BSH Grand Est novembre 2023

Synthèse du mois


Sur le bassin Rhin-Meuse, la situation hydrologique générale a nettement évolué par rapport au mois précédent. Les précipitations largement excédentaires de ce mois de novembre ont généré des apports importants qui ont fait réagir tous les cours d’eau. Ainsi, les débits moyens minimaux sur 3 jours consécutifs sont partout supérieurs à la quinquennale humide et le débit moyen mensuel observé sur les stations du bassin Rhin-Meuse représente globalement 2 à 3 fois le débit moyen d’un mois de novembre.
Sur les secteurs les plus arrosés, les passages pluvieux intenses ont même entrainé des crues modérées avec débordements, notamment sur les secteurs de la Moselle amont (crue de période de retour de l’ordre de 20 ans), de la Lauch et de la Thur (crue de période de retour de l’ordre de 10 ans).


Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie a été très excédentaire par rapport à la normale pour un mois de novembre avec un excédent moyen de 75 %.
Le cumul des précipitations est compris entre 82 mm à l’ouest de l’Aube et 200 mm au centre de la Haute-Marne.
Les hydraulicités sont en hausse par rapport au mois d’octobre avec des valeurs très majoritairement supérieures à 2.0.
En ce qui concerne les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) en novembre, ils sont globalement supérieurs au quinquennal humide.


Concernant les eaux souterraines, avec une pluviométrie excédentaire pour les mois d’octobre puis novembre sur le Grand Est, la recharge semble s’installer : près de 95% des points de suivi sont à la hausse. Concernant les périodes de retour, les niveaux moyens mensuels sont passés globalement au-dessus des normales de saison.
La nappe des Calcaires du Jurassique de Lorraine affiche la situation la plus favorable avec des hausses généralisées et un niveau moyen mensuel haut, voire très haut.
Pour les nappes de la craie, les tendances sont toutes à la hausse, et les niveaux en moyenne modérément hauts.
La nappe d’Alsace ou celle des Grès du Trias Inférieur présentent une situation plus contrastée : malgré une hausse quasi généralisée et des niveaux mensuels en moyenne au-dessus des normales, quelques points de suivi minoritaires sont encore bas voire très bas.

Pluviométrie

Pour lire le résumé climatique mensuel de Météo-France, téléchargez le document ci dessous.

(Source : Météo-France)

Eaux superficielles

Hydraulicité


Sur le bassin du Rhin, les précipitations observées durant le mois de Novembre sont largement excédentaires sur l’ensemble du domaine.
Ces précipitations ont provoqué des crues de faible ampleur sur les bassins du Bas-Rhin (périodes de retour proches ou inférieures à 2 ans) et des crues d’ampleur moyenne sur les bassins vosgiens du Haut-Rhin.
En milieu de mois, la Thur et La Lauch au niveau des stations de Willer-sur-Thur et de Guebwiller ont atteint des débits instantanés maximaux d’une période de retour de l’ordre de 10 ans.
Dans le même secteur, la Doller à la station de Reiningue ou la Fecht à la station d’Ostheim ont atteint des débits d’une période de retour comprise entre 2 et 5 ans.
Les hydraulicités sont par conséquent largement excédentaires dans le Haut-Rhin (écoulements supérieurs à trois fois la normale pour un mois de novembre).
La plupart des cours d’eau haut-rhinois du massif vosgien aux stations de référence proposent des débits moyens mensuels jamais atteints depuis une quarantaine d’année pour un mois de Novembre.
Ces écoulements ont ensuite transité par les stations de l’Ill de plaine, provoquant des débordements. La station de Kogenheim a atteint des débits importants, mais pas exceptionnels (période de retour du débit maximal instantané entre 2 ans et 5 ans).
Dans le Bas-Rhin, les hydraulicités sont également importantes, notamment sur le Giessen à Sélestat ou sur la Bruche à Holtzheim. Les pluies ont également atteint les bassins suisses provoquant une crue sur le Rhin (période de retour du débit maximal instantané comprise entre 2 et 5 ans).
Le Rhin à la station de Lauterbourg propose un débit moyen mensuel de 1950 m3/s (hydraulicité de 1.90, c’est à dire un débit moyen mensuel correspondant à quasiment le double de la normale pour un mois de Novembre).

