BSH Grand Est janvier 2026

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, bien que ce mois de janvier ait été marqué par des épisodes neigeux importants (un des plus gros épisodes neigeux de ces 15 dernières années), les précipitations de ce premier mois de l’année restent déficitaires d’environ 20%. Le déficit pluviométrique cumulé depuis maintenant trois mois consécutifs pèse sur la situation hydrologique générale.
Les écoulements moyens mensuels sont encore partout nettement inférieurs aux normales de saison avec des hydraulicités qui s’étalent de 0.50 à 0.75, soit un déficit d’écoulement compris entre 50% et 25%.
Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) restent eux aussi influencés par le contexte météorologique plus sec que la normale. Toutes les stations affichent maintenant des Q3J-N inférieurs au médian. Sur certains secteurs de la Meuse aval et de la Moselle amont, les débits minimaux sur trois jours consécutifs affichent même des valeurs inférieures au décennal sec.

Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie a été inférieure à la normale pour un mois de janvier avec un déficit moyen de 20%.
Le cumul des précipitations est compris entre 30 mm dans l’Aube et 60 mm en Haute-Marne.
Les hydraulicités sont en baisse par rapport à celles du mois de décembre. Les valeurs sont très majoritairement comprises entre 0.4 et 0.8.
En ce qui concerne les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) en janvier, ils sont globalement inférieurs à la médiane.

Concernant les eaux souterraines, suite aux précipitations déficitaires depuis trois mois, la région est dans une situation moins favorable qu’en décembre, les hausses représentant à peine plus de la moitié des piézomètres de suivi.
Le département des Ardennes présente encore ce mois-ci la situation la moins satisfaisante, avec des niveaux moyens mensuels encore bas voire très bas sur les Calcaires du Jurassique. Mais sur le reste de la région, ces nappes des Calcaires du Jurassique subissent aussi le manque d’apport et les niveaux ont tendance à baisser d’une classe. Pour l’ensemble des nappes sur le Grand Est, en moyenne, le niveau moyen mensuel se situe à un niveau modérément bas pour la saison.

Pluviométrie

Pour lire le résumé climatique mensuel de Météo-France, téléchargez le document ci dessous.

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles

Hydraulicité


Sur le bassin du Rhin, les précipitations observées durant le mois de janvier 2026 sont proches des moyennes interannuelles en plaine et légèrement déficitaires sur les massifs et dans le Sundgau.
Les hydraulicités observées en Alsace restent plutôt basses sur les cours d’eau issus du massif et affichent une valeur d’environ 0.5 (déficit de 50%) sur la Doller, la Thur, la Fecht, la Lauch, le Giessen ou la Bruche. Sur l’Ill amont et de plaine, le Rhin, la Moder ou la Zorn, les hydraulicités sont comprises entre 0.6 et 0.75 et n’atteignent pas les valeurs moyennes généralement observées pour un mois de janvier.

Sur le bassin de la Sarre, les hydraulicités observées en janvier 2026 sont également inférieures aux moyennes interannuelles. À l’échelle du bassin, un déficit de 30% (hydraulicité de 0.70) est observé.

Sur le bassin de la Meuse, les précipitations observées durant le mois de janvier 2026 sont déficitaires par rapport aux moyennes interannuelles. Cela engendre une hydraulicité comprise entre 0.55 et 0.7, sur l’intégralité du bassin et de ses affluents, ce qui se traduit par un déficit compris entre 30% et 45%.

Sur le bassin de la Moselle, les précipitations observées durant le mois de janvier 2026 sont légèrement déficitaires par rapport aux moyennes interannuelles. Cela engendre une hydraulicité comprise entre 0.55 et 0.7, sur l’intégralité du bassin et de ses affluents, ce qui se traduit par un déficit compris entre 30% et 45%.

Sur le bassin de la Seine-Normandie, les précipitations de ce mois de janvier ont été inférieures à la normale.
Les hydraulicités sont en baisse par rapport à celles du mois précédent et sont majoritairement comprises entre 0.4 et 0.8. Le déficit est encore plus marqué aux stations de Méry-sur-Seine, Arcis-sur-Aube et Frignicourt, où elles sont comprises entre 0.2 et 0.4.

Débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs (Q3J-N)


Sur le bassin du Rhin, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs (Q3J-N) sont inférieurs au médian sur toutes les stations étudiées.

Sur le bassin de la Sarre, les Q3J-N sont aussi inférieurs au médian sur toutes les stations étudiées.

Sur le bassin de la Meuse, les Q3J-N sont inférieurs au médian sur toutes les stations du bassin versant. Encore une fois, seule la station de La Francheville présente un Q3J-N inférieur au décennal dû au déficit pluviométrique se situant sur la partie avale du bassin versant.

Sur le bassin de la Moselle, les Q3J-N sont globalement inférieurs au médian. Les stations de Rupt, Damelevière et Custines présentent ponctuellement un Q3J-N juste inférieur au seuil du débit décennal sur la première quinzaine du mois de janvier. Par la suite les précipitations ont amélioré la situation.

