Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner article  desabonner article
Connaissance et développement durable

De fortes pressions s’exerçant localement et susceptibles de s’aggraver sous l’effet du changement climatique

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 30 septembre 2016

La Champagne-Ardenne prélève plutôt relativement moins d’eau qu’au niveau national. Le volume prélevé (hors énergie) représente en 2012 1,4 % des prélèvements nationaux pour un poids démographique et économique proche de 2 %, la surface agricole utilisée représentant 6 % de la SAU nationale et 1 % des surfaces irriguées. Toutefois, les prélèvements s’effectuant en grande majorité dans les eaux souterraines, et plus particulièrement dans la nappe de la craie située au droit de la plaine agricole et des secteurs concentrant urbanisation et activités industrielles, la pression sur cette ressource est forte. En effet, bien que la ressource soit globalement suffisante pour supporter ces prélèvements à l’exception de quelques bassins (bassins au droit de la masse d’eau de la Craie de Champagne sud et centre notamment), par suite des variations climatiques présentes et futures et de possibles demandes de prélèvements pour l’irrigation centrées sur les mois les plus critiques de l’étiage, les prélèvements moyens actuels sont susceptibles de ne pas être satisfaits localement à raison de quatre années sur cinq.

La situation est également très tendue pour plusieurs cours d’eau de la plaine de la Champagne crayeuse, les prélèvements et le bas niveau piézométrique de la nappe aggravant des débits d’étiage naturellement faibles (interrelations entre les eaux souterraines et les eaux superficielles). Si les consommations en eau potable marquent plutôt une tendance à la diminution (équipements ménagers plus économes, amélioration du rendement des réseaux), en revanche une évolution des usages agricoles (développement des cultures légumières) conjuguée aux effets du changement climatique (précipitations moins efficaces pour la recharge de la nappe) pourrait conduire à renforcer les conflits d’usage. Cette tension accrue pourrait avoir des incidences sur la fonctionnalité des milieux aquatiques et la biodiversité.

Les bassins fragiles sont identifiés par les SDAGE et doivent faire l’objet de mesures afin de résorber et prévenir les déséquilibres globaux ou locaux (bassins en déséquilibre quantitatif potentiel dans le SDAGE Seine-Normandie). Dans les secteurs de déséquilibre durablement installés, des Zones de répartition des eaux (ZRE) sont mises en place afin d’assurer une gestion plus fine des demandes de prélèvement grâce à un abaissement des seuils de déclaration et d’autorisation de prélèvements et la mise en place d’un plan de gestion quantitative. Une ZRE est mise en place pour la nappe de l’Albien (5914 communes concernées). Le bassin de la Tille, situé en grande partie hors Champagne-Ardenne, est également identifié comme en déséquilibre et fait l’objet également d’une ZRE (7 communes en région). Un plan de gestion de la ressource en eau (PGRE) est mis en place dans la stratégie du SAGE. Des actions relatives à la gestion des quotas d’irrigation sont également mises en œuvre sur les départements de la Marne et de l’Aube.

Pour aller plus loin :