Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner article  desabonner article
Transport Mobilité

Un décret pour favoriser l’intermodalité vélo/train grâce à la mise en place de stationnement vélos sécurisés dans les gares

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 17 janvier 2022 (modifié le 19 janvier 2022)

En 2018, le Plan vélo du gouvernement fixait l’objectif ambitieux de multiplier par trois la part modale du vélo dans les déplacements quotidiens pour atteindre 9 % d’ici 2024. Le développement massif de stationnements est un élément indispensable pour atteindre cet objectif.
En effet, un grand nombre de voyageurs habitant à proximité des gares pourraient rejoindre leur gare en vélo, et poursuivre leur voyage en train. L’emport des vélos à bord des trains ne convenant à l’ensemble des cyclistes – et étant difficile à systématiser en cas de forte affluence – le stationnement sécurisé, évitant le vol des vélos, est un levier complémentaire à développer.

A cette fin, l’article L.1272-2 de la LOM renforce le niveau d’équipement des gares et des pôles d’échange. En application de cet article, le décret du 10 juin 2021 précise la liste des gares soumises à l’obligation d’équipement, et le nombre minimal de places de stationnement qu’elles devront mettre en place d’ici à 2024. 1 133 gares sont concernées par cette obligation, soit 37 % de l’ensemble des gares ferroviaires du territoire. Pour établir cette liste, le gouvernement a sélectionné les gares dont la fréquentation est supérieure à 100 000 voyageurs par an (soit 275 voyageurs par jour).
Au niveau national, compte tenu des emplacements déjà existants, le décret impose la création de 42 000 places d’ici à 2024.
En Grand Est, 49 gares sont concernées, pour 1 333 places de stationnement à réaliser.

En complément de ces mesures prévues par décret, les acteurs des territoires peuvent bien entendu prévoir de réaliser des places de stationnement supplémentaires, dans les gares listées par le décret, ou dans les plus petites gares.

Quelles caractéristiques des stationnements prévus ?

Les « stationnements sécurisés » doivent obligatoirement permettre de stabiliser et de fixer le vélo par deux points. Ils doivent aussi bénéficier d’une surveillance humanisée, d’une vidéo-surveillance ou d’un système de fermeture sécurisée.
Par ailleurs, le décret précise que les stationnements doivent être situés dans des endroits couverts, éclairés et implantés à moins de 70 m d’un accès à la gare, sauf en cas « d’impossibilité technique avérée ».

Pour accompagner la réalisation des projets, le ministère de la transition écologique a publié en décembre 2021 un guide pour le déploiement du stationnement vélo en gare.
Construit autour de 6 points clefs, ce cahier de recommandations a pour objectif d’accompagner les porteurs de projets locaux dans la mise en œuvre d’une politique d’équipement efficace.

Quels financements existent pour mettre en œuvre ces mesures ?

Le Plan de relance présenté en septembre 2020 prévoit un financement spécifique de 50 millions d’euros au niveau national pour financer la réalisation des places de stationnement prévues par le décret. Ce financement sera mis en place dans le cadre de conventions signées entre l’État et SNCF Gares et Connexions, en tant que gestionnaire des gares.
En Grand Est, la convention, prévoyant un financement à hauteur de 2,45 millions d’euros, a été signée en décembre 2021, ce qui va permettre un démarrage rapide des études de faisabilité dans les différentes gares concernées.

Les projets de création de stationnement vélo peuvent également être soutenus par autres dispositifs de financement de l’État à destination des collectivités territoriales, comme notamment la Dotation de soutien à l’investissement local (DSIL).

Les programmes CEE « Espace multimodal augmenté » porté par la SNCF et « Alvéole » porté par la FUB, peuvent également apporter un accompagnement technique et financier pour ces projets.