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Prévention des risques

BSH Grand-Est mai 2022

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publié le 17 juin 2022

Synthèse du mois


Dans le bassin Rhin-Meuse, la situation hydrologique générale de ce mois de mai est à nouveau influencée par un déficit pluviométrique conséquent, de l’ordre de 60% pour la Lorraine et 75% pour l’Alsace.
En conséquence, les débits moyens mensuels sont partout inférieurs, voire même très inférieurs aux normales de saison.
La situation la plus défavorable se retrouve sur les secteurs de la Meuse amont, de la Moselle amont et sur le relief alsacien, qui affichent des écoulements qui ne représentent globalement que 30% des valeurs moyennes pour un mois de mai.


Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie a encore été inférieure à la normale pour ce mois de mai avec un cumul moyen de 25 mm, ce qui représente un déficit global de l’ordre 65 % et à pour conséquence de dégrader la situation hydrologique.
Le cumul des précipitations est compris entre 8 mm dans la Marne et 82 mm en Haute-Marne.
Les hydraulicités sont globalement en baisse par rapport au mois précédent et comprises entre 0.2 et 0.8.


L’évolution des niveaux moyens des nappes de la région pour le mois de mai est majoritairement à la baisse. La décharge est désormais clairement installée. Du fait du déficit de précipitations depuis le début de l’année hydrologique, les niveaux moyens sont généralement inférieurs aux valeurs habituellement observées pour un mois de mai, variant globalement de modérément bas à bas.

Pluviométrie


La pluviométrie agrégée de mai 2022 sur le Grand Est (28 mm) affiche un déficit de 75 % par rapport à la normale 1981-2010. Nettement moins arrosé que mai 2021 (111 mm), le mois de mai 2022 se classe au 2ᵉ rang, derrière le mois de mai 1991 (16 mm), des mois de mai les plus secs enregistrés depuis 1959. L’Alsace, les Vosges et le nord de la Champagne-Ardenne (Marne, Ardennes) enregistrent les déficits les plus importants, autour de 75 %. Ailleurs, les déficits sont compris entre 55 et 65 %.

Le 4 et le 23, avec le développement d’averses localement orageuses, les cumuls de précipitations en 24 heures dépassent localement 25 mm. Nous relevons :
• 39.6 mm à SEPTSARGES (55), le 23
• 39.5 mm à LONGUYON (54), le 23
• 39.2 mm à SAINT-LOUP-SUR-AUJON (52), le 4
• 31.1 mm à LUCELLE (68), le 23
• 27.2 mm à SOULAINES (10), à CHEVILLON (52) et à AUBREVILLE (55), le 23
• 25.7 mm à ERNEVILLE-AUX-BOIS (55), le 23
• 25.5 mm à KIFFIS (68 – Alt. 576 mètres), le 23.

Depuis le 1er septembre 2021, date de début de l’année hydrologique 2021/2022, le cumul des précipitations agrégées sur le Grand Est atteint 491 mm. Il se situe près de 30 % en dessous de la normale et il se classe en 8e position des valeurs les plus basses depuis 1959, sur la même période. L’année dernière, de septembre 2020 à mai 2021, la pluviométrie moyenne s’élevait à 707 mm, valeur alors conforme à la moyenne de référence 1981-2010.

I. PLUVIOMÉTRIE

– CHAMPAGNE-ARDENNE
Le cumul des précipitations agrégées en Champagne-Ardenne pour le mois de mai 2022 (25 mm),
présente un déficit de 65 % par rapport à la normale. À l’échelle du département, le déficit est de l’ordre de 65 % dans les Ardennes et l’Aube, de 75 % en Marne et de 55 % en Haute-Marne.
Les cumuls mensuels relevés par les stations du réseau sont compris :
• entre 15 mm et 38 mm dans les Ardennes
• entre 12 mm et 42 mm dans l’Aube
• entre 8 mm et 50 mm en Marne
• entre 16 mm et 82 mm en Haute-Marne.

– LORRAINE
Le cumul des précipitations agrégées en Lorraine pour le mois d’avril 2022 (32 mm) correspond à un déficit de 60 % par rapport à la normale. Le département des Vosges enregistre un déficit de 75 % plus marqué que sur les autres départements où le déficit est proche de 55 %.
Les cumuls mensuels relevés par les stations du réseau sont compris :
• entre 17 mm et 44 mm en Meurthe-et-Moselle
• entre 23 mm et 57 mm en Meuse
• entre 21 mm et 54 mm en Moselle
• entre 11 mm et 55 mm dans les Vosges.

– ALSACE
Le cumul des précipitations agrégées en Alsace pour le mois d’avril 2022 (25 mm) est en déficit de 75 % par rapport à la normale et des précipitations 5 fois moins importantes qu’en mai 2021 (130 mm). À l’échelle du département, les précipitations observées enregistrent un déficit aux alentours de 75 %.
Les cumuls mensuels relevés par les stations du réseau sont compris :
• entre 11 mm et 42 mm dans le Bas-Rhin
• entre 15 mm et 64 mm dans le Haut-Rhin.

II. HUMIDITÉ DANS LE SOL AU 01/06/2022

La situation au 1er juin 2022 par rapport au 1er mai 2022 montre une nette évolution à la baisse de l’écart pondéré à la moyenne quotidienne de référence 1981-2010 de l’indice d’humidité des sols pour l’ensemble de la région Grand Est.

