Bilan annuel de l’accidentalité
Les chiffres provisoires de l’accidentalité en 2025 dans la région Grand Est : 3 540 accidents, 4 394 blessés et 297 tués
Accidentalité en France
L’ensemble des indicateurs provisoires de l’accidentalité en France en 2025 montre une hausse légèrement supérieure à 1 % par rapport à 2024. L’augmentation en 2025 de plus de 600 accidents corporels en France métropolitaine intervient après une baisse de 583 accidents entre 2023 et 2024. En revanche, la hausse de 46 tués par rapport à 2024 fait suite à une précédente augmentation de 29 tués entre 2023 et 2024, portant le total provisoire à 3 239 usagers décédés sur les routes au 2 février 2026.
Concernant les blessés, 65 225 personnes ont été enregistrées par les forces de sécurité intérieure dans les bulletins BAAC en 2025, soit environ 700 de plus qu’en 2024. Il faut noter que les chiffres des accidents et de blessés contenus dans ces bulletins ne sont toutefois plus utilisés bruts par l’ONISR. Les forces de l’ordre n’étant pas systématiquement appelées lors d’accidents corporels non mortels, une estimation initialement fondée sur les données du registre du Rhône, selon une méthode développée par l’Université Gustave Eiffel à Champs-sur-Marne est appliquée sur ces deux indicateurs.
Accidentalité dans la région Grand Est
Dans la région Grand Est, l’évolution entre 2024 et 2025 n’a pas été favorable. Le nombre d’accidents corporels augmente de près de 8 %, atteignant 3 540 accidents, soit 260 de plus qu’en 2024.
Malgré cette hausse, la mortalité reste relativement stable avec un seul tué supplémentaire en 2025, mais à un niveau toujours élevé, après une augmentation déjà marquée de 11 décès entre 2023 et 2024.
Le nombre de blessés s’accroît également : 311 blessés de plus qu’en 2024 ont été recensés, frôlant un total de 4 400 blessés sur les routes de la région, soit une hausse proche de 8 %.
Il convient de rappeler que la méthodologie utilisée pour le redressement des nombres d’accidents et de blessés au niveau national n’est pas transposable aux données régionales ou départementales, lesquelles sont davantage influencées par des facteurs locaux. Les observatoires de sécurité routière du Grand Est, comme l’ensemble des observatoires en France, s’appuient donc sur les données issues des forces de sécurité intérieure.
La mortalité routière régionale
Évolution globale par année |
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| En 2025, la mortalité routière dans le Grand Est a atteint 297 décès, un niveau légèrement supérieur à 2024 (296) et au-dessus de la moyenne des cinq années de référence 2018-2019/2022-2024 (283 décès). Même en excluant les baisses de la mortalité liées à la période de restriction de circulation lors de la pandémie de covid-19, le nombre de décès en 2019, 2022 et même 2023 est resté inférieur à celui des années 2018 et 2024. Sans être une année exceptionnellement noire en matière de mortalité routière, l’année 2025 a donc rejoint le niveau des années les plus impactées, sans toutefois atteindre la moyenne de 317 tués des années 2007-2017. |
Évolution détaillée par mois |
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| L’analyse mensuelle montre des disparités marquées : les mois de janvier, mars, juin, août et surtout octobre et novembre présentent des niveaux nettement supérieurs aux moyennes de référence. Le mois d’août notamment présente la plus forte amplitude par rapport à la moyenne avec un écart de 8 tués. À l’inverse, juillet et septembre affichent des résultats nettement plus favorables qu’à l’accoutumée. Globalement, avec seulement 4 mois affichant des valeurs inférieures à la moyenne, l’année 2025 se caractérise par une mortalité légèrement plus élevée, portée par plusieurs pics mensuels significatifs annulant les écarts favorables enregistrés en juillet et septembre. |
Mortalité en fonction des âges et des modes de déplacement |
| En 2025, la région Grand Est a recensé 297 décès sur ses routes, soit une hausse modérée de 1 tué par rapport à l’année précédente. Plusieurs catégories d’usagers et tranches d’âge sont cependant particulièrement touchées par l’accidentalité, révélant des vulnérabilités spécifiques selon les modes de déplacement. |
