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Connaissance et développement durable

Un état écologique des masses d’eau superficielle qui peine à s’améliorer durablement

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publié le 30 septembre 2016 (modifié le 28 novembre 2016)

En 2014, sur les 520 masses d’eau cours d’eau de Champagne-Ardenne (411 en seine-Normandie, 68 en Rhin-Meuse et 41 en Rhône-Méditerranée), 46 % sont en bon état écologique, pour un objectif de 51 % des masses d’eau à horizon 2015. Des objectifs par bassin sont inscrits dans les 3 SDAGEen réponse aux exigences de la directive cadre sur l’eau (DCE). Suivant les bassins, l’écart aux objectifs est plus ou moins important. Ainsi, l’objectif est quasiment atteint pour Seine-Normandie (53 % des masses d’eau en bon état pour un objectif de 54%), mais encore relativement éloigné pour Rhin-Meuse (29 % des masses d’eau pour un objectif de 37%) et Rhône-Méditerranée (17 % pour un objectif fixé à 37%). Le détail des objectifs et les dérogations accordées pour 2021 ou 2027 est repris dans le tableau plus bas.

Globalement, le bon état écologique est atteint sur les masses d’eau des têtes de bassin, en Haute-Marne et dans les Ardennes. L’état des masses d’eau se dégrade à partir de l’Arc humide et tout le long de la plaine agricole de la Champagne crayeuse, sur les bassins de l’Aisne, Marne et Seine, conséquence de la pression agricole (cultures intensives de la plaine agricole, viticulture), urbaine et industrielle (grandes vallées concentrant le développement des principales agglomérations et/ou sites industriels).

Objectifs d’atteinte du bon état écologique des masses d’eau situées en Champagne-Ardenne par bassin hydrographique (Source : DREAL ACAL)
Bassin hydrographique Objectifs d’atteinte du bon état écologique. % devant atteindre cet objectif en 2015 :puis en 2021 : et en 2027 :
Seine-Normandie 54% (dont 1% en très bon état) 16% 29%
Rhin-Meuse 37% 17% 46%
Rhône-Méditerranée 37% 34% 29%
Total Champagne-Ardenne 51% 18% 31%
Le bon état des masses d’eau superficielles
L’évaluation de l’état des masses d’eau de surface résulte du croisement entre l’état chimique (défini sur la base des concentrations d’une quarantaine de substances chimiques dangereuses ou prioritaires) et l’état écologique (évalué à partir de paramètres relatifs à la biologie, l’hydromorphologie, la chimie et la physico-chimie soutenant les éléments biologiques). Pour les masses d’eau fortement modifiées ou artificielles, on n’évalue pas l’état écologique mais le potentiel écologique.
Cliquez sur la vignette pour accéder à la carte :
Etat écologique des masses d'eau cours d'eau (état des lieux 2013) en grand format (nouvelle fenêtre)
Etat écologique des masses d’eau cours d’eau (état des lieux 2013)

Le réseau de suivi pérenne (RCS : réseau de contrôle de surveillance) est géré par les agences de l’eau et comprend une centaine de stations sur la région. Ce suivi permet de constater qu’environ 75 % des stations sont en bon état écologique, cette valeur reste relativement stable dans le temps, les différences annuelles observées étant, dans la plupart des cas, liées aux variations de conditions hydroclimatiques.
La non atteinte du bon état écologique est liée dans des proportions équivalentes à un état physico-chimique ou une biologie plus ou moins dégradés. Concernant la physico-chimie, le bilan de l’oxygène et/ou les nutriments sont la principale cause de déclassement (de moyen à mauvais). Pour la biologie, la non atteinte est due principalement à l’indice diatomique (IBD) (pour un état globalement moyen), l’indice macro-invertébrés définit un très bon état sur plus de 80 % des stations (87 % en 2014).

Les polluants spécifiques
Les polluants spécifiques font partie des critères d’évaluation du bon état écologique, et sont complémentaires aux substances de l’état chimique. Il s’agit de substances dangereuses pour les milieux aquatiques déversées en quantités significatives dans les masses d’eau. Il s’agit d’une part de polluants non synthétiques (arsenic, chrome, cuivre, zinc) pouvant être présents naturellement dans les eaux (auquel cas le fond géochimique est pris en compte dans la mesure), et d’autre part de polluants synthétiques, présents dans les pesticides. La liste des polluants spécifiques à prendre en compte a été révisée en 2015 (applicable à partir de 2016) sur la base d’une étude menée par l’INERIS en 2012. En Champagne-Ardenne, les « polluants spécifiques » n’avaient pas été intégrés les années précédentes, en l’absence de données sur le « fond géochimique ».

Evolution de l’état écologique des stations du réseau RCS (source DREAL, janvier 2016)
Evolution de l'état écologique des stations du réseau RCS (source DREAL, janvier 2016)

Pour aller plus loin :