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles


Sur le bassin du Rhin, le mois de mai 2022 a été particulièrement sec.
En conséquence, les hydraulicités de mai 2022 sont en forte baisse au niveau de toutes les stations des principaux affluents de l’Ill et du Rhin par rapport au mois d’avril 2022. Elles sont bien inférieures aux normales pour un mois de mai : l’hydraulicité est globalement de 0.35 (déficit de 65%) pour les stations des affluents de l’Ill et de 0.30 (déficit de 70%) pour les stations des affluents du Rhin.
Les valeurs de débits moyens mensuels de mai n’ont, pour certaines stations, pas été observées depuis de nombreuses années : par exemple depuis 10 ans à Reiningue ou à Holtzheim.
Le débit moyen du mois de mai 2022 sur le Rhin à Lauterbourg est très inférieur à la valeur moyenne interannuelle des débits moyens mensuels de mai. Il présente un déficit d’environ 30%.

Sur le bassin de la Sarre, le mois de mai 2022 a également été particulièrement sec.
En conséquence, les hydraulicités des cours d’eau étudiés du bassin de la Sarre sont très inférieures aux normales pour un mois de mai. A l’échelle du bassin, les débits moyens mensuels sont globalement inférieurs de 50% à la moyenne interannuelle des débits moyens mensuels du mois de mai.

Sur le bassin de la Meuse, le mois de mai a été particulièrement sec.
De ce fait l’hydraulicité de la Meuse amont et médiane et de ses affluents est très inférieure aux normales d’un mois de mai (déficit de plus de 50%), la situation est un peu moins marquée sur la Meuse aval et la Chiers où l’hydraulicité est inférieure à la normale mais les déficits y sont moindres.

Sur le bassin de la Moselle, le mois de mai a aussi été très peu pluvieux.
Quasiment l’intégralité du bassin a une hydraulicité très inférieure à la moyenne interannuelle des débits moyens mensuels du mois de mai, ceci en réponse au peu de précipitations tombées depuis la mi-avril (notamment sur les Vosges), le déficit est, là encore, de plus de 50% par rapport à la moyenne des mois de mai.

Sur les bassins de la Seine Normandie, les très faibles précipitations observées depuis plusieurs mois se poursuivent encore en mai et sont très inférieures à la normale.
Les hydraulicités sont en baisse par rapport au mois d’avril et restent encore majoritairement comprises entre 0.4 et 0.8.
Cependant, pour de nombreuses stations, elles sont comprises entre 0.2 et 0.4 : Villiers-sur-Suize, Mussey-sur-Marne, Bar-sur-Seine, Méry-sur-Seine, Vitry-en-Perthois, Frignicourt, Montmirail et Verrières.

Eaux souterraines


L’évolution des niveaux moyens des nappes de la région pour le mois de mai est majoritairement à la baisse. La décharge est désormais clairement installée. Du fait du déficit de précipitations depuis le début de l’année hydrologique, les niveaux moyens sont généralement inférieurs aux valeurs habituellement observées pour un mois de mai, variant globalement de modérément bas à bas, avec des valeurs mêmes très basses sur les calcaires du Tithonien à la station de Praslin au sud de l’Aube et sur les calcaires de l’Oxfordien sur la station de Bouvellement au sud des Ardennes.

Concernant la nappe d’Alsace, dans le Bas-Rhin, les niveaux sont stables sur le secteur de Weitbruch par rapport au mois dernier et en baisse sur tout le reste du département, de -7 cm à Reichstett, de -10 à -13 cm pour Sessenheim, Rossfeld, Lampertheim et Griesheim, -18 cm à Lipsheim, jusqu’à -25 cm à Wissembourg et Haguenau. Les niveaux sont encore à hauteur des normales saisonnières au nord à Sessenheim ou à Haguenau, mais elles se situent partout ailleurs en dessous des normales, variant entre modérément bas et bas (Lipsheim, Rossfeld, Griesheim). Dans le Haut-Rhin, la tendance à la baisse est aussi majoritaire, avec -4 cm à Wittenheim et Hésingue, -7 cm à Cernay, autour de -15 cm à Holtzwihr ou Wintzenheim et -30 cm à Guémar. Le centre plaine est plus ou moins stable (+2 cm à Hettenschlag), alors que les secteurs se trouvant le long du Rhin et le Sundgau oriental sont en légère hausse. Tout le département est en déficit par rapport aux normales pour ce mois de mai, avec des niveaux qui fluctuent entre modérément bas et bas (Holtzwihr, Wintzenheim, Habsheim).

Sur la nappe de la craie, la décharge de la nappe se poursuit, avec des niveaux moyens sur le mois de mai qui restent majoritairement sous les normales, avec des valeurs variant globalement de modérément bas à bas.


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.
Liste des piezomètres de la région Grand-Est (format pdf - 75.6 ko - 27/06/2018)

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage fin mai est de l’ordre de 66% pour les retenues destinées à la navigation. En ce qui concerne les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine et et la retenue de Michelbach affichent un taux de remplissage de l’ordre de 95%. Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le taux de remplissage est proche de 100% pour le réservoir de Vieux Pré et de près de 36% pour le barrage de Kruth. Les barrages-réservoirs du bassin de la Seine affichent un taux de remplissage de 91%, proche de l’objectif de gestion.

Liens utiles…..


Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

La banque hydro :
http://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, et actuellement la période est 1971-2000.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.

Débit de base (VCN 3) :
Le VCN 3 correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du VCN3 correspond au premier des trois jours considérés.

Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.