qu’environ 10% des normales pour un mois de juin.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) restent très majoritairement inférieurs au médian. Ils sont même inférieurs au décennal sec sur près de la moitié des points de mesure.


Sur les bassins de la Seine Normandie, ce mois de juin a été le plus chaud depuis 1947. La pluviométrie a été inférieure à la normale avec un déficit de 30 %.
Le cumul des précipitations est compris entre 8 mm à l’ouest de l’Aube et 60 mm à l’est de l’Aube ainsi qu’en Haute-Marne.
Les hydraulicités sont proches de celles du mois de mai. Les valeurs sont majoritairement comprises entre 0.2 et 0.8.
En ce qui concerne les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) en juin, ils sont très majoritairement inférieurs à la médiane.


Concernant les eaux souterraines, le contexte météorologique défavorable impacte l’ensemble des nappes du territoire. Les évolutions à la baisse des niveaux sur les piézomètres du Grand Est sont généralisées. Les nappes les plus réactives présentent des niveaux globalement bas avec multiplication des piézomètres atteignant des niveaux très bas pour la saison. Les nappes plus inertielles, comme les craies marneuses de Champagne présentent encore un niveau modérément bas en moyenne, et pour l’ensemble de la région, le niveau se maintient encore à un niveau modérément bas mais l’indicateur moyen se rapproche du seuil de niveau bas.

Pluviométrie

Pour lire le résumé climatique mensuel de Météo-France, téléchargez le document ci dessous.

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles

Hydraulicité


Sur le bassin du Rhin, les précipitations observées durant le mois de juin 2026 sont déficitaires sur l’ensemble du secteur. Les quelques averses orageuses survenues ponctuellement en Alsace, n’ont pas pu éviter la diminution des débits des cours d’eau.
Dans le Haut-Rhin, les hydraulicités observées sont toujours en déficit, avec des disparités importantes selon les secteurs. On retrouve des valeurs comprises entre 0.40 et 0.50 aux stations de Ostheim, Reiningue et Willer-sur-Thur (déficit compris entre 50 et 60 %) et des valeurs comprises entre 0.20 et 0.30 aux stations de Didenheim et Guebwiller (déficit compris entre 70 et 80%).

Dans le Bas-Rhin, les hydraulicités sont également en déficit avec d’importantes disparités. Les valeurs sont comprises entre 0.30 et 0.50 aux stations de Kogenheim, Waltenheim et Holtzheim (déficit compris entre 50 et 70 %) elle est proche de 0.6 à Schweighouse-sur-Moder (déficit de 40 %) et est inférieure à 0.1 (déficit de + de 90 %) à Sélestat.
Sur le Rhin à Lauterbourg, l’hydraulicité se maintient avec une valeur de 0.5 (déficit de 50 %) comme le mois précédent.

Sur le bassin de la Sarre, les hydraulicités observées en juin 2026 sont inférieures aux moyennes interannuelles avec des valeurs autour de 0.5 aux stations de Keskastel et Wittring (déficit de 50%), autour de 0.30 à la station d’Oermingen (déficit de 70%) et proche de 0.8 à la station de Sarrebourg (déficit de 20%).

Sur le bassin de la Meuse, le déficit de précipitations encore observé durant ce mois de juin 2026 entraine des hydraulicités faibles pour toutes les stations. La situation la plus défavorable se retrouve à nouveau sur le secteur amont avec une hydraulicité de seulement 0.11 à Goncourt (90% de déficit) et 0.19 à Soulosse (81% de déficit). La situation s’améliore sur le secteur de la Meuse médiane avec des hydraulicités de l’ordre de 0.35 à Saint Mihiel et Stenay (65% de déficit). Plus à l’aval, de Sedan à Chooz, le déficit global des stations est d’environ 50%. Sur le bassin de la Chiers, la situation est légèrement plus favorable avec des hydraulicités autour de 0.6, soit un déficit d’écoulement de 40%.