| Les piétons ont été plus particulièrement impactés, avec 50 décès, soit 4 de plus qu’en 2024. Les personnes âgées de 65 ans et plus comptabilisent à elles seules 30 victimes, confirmant leur forte vulnérabilité lors d’une collision. Les groupes des adultes de 25 à 44 ans et de 45 à 64 ans enregistrent chacun 7 décès, tandis que les jeunes, toutes classes d’âges confondues, restent relativement moins concernés. Les décès d’utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés ont augmenté de façon assez marquée, atteignant 9 tués en 2025 (+7). Les victimes utilisant ce mode de déplacement se comptent en majorité dans les classes d’âge actives de 25 à 64 ans, avec toutefois également un décès parmi les 14-17 ans. Cette progression peut refléter un usage accru de ces modes de déplacement encore récents, une protection limitée des usagers mais aussi un comportement parfois inadapté puisque ce type d’usagers est présumé responsable dans 59 % des 287 accidents dans lesquels il a été impliqué dans la région en 2025. La mortalité des cyclistes diminue légèrement, avec 17 décès en 2025 (−3). Les seniors restent toutefois la catégorie la plus touchée, avec 11 tués parmi les 65 ans et plus. Leur fragilité corporelle et l’augmentation de la pratique du vélo dans cette tranche d’âge contribuent probablement à ce constat. Les cyclomotoristes enregistrent 5 décès, soit une forte baisse de 7 tués. Malgré cela, les adolescents de 14 à 17 ans demeurent les plus représentés, reflétant une pratique toujours plus fréquente que dans les classes d’âge adultes. Les motocyclistes, quant à eux, comptent 29 décès, une diminution de 10 tués par rapport à 2024. Les victimes se concentrent principalement dans les classes d’âge actives : 10 chez les 25-44 ans et 8 chez les 45-64 ans. Cette répartition s’explique par une pratique plus fréquente de la moto dans ces tranches d’âge. Le plus grand nombre de décès sur les routes concerne les usagers à bord de véhicule de tourisme, avec 166 décès (en hausse 14 tués par rapport à 2024). Les 25-44 ans sont particulièrement concernés (51 victimes), suivis par les seniors de 65 ans et plus (45 décès), les 45-64 ans (33 tués) et les 18-24 ans (30 décès). Ces chiffres traduisent des réalités différentes selon l’âge : comportements plus à risque chez les plus jeunes, forte exposition pour les adultes d’âge intermédiaire et vulnérabilité accrue pour les plus âgés. Les utilisateurs de véhicules utilitaires totalisent 12 décès, en diminution de 3 par rapport à l’année précédente, touchant principalement les classes actives de 25-44 ans et 45-64 ans. Enfin, le nombre de victimes à bord de poids lourds reste stable avec 4 décès, principalement parmi les 45-64 ans. 151 accidents ont toutefois impliqué des poids lourds dans la région en 2025, occasionnant 157 blessés et 39 tués. La plupart des victimes d’accidents concernant ce type de véhicule se trouve donc dans des véhicules tiers. L’analyse par âge montre que les 65 ans et plus demeurent la catégorie la plus impactée, avec 96 décès, en hausse de 3. Ils sont suivis par les 25-44 ans qui comptent 77 victimes, un chiffre néanmoins en léger recul. Les 18-24 ans voient leur mortalité augmenter à 43 décès (+3), alors que les 45-64 ans affichent une nette baisse avec 65 décès (−6). Les adolescents de 14-17 ans enregistrent 10 décès (+1), tandis que les enfants de 0-13 ans restent les moins concernés, avec 6 décès (+1). En conclusion, 2025 présente un bilan relativement stable en comparaison de 2024, mais plusieurs tendances méritent une attention particulière. La hausse des décès en véhicules légers et en engins de déplacement personnel motorisés, ainsi que la mortalité élevée des seniors, constituent des enjeux majeurs pour la sécurité routière dans la région Grand Est. |
Situation dans les départements du Grand Est
La région Grand Est est vaste et composée de territoires très différents. Cette variété géographique et démographique a une influence sur les chiffres de l’accidentalité. Dans la partie ouest de la région, la densité de population est moins élevée et par conséquence la circulation moins dense. Moins d’accidents, de blessés et de tués y sont donc comptabilisés. Afin de mieux évaluer l’impact de l’insécurité routière et de mieux comparer les différents territoires, il peut être intéressant de rapporter les différents indicateurs de l’accidentalité à un million d’habitant.
C’est ainsi que dans le Haut-Rhin par exemple, où résident près de 785 000 habitants, 366 accidents corporels ont été comptabilisés alors qu’il y en avait presque autant (334) dans l’Aube avec une population d’environ 317 000 habitants. Rapporté au million d’habitant, le Haut-Rhin comptabilise 471 accidents contre 1069 dans l’Aube. De la même façon, la variation de ces chiffres par million d’habitants peut mettre en lumière des tendances plus ou moins fortes selon les départements. C’est ainsi qu’en 2025, une augmentation assez importante du nombre d’accidents se démarque dans les Ardennes (+42%), le Bas-Rhin (+19%), les Vosges (+17%) et la Moselle (+13%). Le département des Ardennes affiche d’ailleurs les hausses les plus élevées (par million d’habitants) avec 22% de mortalité de plus qu’en 2024 et 36% de blessés supplémentaires.
