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Connaissance et développement durable

Une agriculture, secteur clef de l’économie régionale

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publié le 30 septembre 2016 (modifié le 28 mars 2017)

Une agriculture productrice de richesse et fortement spécialisée

L’agriculture produit près de 10 % de la valeur ajoutée régionale et se classe au premier rang des régions agricoles avec 10 % de la valeur ajoutée de France métropolitaine. Elle a permis le développement d’une industrie agroalimentaire importante. Cette spécialisation économique est une richesse mais également une vulnérabilité, l’économie champardennaise étant fortement tributaire des aléas climatiques et plus récemment des fortes variations des marchés mondiaux de matières premières agricoles (à l’exception de la vigne) [1] .

Orientations agricoles dominantes (OTEX) des communes.
Source : AGRESTE Champagne-Ardenne - Recensement agricole 2010

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En 2010, 1 exploitation champardennaise sur 2 est spécialisée en viticulture (14 % au niveau national). Le poids de cette spécialisation tend à se renforcer pour les petites exploitations. Le secteur viticole représente 50 % du chiffre d’affaire de l’agriculture champardennaise pour 1 % de la surface agricole [2] . En dehors du vignoble, les grandes cultures dominent le paysage régional , 30 % des exploitations étant spécialisées dans les cultures de céréales et d’oléoprotéagineux, de betteraves à sucres, pommes de terre, luzerne… Les filières d’élevage, principalement bovin, sont sous-représentées et en forte baisse depuis plusieurs années (11 % des exploitations en 2010, 15 % en 2000).
Les territoires sont également fortement spécialisés. Ainsi, la production animale est concentrée dans les Ardennes et la Haute-Marne, malgré la diminution des élevages et un développement des cultures céréalières et oléoprotéagineuses plus particulièrement en Haute-Marne. Les exploitations viticoles représentent 70 % des exploitations dans la Marne et 45 % dans l’Aube, mais les grandes cultures y occupent respectivement 81 et 83 % de la surface agricole utile  [3].

Vignes à Verzenay (© F. Dufétel-Viste MEEM)

L’agriculture a façonné les paysages ruraux champardennais mais les modes de production intensifs sont, aujourd’hui encore, une source importante de pressions sur l’environnement, particulièrement sur les ressources eaux et sols, et sur la biodiversité. C’est également un des principaux secteurs à l’origine des émissions de gaz à effet de serre, elles-mêmes à l’origine du changement climatique, et des particules fines, une des causes principales en région des épisodes de pollution atmosphérique avec le secteur du résidentiel-tertiaire. Par ailleurs, les difficultés économiques du secteur d’élevage favorisent la diminution des surfaces de prairies, essentielles au maintien de la biodiversité régionale et à l’origine de services écosystémiques (épuration des eaux, régulation des inondations et des étiages, puits de carbone). C’est aussi le secteur d’activité agricole le plus vulnérable aux effets du changement climatique (voir chapitres Ressources en eau, Biodiversité, Air, Énergie et émissions de gaz à effet de serre, Changement climatique).

Depuis la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche de 2010, les priorités de l’action publique pour l’activité agricole sont données par le Plan régional de l’agriculture durable (PRAD). Arrêté en 2015, le PRAD de Champagne-Ardenne fait de l’amélioration de la durabilité des systèmes de production un de ses 3 axes structurants. Il décline en région les principes de l’agro-écologie, suivant le Projet national de 2012.

Un engagement des producteurs dans des démarches de qualité encore modeste

Le développement des démarches d’appellation encourage les exploitants dans la voie d’une agriculture de qualité, notamment au regard des critères environnementaux introduits dans les cahiers des charges.
Les productions agricoles régionales bénéficient d’une quinzaine d’AOC – AOP ou IGP, signes officiels de qualité  : le Champagne, pour l’appellation la plus connue, mais également trois autres vins, plusieurs fromages (Chaource, Langres, Brie de Meaux pour les plus représentés), des viandes (Volaille de Champagne, Boudin de Rethel…). Plusieurs labels rouges sont produits en Champagne (viandes de volaille, de bœuf et d’agneau, œufs fermiers…).

Toutes les exploitations spécialisées en viticulture de la zone Champagne produisent des vins bénéficiant de l’AOP. Pour le reste des productions, la part des exploitants engagés dans une démarche de qualité est moins élevée qu’en moyenne nationale pour l’ensemble des productions, sauf pour les grandes cultures (12 % des exploitants contre 4 % à l’échelle de la France métropolitaine) [4] . Environ 5 % des exploitations bénéficient d’une certification de conformité [5] , signe de reconnaissance pour des productions attachées au bien-être animal, à de bonnes pratiques culturales, à la traçabilité des productions, à leur qualité gustative… La Champagne-Ardenne est aussi une des régions où l’agriculture biologique est la moins pratiquée (1,3 % de la surface agricole), l’élevage étant plus concerné que les grandes cultures et la viticulture. Il en est de même de la vente en circuit court, souvent associée à des pratiques culturales respectueuses de l’environnement tout en rémunérant à sa juste valeur le travail de l’exploitant (moins de 5 % des exploitations hors viticulture, plaçant la Champagne-Ardenne à la dernière place à l’échelle nationale) PRAD p. 23 .

[1INSEE Flash n°161

[2PRAD p.14

[3Agreste – Panorama de l’agriculture, de la forêt et de l’agro-alimentaire – Décembre 2014

[4Taux d’engagement des exploitations agricoles dans une démarche de qualité – Approche nationale et spécificités régionales – Ministère de l’agriculture, 2012

[5Agreste – Panorama de l’agriculture, de la forêt et de l’agro-alimentaire – Décembre 2014