Sur le bassin de la Moselle, le déficit de précipitations de ce mois de juin 2026 impacte également les écoulements de tous les cours d’eau. Les hydraulicités sont inférieures à 0.20 (plus de 80% de déficit) sur les stations du secteur amont alimentées directement par le relief vosgien. Sur le reste du bassin, l’hydraulicité moyenne est d’environ 0.35, ce qui représente un déficit de l’ordre de 65%. Le bassin de l’Orne, très peu arrosé durant ce mois de juin présente un écoulement particulièrement faible à la station de Moyeuvre Grande avec une hydraulicité de seulement 0.14 (déficit de 86%). La situation est plus favorable sur le bassin de la Seille qui a bénéficié de précipitations plus abondantes. La station de Nomeny présente une hydraulicité de 0.44, soit un déficit d’écoulement de 56%.

Sur le bassin de la Seine-Normandie, les précipitations de ce mois de juin ont encore été inférieures à la normale.
Les hydraulicités sont proches de celles du mois précédent et sont majoritairement comprises entre 0.2 et 0.8. Les valeurs les plus basses, inférieures à 0.2, sont observées à Villiers-sur-Suize et à Bar-sur-Seine.

Débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs (Q3J-N)


Sur le bassin du Rhin, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont inférieurs au médian aux stations d’Holtzheim, Kogenheim, Ostheim et Willer-sur-Thur. Les stations de Lauterbourg, Waltenheim, Schweighouse-sur-Moder, Sélestat, Guebwiller et Didenheim ont des valeurs inférieures au décennal sec. Seule la station de Reiningue a une valeur proche du médian.

Sur le bassin de la Sarre, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont inférieurs au médian aux stations d’Oermingen et Wittring, proche du médian à la station de Keskastel et supérieur au médian à la station de Sarrebourg.

Sur le bassin de la Meuse, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs pour ce mois de juin sont partout inférieurs à la médiane. Ils sont même inférieurs au décennal sec pour les stations de Goncourt, Soulosse et Stenay.

Sur le bassin de la Moselle, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs pour ce mois de juin sont également partout inférieurs à la médiane. Des valeurs inférieures au décennal sec sont même relevées sur plus de 60% des points de mesure.

Sur le bassin de la Seine-Normandie, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs pour ce mois de juin sont en baisse par rapport à ceux du mois précédent et sont très majoritairement inférieurs à la médiane. Les valeurs les plus basses, inférieures au décennal sec, sont observées à Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine, Verrières, Chevières, Givry et à Villiers-sur-Suize. La valeur la plus élevée, proche du médian, est observée à Méry-sur-Seine.

Eaux souterraines

D’Ouest en Est :

Sur la nappe de la craie marneuse de Champagne, la période de vidange est effective depuis le mois de mai. Pour tous les capteurs de suivi, la tendance est à la baisse pour ce mois de juin et la situation se dégrade. En moyenne, le niveau de la nappe reste modérément bas mais les piézomètres de suivi atteignent, pour plusieurs d’entre eux, un niveau très bas : Bourgogne-Fresne (51) et Les Grandes Loges (51) rejoignent ainsi le capteur de Songy (51) déjà très bas au mois de mai.

Concernant les nappes des calcaires jurassiques de Lorraine et de la Côte des Bars, très réactives, la vidange a commencé prématurément suite à la météo défavorable sur les mois de mars puis avril particulièrement sec. La tendance à la baisse généralisée se poursuit. En moyenne, la situation présente encore un niveau bas, mais l’absence de pluies significatives depuis la mi-mai aggrave la situation. Pour des piézomètres à un niveau déjà très bas, l’IPS continue de baisser, notamment sur le piézomètre de Nubécourt (55).

La nappe des grès du Trias inférieur présente un indicateur global à la baisse avec un niveau bas pour ce mois de juin, la situation se dégradant d’une classe par rapport à celle de mai. Le piézomètre de Grandvillers (88), avec une réactivité plus grande aux phénomènes climatiques, reste à un niveau très bas.