Sur le bassin de la Seine-Normandie, les Q3J-N pour ce mois de janvier sont en baisse par rapport à ceux du mois précédent et sont très majoritairement inférieurs à la médiane. Ils sont inférieurs au décennal sec à Chevières et proche de la médiane à Bar-sur-Seine.

Eaux souterraines

Concernant les nappes des Calcaires du Jurassique de Lorraine, la recharge hivernale semble se maintenir globalement avec des tendances encore majoritairement à la hausse. Cependant, le niveau moyen mensuel des capteurs sur ces nappes tend vers un niveau bas à modérément bas en moyenne, certaines nappes affichant des niveaux bas (comme à Brieulles-sur-Bar (08)) voire très bas (comme à Chemery-Chehery (08)). Le déficit de précipitations assez marqué depuis le mois de novembre sur la région, voire depuis octobre pour les départements situés à l’Ouest de la région, fragilise le processus de recharge hivernale.

La nappe des Grès du Trias inférieur présente une situation stable globalement, mais le niveau moyen mensuel des capteurs tend vers un niveau bas à modérément bas en moyenne pour la saison. Les précipitations déficitaires peinent à maintenir la dynamique de recharge. Les niveaux moyens mensuels sont bas sur le massif des Vosges (Grandvillers (88) ou Celles-sur-Plaine (88)) mais s’établissent à un niveau moyen à Voyer (57), le département de la Moselle ayant bénéficié d’une pluviométrie plus favorable en janvier.

L’évolution des niveaux moyens de janvier est variable selon les secteurs par rapport au mois de décembre en Alsace.
Dans le Bas-Rhin, les niveaux sont en hausse, de +10 cm en bordure à Griesheim, +5 cm au nord à Wissembourg et +4 cm à Haguenau. Ils sont stables à Sessenheim, Weitbruch, Lampertheim et en baisse sur les autres sites, de -4 cm à Lipsheim, -6 cm à Reichstett, -8 cm à Rossfeld, jusqu’à -13 cm à Baldenheim. Les niveaux moyens mensuels sont stables ou baissent d’une classe, modérément bas à Lipsheim et Rossfeld, autour de la moyenne au nord à Wissembourg et Sessenheim, ainsi qu’en bordure à Griesheim, et modérément hauts ailleurs.
Dans le Haut-Rhin, les niveaux sont très majoritairement en baisse, à l’exception du Sundgau oriental (+20 cm à Habsheim). Les baisses varient de -2 cm à Guémar, entre -4 et -9 cm pour Fessenheim, Illhaeusern, Holtzwihr et Wittenheim, -12 cm à Wintzenheim, jusqu’à -14 cm en centre plaine ou à Cernay, et -24 cm à Hésingue. Les niveaux moyens mensuels sont globalement en baisse, avec des niveaux modérément bas à Illhaeusern, Holtzwihr et Cernay, autour de la moyenne à Guémar et Habsheim, modérément hauts à Wintzenheim, Hettenschlag ou Wittenheim, et hauts le long du Rhin à Fessenheim et dans l’extrême sud à Hésingue.

Sur la nappe de la craie plus inertielle, la recharge se poursuit malgré des précipitations déficitaires depuis octobre sur le secteur. Plus des trois quarts des points de suivi sont à la hausse.
En moyenne, le niveau moyen mensuel est cependant à la baisse par rapport au mois de décembre et se situe à un niveau bas à modérément bas pour la saison. Les niveaux moyens mensuels s’échelonnent d’un niveau très bas (Hannogne-Saint-Rémy (08) ou Saint-Etienne-sur-Suippe (51)) à un niveau proche des normales de saison (Linthelles (51)).

(Sources : APRONA, DREAL Délégation de bassin Rhin-Meuse)

Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage fin janvier 2026 est de 60% pour les retenues destinées à la navigation. En ce qui concerne les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine et la retenue de Michelbach affichent un taux de remplissage confortable avec près de 95%.
Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le taux de remplissage du réservoir de Vieux Pré affiche 94% alors qu’il s’élève à 67% pour le barrage de Kruth qui a également vocation à écréter les éventuelles crues hivernales.
Afin également de répondre à la double mission de soutien des étiages et de lutte contre les crues, les barrages-réservoirs du bassin de la Seine poursuivent leur recharge avec un un taux de remplissage de 42%, ce qui est légèrement infiérieur à l’objectif de gestion pour une fin janvier.

Liens utiles…..

Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

L’HydroPortail (anc. banque hydro), le portail des données quantitatives sur les cours d’eau :
https://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

BSH  :
Bulletin publié par la DREAL Grand Est qui présente mensuellement l’évolution de la ressource en eau.
Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration  :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, 1971-2000 , 1981-2010 et actuellement la période est 1991-2020.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue  :
Débit instantané maximum observé.

Débit minimum sur trois jours consécutifs (Q3J-N) :
Le Q3J-N (anciennement appelé VCN3 et aussi appelé débit de base) correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du Q3J-N correspond au premier des trois jours considérés.
Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle  :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel  :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique  :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre  :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence  :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane  :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

Thème 5. Divers :

COTECO  :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs  :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.

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