Sur le bassin de la Sarre, les précipitations observées durant le mois de Novembre ont généré des montées d’eau importantes, mais non exceptionnelles.
Sur la Sarre, une période de retour du débit maximal instantané proche de 2 ans est observée au niveau des stations amont, se résorbant vers l’aval.
Les hydraulicités observées sont en hausse par rapport au mois précédent. A l’échelle du bassin, une hydraulicité supérieure à 2 est observée (c’est à dire un débit moyen mensuel correspondant au double de la normale pour un mois de Novembre).

Sur le bassin de la Meuse, les précipitations observées durant le mois de novembre sont largement excédentaires sur l’ensemble du bassin, ce qui a engendré des montées des eaux successives sur les stations les plus en amont et les ondes de crues se sont propagées jusqu’à l’aval.
Les périodes de retour observées sur l’intégralité du bassin de la Meuse sont inférieures à 5 ans. Cependant l’hydraulicité est trois fois supérieure à la normale pour un mois de novembre, sur l’intégralité du bassin de Goncourt à Chooz. En ce qui concerne le bassin de la Chiers, les périodes de retour observées sont aux alentours de 2 ans, l’hydraulicité du mois de novembre reste quant à elle de deux à trois fois supérieure à la normale pour toutes les stations de la Chiers.

Sur le bassin de la Moselle, les précipitations observées durant le mois de novembre sont largement excédentaires sur l’ensemble du bassin, notamment dans les Vosges où les cours d’eau ont le plus réagi.
Ces précipitations ont engendré des crues d’ampleur modérée avec débordement, notamment sur la Moselle amont ainsi que la Moselotte où la période de retour à Rupt et Vagney est de l’ordre de 20 ans.
Sur les bassins, du Madon, de la Vezouze et de la Meurthe, les événements ont été de moindre ampleur avec des périodes de retour inférieure à 5 ans.
L’onde de crue sur la Moselle s’est laminée en se propageant à l’aval, ce qui a donné une crue de période de retour 5 ans à Tonnoy et finalement une crue de l’ordre d’une période de retour 2 ans sur la Moselle en aval de Custines.
Le bassin de l’Orne et de la Seille n’ont pas connu d’événement particulier. Cependant l’hydraulicité pour ces deux cours d’eau est au moins trois fois supérieure à la normale d’un mois de novembre.

Sur le bassin de la Seine-Normandie, les précipitations de ce mois de novembre ont été très excédentaires et ont provoqué une hausse importante des débits des cours d’eau.
Les hydraulicités sont en forte hausse par rapport au mois précédent avec des valeurs qui sont très majoritairement supérieures à 2.0.

Débit moyen minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs (Q3J-N)


Sur le bassin du Rhin, les débits moyens minimaux calculés sur 3 jours consécutifs sont supérieurs aux valeurs médianes.
La plupart des stations proposent même des statistiques supérieures à la quinquennale humide.

Sur le bassin de la Sarre, les débits moyens minimaux calculés sur 3 jours consécutifs sont supérieurs aux valeurs médianes.
La plupart des stations proposent même des statistiques supérieures à la quinquennale humide.

Sur le bassin de la Meuse, les débits moyens minimaux calculés sur 3 jours consécutifs sont supérieures à la quinquennale humide.

Sur le bassin de la Moselle, les débits moyens minimaux calculés sur 3 jours consécutifs sont supérieures à la quinquennale humide.

Sur le bassin de la Seine-Normandie, les débit moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont très majoritairement supérieurs au quinquennal humide pour ce mois de novembre.
Seules les stations de Montmirail, Saint-Saturnin et Soudron sont encore proches ou supérieures au médian.

Eaux souterraines

Concernant les nappes des Calcaires du Jurassique de Lorraine, tous les piézomètres suivis sont à la hausse. Le niveau moyen mensuel se situe à un niveau haut pour la saison et s’échelonne de haut à très haut.

Pour la nappe des Grès du Trias Inférieur, la situation est plus contrastée : dans la partie sud (à Relanges ou à Plombières-les-Bains (88)), les niveaux sont hauts avec une tendance à la hausse ; mais dans la partie nord, bien que globalement plutôt à la hausse, les niveaux restent sous les normales de saison (bas à Gélacourt (54) ou modérément bas, comme à Voyer (57) ou à Celles-sur-Plaine (88)) et on peut encore noter une tendance à la baisse pour Celles-sur-Plaine (88).