Le nombre de tués sur les routes a fortement varié : des baisses relativement importantes dans les Ardennes (-32%), la Meurthe-et-Moselle (-27%) et le Haut-Rhin (-25%) contrastent avec des hausses conséquentes dans la Meuse (+82%) et le Bas-Rhin (+34%), soulignant la limite des évolutions en pourcentage, la Meuse ayant enregistré 9 tués supplémentaires et le Bas-Rhin 12.
Les blessés ont augmenté dans la plupart des départements avec des nuances entre la Marne (+16%) et la Meuse (+1%). L’Aube et le Bas-Rhin font figure d’exception avec des baisses de -15% et -14%.
Accidents
En 2025, la situation de l’accidentalité routière dans le Grand Est présente des évolutions contrastées selon les départements, avec une tendance globale plutôt défavorable à l’exception notable de la Meuse et de la Haute-Marne. La plupart des départements de la région ont enregistré une hausse marquée du nombre d’accidents corporels.
Le département des Ardennes a connu l’une des augmentations les plus importantes, passant de 100 à 142 accidents corporels. Malgré un taux encore modéré de 504 accidents par million d’habitants, cette hausse rompt avec la légère baisse de 6 accidents observée l’année précédente par rapport à 2023. Le nombre d’accidents également en hausse dans le département de l’Aube, confirme la position de ce département parmi les départements les plus touchés, avec 1 069 accidents par million d’habitants. La Marne demeure cependant le département le plus accidentogène de la région, tant en chiffres bruts qu’en taux rapporté à la population, atteignant en 2025 un niveau très élevé de 1 158 accidents par million d’habitants.
La situation reste plus favorable dans certains territoires. La Meuse, par exemple, voit le nombre d’accidents diminuer légèrement, tandis que la Moselle, malgré une hausse de 329 à 372 accidents, conserve l’un des taux les plus bas de la région (353 accidents/million d’habitants). D’autres départements connaissent en revanche une aggravation notable : c’est le cas du Bas-Rhin, où les accidents augmentent nettement (649 contre 544), et des Vosges, qui passent de 193 à 225 accidents.
Mortalité
La mortalité routière évolue également de manière disparate. Certaines améliorations sont à souligner, notamment en Moselle et dans le Bas-Rhin, qui enregistrent tous deux une nette diminution de la mortalité mais aussi dans l’Aube, où le nombre de tués a baissé sensiblement (27 contre 36). En mars 2025, des assises de la sécurité routière avaient été organisées sous l’impulsion de la préfecture dans ce département.
À l’inverse, la situation se dégrade dans plusieurs départements : la Meurthe-et-Moselle, le Haut-Rhin et les Ardennes ou encore la Marne enregistrent une hausse notable des décès liés aux accidents. La hausse de 2 tués dans les Vosges est plus contenue. Malgré la très légère baisse d’un tué entre 2024 et 2025, la Haute-Marne conserve quant à elle le taux de mortalité le plus élevé de la région avec 116 tués par million d’habitants, confirmant les difficultés persistantes des départements ruraux en la matière.
Blessés
Le nombre de blessés suit globalement la même dynamique que celui des accidents corporels. Les hausses sont marquées dans les Ardennes, le Bas-Rhin et les Vosges, tandis que d’autres départements tels que la Meuse, la Meurthe-et-Moselle et même la Haute-Marne enregistrent une légère amélioration. L’Aube et surtout la Marne restent les départements où le nombre de blessés rapporté à la population est le plus élevé, dépassant largement les 1 300 blessés par million d’habitants. La Moselle continue de faire figure d’exception, avec un taux particulièrement bas au regard des autres territoires de la région.
Dans l’ensemble, l’année 2025 se caractérise par une hausse de l’accidentalité et des blessés dans une majorité de départements, une situation plus contrastée en matière de mortalité et un maintien des disparités territoriales habituelles. Les départements les plus urbanisés, tels que la Moselle ou le Bas-Rhin, conservent des taux relativement modérés malgré des hausses en nombre, tandis que les territoires à faible densité, comme la Haute-Marne ou la Meuse, demeurent structurellement plus exposés aux formes les plus graves d’accidents. La Marne et l’Aube, quant à elles, confirment leur position parmi les départements les plus accidentés de la région, avec pour 2025 des niveaux particulièrement élevés de blessés comme d’accidents corporels.
- Les bilans annuels de la sécurité routière
publiés par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).
Archives
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- Bilan synthétique 2024 (PDF - 365,9 ko)
- Bilan synthétique 2023 (PDF - 321,2 ko)
- Bilan synthétique 2022 (PDF - 311,1 ko)
- Bilan synthétique 2021 (PDF - 299,5 ko)
- Bilan annuel 2020 (PDF - 8,3 Mo)
- Bilan annuel 2019 (PDF - 3,0 Mo)
- Bilan annuel 2018 (PDF - 2,5 Mo)
- Bilan annuel 2017 (PDF - 1,8 Mo)
- Bilan annuel 2016 (PDF - 1,8 Mo)
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