Sur la nappe alluviale d’Alsace, les niveaux moyens de juin sont presque partout en baisse par rapport à ceux du mois de mai en Alsace, à l’exception de certains secteurs proches du Rhin.
Dans le Bas-Rhin, la baisse des niveaux est généralisée, de -10 à -15 cm à Rossfeld, Weitbruch, Reichstett ou encore Lampertheim, autour de -20 cm pour Sessenheim, Lipsheim ou Griesheim, et jusqu’à -30 cm à Wissembourg et Haguenau. Les niveaux moyens mensuels restent stables ou baissent d’une classe voire deux, avec des niveaux encore modérément hauts à Weitbruch, autour de la moyenne à Haguenau, Sessenheim et au nord de Strasbourg, modérément bas à Wissembourg, Baldenheim et Griesheim et même très bas à Lipsheim et Rossfeld.
Dans le Haut-Rhin, les niveaux sont en hausse le long du Rhin à Fessenheim (+14 cm) et en baisse partout ailleurs, autour de -12 cm au nord à Holtzwihr, Illhaeusern ou au sud à Hésingue, -25 cm Guémar, Wintzenheim et en centre plaine, -40 cm à Wittenheim, jusqu’à -52 cm pour Cernay et Habsheim. Les niveaux moyens mensuels varient de modérément hauts pour Wintzenheim, à bas pour Holtzwihr, les autres stations restent autour de la moyenne, en centre plaine ou le long du Rhin, et modérément bas pour Cernay (Thur) et le Sundgau oriental (Habsheim).

La nappe des cailloutis pliocènes du Sundgau au sud de l’Alsace présente un indicateur global de l’évolution des niveaux piézométriques stable et des niveaux globalement moyens. Les 3 piézomètres de référence, dont 2 rattachés au bassin Rhin-Meuse et 1 au bassin Rhône-Méditerranée, présentent des variations pluriannelles et se caractérisent par un décalage important (généralement plusieurs mois) entre la période de recharge et l’impact sur l’évolution des niveaux piézométriques d’où une situation sur le secteur très contrastée avec le reste du territoire.

(Sources : APRONA, BRGM, DREAL Délégation de bassin Rhin-Meuse)

Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.

Réservoirs


En raison du contexte météorologique particulièrement chaud et sec de ces dernières semaines, les réservoirs et barrages de la région Grand Est sont sollicités.
Dans le détail, le niveau de remplissage des retenues destinées à la navigation s’établit fin juin à 60% de leur capacité totale. En ce qui concerne les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine et la retenue de Michelbach affichent encore un taux de remplissage confortable de près de 88%.
Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le taux de remplissage du réservoir de Vieux Pré affiche 96% alors qu’il s’élève à 76% pour le barrage de Kruth.
Les barrages-réservoirs du bassin de la Seine voient également leur taux de remplissage baisser pour s’établir à 82%, ce qui reste conforme à l’objectif de gestion pour une fin juin.

Observations de l’Observatoire National des Étiages (ONDE)

L’Office Français de la Biodiversité (OFB) présente dans les Bulletins de Situation Hydrologique de bassin, les observations collectées dans le cadre de l’Observatoire National Des Étiages (ONDE) qui vise à apporter de l’information sur l’évolution quantitative des ressources en eau sur des secteurs où le réseau de suivi traditionnel est moins dense.
S’il y a lieu, des éléments sur les conséquences des conditions hydro-climatiques remarquables sur les habitats et le fonctionnement des milieux aquatiques sont également présentés.

Liens utiles…..

Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

L’HydroPortail (anc. banque hydro), le portail des données quantitatives sur les cours d’eau :
https://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

BSH  :
Bulletin publié par la DREAL Grand Est qui présente mensuellement l’évolution de la ressource en eau.
Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration  :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, 1971-2000 , 1981-2010 et actuellement la période est 1991-2020.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue  :
Débit instantané maximum observé.

Débit minimum sur trois jours consécutifs (Q3J-N) :
Le Q3J-N (anciennement appelé VCN3 et aussi appelé débit de base) correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du Q3J-N correspond au premier des trois jours considérés.
Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle  :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel  :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique  :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre  :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence  :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane  :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

Thème 5. Divers :

COTECO  :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs  :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.

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