Le bilan des accidents/incidents industriels en Grand Est

La DREAL Grand Est publie le bilan des accidents/incidents survenus en 2025 dans des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) ou sur des installations à risques (équipements sous pression, canalisations de transport de matières dangereuses …).

Une hausse des déclarations d’évènements

En 2025, 176 évènements ont été déclarés à la DREAL, soit une hausse de 21% par rapport à 2024.

Deux principaux facteurs expliquent cette augmentation.

D’abord, la mise en place, au cours de l’année 2025, d’une procédure de déclaration en ligne des accidents et incidents via le site entreprendre.service-public.fr . Cette nouveauté, accompagnée d’une communication ciblée auprès des fédérations professionnelles et des exploitants industriels, a rappelé l’importance de déclarer non seulement les accidents, mais aussi les événements qui auraient pu le devenir.

Par ailleurs, les actions de sensibilisation menées par la DREAL ou le ministère en charge de l’environnement (webinaires, inspections, échanges avec les exploitants) ont contribué à une meilleure remontée d’information sur certains types d’événements, notamment :

  • les mortalités d’espèces protégées sur les parcs éoliens,
  • les fuites de fluides frigorigènes,
  • les explosions de bouteilles de protoxyde d’azote dans les incinérateurs de déchets, liées à l’augmentation des usages détournés de ce gaz pour ses effets euphorisants.

Un nombre d’accidents stable et aucun accident majeur Seveso

Si les déclarations augmentent, le nombre d’accidents, lui, reste stable par rapport à 2024 : on en dénombre 58 en 2025.

Aucun accident majeur au sens de la directive Seveso n’a été recensé en Grand Est. On parle d’« accident majeur » lorsqu’un événement accidentel se produit sur un site industriel classé Seveso et entraîne des conséquences immédiates graves pour le personnel, les populations voisines, les biens ou l’environnement.

En 2025, les principales manifestations d’accidents constatées sont des incendies (51 % des cas) et des rejets de matières dangereuses ou polluantes (35 % des cas).

Les secteurs les plus concernés sont ceux de la gestion des déchets, de l’industrie agroalimentaire et de l’industrie chimique.

Le retour d’expérience : apprendre des événements pour mieux prévenir les risques

Dans le domaine des risques industriels, le retour d’expérience (REX) regroupe l’ensemble des démarches qui consistent à collecter, analyser et exploiter les informations issues d’accidents ou d’incidents passés.

Le REX repose sur une idée simple : apprendre de ses erreurs, mais aussi de celles des autres, pour progresser sur les plans technique, organisationnel et humain.

À l’échelle de chaque site industriel

Chaque exploitant doit analyser les enchaînements ayant conduit à un accident ou un incident, identifier les causes profondes et mettre en place des actions correctives pour éviter qu’un événement similaire ne se reproduise.

Les inspecteurs de l’environnement de la DREAL Grand Est réalisent, dans ce cadre, des contrôles ciblés à la suite de certains accidents.

À l’échelle nationale

Le bureau d’analyse des risques et pollutions industriels (BARPI), rattaché au ministère chargé de l’environnement, centralise et diffuse le retour d’expérience lié au risque accidentel via la base de données ARIA. Régulièrement, des synthèses thématiques sont mises en ligne. Par exemple, récemment ont été publiés :

  • L’accidentologie dans les silos de matières organiques ;
  • L’accidentologie liée aux travaux par point chaud ;
  • Accidentologie dans l’industrie agroalimentaire laitière ;
  • Centres de tri, transit, regroupement de déchets non dangereux : passage au crible du risque incendie.

Ces documents présentent une synthèse des accidents survenus sur une période donnée (en général 10 ans) et proposent des enseignements concrets pour les exploitants et les pouvoirs publics.

Orienter les actions de contrôle

L’analyse de l’accidentologie permet aussi d’orienter les priorités de contrôle de l’inspection des installations classées, afin de les orienter sur les enjeux prioritaires.

En 2025, la DREAL Grand Est a inspecté une soixantaine de sites opérant dans le secteur des déches pour vérifier la mise en place des mesures de prévention des risques : tri des déchets d’équipements électriques et électroniques, conditions de stockage, dispositifs de détection, plans de défense incendie, adéquation des moyens de lutte. 37% des inspections ont conduit à un rappel à la réglementation. La vigilance sur cette thématique doit être maintenue.

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