Les niveaux moyens de novembre sont en nette hausse par rapport au mois d’octobre sur toute l’Alsace. Dans le Bas-Rhin, les niveaux sont en hausse de +11 cm en bordure à Griesheim, d’environ +20 cm à Lampertheim et Sessenheim, autour de +35 cm au nord à Wissembourg et à Reichstett, +40 cm à Baldenheim, +45 cm à Haguenau et jusqu’à +50 cm à Lipsheim et Rossfeld. Seul le secteur de Weitbruch reste stable par rapport au mois dernier. Concernant les périodes de retour, elles restent très variables, avec des niveaux encore très bas à Griesheim, bas à Weitbruch, ou moyennement bas à Lampertheim. Les autres secteurs sont repassés au-dessus des normales de saison, de modérément hauts (Sessenheim, Haguenau, Reichstett ou Lipsheim), jusqu’à très hauts pour Rossfeld ou Baldenheim.
Dans le Haut-Rhin, les niveaux sont là aussi en nette hausse, de +10 cm en bordure à Wintzenheim, +20 cm en centre plaine (Hettenschlag), entre +40 et +50 cm au nord à Illhaeusern et Holtzwihr, ainsi que le long du Rhin (Fessenheim) et plus au sud à Wittenheim. Par rapport au mois dernier, les niveaux moyens sont remontés de +70 cm à Guémar et +85 cm à Cernay (Thur). Seul le secteur du Sundgau oriental reste stable (Habsheim). Les périodes de retour sont très variées selon les secteurs, de très bas à Wintzenheim, bas à Habsheim, modérément bas à Hettenschlag, on passe à modérément hauts pour Holtzwihr jusqu’à des niveaux très hauts pour la saison à Guémar, Illhauesern et Fessenheim.

Sur les nappes de la craie, l’évolution est favorable pour ce mois de novembre : au nord comme au sud, les tendances sont partout à la hausse.
Les niveaux moyens mensuels sont, en moyenne, modérément hauts. Dans les cas les plus défavorables, ils sont modérément bas.
Pour les zones les plus réactives, les niveaux sont tous au-dessus des normales de saison, et atteignent même un niveau très haut comme à Villeloup (10).
Pour les nappes les plus inertielles, les niveaux sont majoritairement autour des normales de saison : ils atteignent même un niveau haut comme à Les-Grandes-Loges (51) mais on note encore des niveaux sous les normales comme à Vailly (10) où le niveau est modérément bas.


Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure.

Réservoirs


Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage fin novembre 2023 est de près de 54% pour les retenues destinées à la navigation. En ce qui concerne les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine et la retenue de Michelbach affichent un taux de remplissage stable par rapport au mois dernier avec plus de 95%. Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le taux de remplissage est de plus de 87% pour le réservoir de Vieux Pré et de 48% pour le barrage de Kruth. Les barrages-réservoirs du bassin de la Seine affichent un taux de remplissage de 23%, supérieur à l’objectif de gestion.
La retenue de Bouzey poursuit son remplissage progressif, alimenté uniquement par les ressources naturelles (sources, ruisseaux et écoulements d’eau pluviale).

Liens utiles…..

Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/

Le suivi de l’étiage :
http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html

L’HydroPortail (anc. banque hydro), le portail des données quantitatives sur les cours d’eau :
https://hydro.eaufrance.fr/

Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines :
http://www.ades.eaufrance.fr/

Glossaire

BSH  :
Bulletin publié par la DREAL Grand Est qui présente mensuellement l’évolution de la ressource en eau.
Thème 1. Météorologie :

Évapotranspiration  :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en millimètre.

Évapotranspiration Potentielle ETP :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à l’évaporation du sol dans des conditions idéales.

Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur significativement différente. En météorologie, une période de 30 années a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, 1971-2000 , 1981-2010 et actuellement la période est 1991-2020.
Attention, à ne pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce glossaire).

Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être négative.

RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie (mm).

Thème 2. Hydrologie :

Débit  :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre cube par seconde (m3/s).

Débit de pointe de crue  :
Débit instantané maximum observé.

Débit minimum sur trois jours consécutifs (Q3J-N) :
Le Q3J-N (anciennement appelé VCN3 et aussi appelé débit de base) correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur une période donnée. La date du Q3J-N correspond au premier des trois jours considérés.
Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.

Hydraulicité mensuelle  :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois moyen.

Module mensuel  :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré, calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.

Thème 3. Piézométrie :

Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables. Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le forage.

Niveau piézométrique  :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre) lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la nappe, il est généralement donné en mètres NGF.

Piézomètre  :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités aujourd’hui servent également de piézomètres.

Thème 4. Statistique

Fréquence  :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période donnée.

Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.

Médiane  :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.

IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle nationale.

Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la période de retour est de 5 ans.

Thème 5. Divers :

COTECO  :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.

EPTB Seine Grands Lacs  :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.

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